Mission espagnole

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Notre partenaire et fournisseur espagnol, Madinter, s’est forgé une réputation dans l’univers de la musique et est devenu un leader passionné en matière de pratiques d’approvisionnement éthiques.

Qu’est-ce qu’un vétérinaire, un serveur et une danseuse pourraient bien savoir à propos de l’approvisionnement en bois auprès des fabricants d’instruments de musique ?

En réalité, ils sont plutôt bien informés sur le sujet ; cependant, il y a 20 ans, lorsque leur entreprise Madinter fut lancée, il leur restait pas mal à apprendre alors que chacun choisissait de suivre avec ses acolytes la même carrière professionnelle. Vidal de Teresa (le vétérinaire), co-fondateur, P.-D. G et principal actionnaire, Jorge Simons (le serveur), responsable de production et Luisa Willsher (la danseuse), responsable des ventes, ainsi que Miguel Ángel Sánchez, co-fondateur et partenaire silencieux, constituent l’équipe de direction fondamentale de l’entreprise. Cette dernière fournit des essences de bois de lutherie et des composants finis aux fabricants d’instruments de musique, parmi lesquels : Taylor.

Madinter et ses 20 employés sont basés dans la ville espagnole de Cerceda, située dans la province de Madrid, en Espagne, à près de 45 minutes du centre-ville. Peut-être que le nom de Madinter (contraction de « madera », le mot espagnol pour « bois », et d’international) vous dit quelque chose ? Vous l’avez probablement lu dans nos rapports sur l’ébène au Cameroun. En effet, Madinter est notre partenaire propriétaire de la scierie d’ébène Crelicam. Ce partenariat, à présent entré dans sa dixième année, témoigne de l’engagement commun des deux entreprises envers les pratiques d’approvisionnement éthiques, ainsi qu’envers la création d’économies forestières plus durables, visant à soutenir les moyens de subsistance des communautés locales impliquées dans la chaîne d’approvisionnement.

Bien que Madinter soit une société relativement petite, elle a évolué dans de nombreux domaines au cours des deux dernières décennies, ouvrant la voie lorsqu’il s’agissait d’élever les normes en matière de développement durable, de légalité et de responsabilité chez les fournisseurs de bois. Pour contribuer à célébrer le 20e anniversaire de l’entreprise, nous voulions faire connaître à la communauté Taylor notre précieux partenaire et mettre en valeur le rôle important qu’il joue dans le soutien d’une communauté musicale mondiale et la gérance forestière responsable.

Nous avons échangé avec Luisa et Vidal par e-mail. Ils nous ont fait part du parcours personnel qui les a amenés à créer Madinter, et sont revenus sur l’évolution constante de l’entreprise, cherchant encore et toujours à répondre à ses objectifs.

Parlez-nous de la ville de Cerceda, où vous êtes implantés.

Cerceda est un petit village de 2 500 âmes environ. Il se trouve dans les montagnes de Madrid, à près de 30 minutes de l’aéroport international de Madrid Barajas. Nous sommes à proximité du parc national de la Sierra de Guadarrama, au nord de la province de Madrid. C’est un endroit unique, réputé pour son milieu naturel. La Sierra de Guadarrama regorge d’endroits époustouflants, en raison de sa beauté et de sa richesse géologique et biologique. Vous y trouverez d’immenses forêts de conifères, des prairies de haute altitude, des paysages enneigés, d’énormes pics rocheux, des ruisseaux, des cascades et des lacs glaciaires… tout cela constitue un environnement naturel d’une valeur inestimable, qui accueille des espèces endémiques, certaines étant en danger d’extinction en Espagne.

Qu’est-ce que les gens peuvent trouver intéressant à propos du design de votre site ? Par exemple, l’un de vos bâtiments arbore une façade étonnante : elle ressemble à une interprétation artistique de troncs d’arbres.

En effet, c’est une façade unique élaboré à base d’acier Corten doté d’une patine. Il imite la silhouette d’une forêt de conifères, très similaire à celles que nous avons dans les environs. Les morceaux imitent les troncs des pins sauvages, les plus représentés dans le parc national. Nous voulions rendre un petit hommage à nos forêts, et au bois en général.

Nos bâtiments disposent de panneaux solaires sur le toit afin que notre activité soit plus durable et notre empreinte carbone moindre. Nous brûlons également nos copeaux dans des fourneaux et employons la chaleur qui s’en dégage pour les fours où nous séchons nos bois, ainsi que pour chauffer les bâtiments l’hiver.

Comment l’entreprise a-t-elle été fondée ?

Avant la création de Madinter, Miguel possédait une entreprise qui vendait du bois à des luthiers. Il faisait également le commerce de guitares, aidant ces artisans à exporter leurs instruments sur d’autres marchés. En 2001, Miguel et Vidal fondèrent Madinter, et Jorge et moi-même rejoignîmes l’aventure peu de temps après. À présent, Madinter se spécialise uniquement dans la production et la vente de pièces pour instruments de musique.

En 2003, Miguel quitta Madinter ; il en devint partenaire silencieux, et créa une autre entreprise consacrée à la fabrication de chaussures de flamenco : Calzado Senovilla. En raison de son expérience avec les bois de guitare, il décida d’employer les mêmes bois et de les intégrer au procédé de fabrication des chaussures. Aujourd’hui, ces chaussures sont très réputées et sont portées par les meilleurs danseurs de flamenco du monde entier.

Vidal, vous étiez vétérinaire. Le lancement de Madinter était un sacré changement de carrière ! Qu’est-ce qui vous a motivé à sauter le pas ?

En 2001, après 11 années à pratiquer la chirurgie vétérinaire, j’ai vendu mon cabinet et j’ai dû faire des choix sur le plan personnel. J’adorais ma profession, cela avait toujours été ma vocation, mais j’avais d’autres passions, au-delà de la médecine vétérinaire. Je peux notamment citer les voyages, l’acquisition de connaissances sur les forêts tropicales, et le lancement d’une nouvelle aventure commerciale. L’univers de la lutherie ne m’était pas inconnu ; en effet, quand j’étudiais la médecine vétérinaire à Paris, Miguel m’envoyait du bois, et quand j’avais un peu de temps entre mes études et mes stages à l’école vétérinaire, je me rendais chez des luthiers et leur présentais ces bois. Cela me rapportait un peu d’argent et me permettait de découvrir le monde excitant du bois, des luthiers et de la musique.

Le grand maître-luthier Daniel Friederich fut mon premier client. Je me rendis dans son atelier, dans le faubourg Saint-Antoine, à côté de la Bastille, à Paris. Il avait dans les bras un ensemble de dos et d’éclisses en palissandre. J’avais peu d’expérience, mais j’étais très curieux. Il prit grand soin de moi et me montra tous les coins et recoins de son atelier ; il me donna des informations sur les bois que je lui avais amené. C’était un atelier de contes de fées, plein d’odeurs et de copeaux de bois, de guitares en cours de construction. Ce jour-ci, je tombai sous le charme : je souhaitais en savoir plus sur ce commerce, sur ces bois, sur leur origine, sur leur coupe, sur leur séchage. Ce fut l’étincelle qui alluma cette passion en moi, et qui me fit changer de carrière des années plus tard, pour me lancer dans cette nouvelle aventure excitante.

Luisa, vous êtes originaire du Royaume-Uni, et vous étiez danseuse, au départ. Comment vous êtes-vous retrouvée à travailler chez Madinter ?

Je suis née et j’ai grandi en Angleterre. À 10 ans, j’ai intégré un internat d’arts du spectacle jusqu’à mes 18 ans. Nous recevions principalement une formation de danseuses de ballet, mais nous étudiions aussi d’autres types de danse. Je suis immédiatement tombée amoureuse du flamenco. Après m’être rendue plusieurs fois en Espagne pour y prendre quelques brefs cours de danse, à 18 ans, on m’y a proposé mon premier emploi ; j’ai déménagé en Espagne, en sachant que je ne reviendrai jamais vivre en Angleterre. À 24 ans, en répétant, je me suis cassé le pied. À l’époque, Madinter faisait ses tout premiers pas avec Miguel, Vidal et Jorge. Pour m’occuper l’esprit, je les aidai, effectuant les traductions et écrivant aux clients. Toute la correspondance se faisait alors par lettre ou par fax. Nous achetâmes notre domaine, www.madinter.com, commençâmes à écrire des e-mails, mîmes en place notre première page web et débutâmes notre processus d’amélioration continue. Quand mon pied fut guéri et que je fus en mesure de revenir à la danse, j’étais tellement impliquée et je m’amusais tellement dans mon travail et ses évolutions que je n’ai jamais quitté Madinter. À présent, la danse, c’est juste pour le plaisir !

Votre gamme de produits et de services s’est grandement étoffée au fil des années, alors qu’à vos débuts, vous étiez exclusivement un fournisseur de bois. Quelle est la raison de l’évolution de votre activité ?

Au départ, nous n’approvisionnions que les fabricants d’instruments de musique en bois. Nous avions commencé avec une demi-douzaine d’essences. Aujourd’hui, nous proposons plus de 40 espèces différentes pour la fabrication d’instruments, en particulier les guitares, et nous proposons également des pièces, des accessoires et des outils. Nous nous sommes également davantage spécialisés dans la fabrication de pièces finies d’instruments de musique au moyen de machines-outils uniques et précises, ce qui nous permet de valoriser encore plus le matériau brut. Ainsi, notre modèle commercial a beaucoup évolué ces dernières années. Nous n’approvisionnons plus uniquement les fabricants d’instruments ; nous fournissons aussi les artisans et les luthiers amateurs. Notre site Internet est devenu un pôle de ressources dans le secteur, car nous offrons une vaste gamme de produits et de solutions. Nous coupons le bois, nous le séchons, nous le transformons, nous fabriquons des pièces finies et des instruments prêts à assembler, et nous produisons également des produits personnalisés pour plusieurs clients. Nous collaborons avec des usines, des ateliers et des fabricants dans le monde entier. Et depuis trois ans, nous distribuons les produits StewMac en Europe ; à part eux, nous sommes leur seul distributeur.

« Au cours des 10 années écoulées, nous avons vu que de nombreux jeunes luthiers, voire de simples amateurs, étaient attirés par la culture du “fait soi-même” et commençaient à construire des instruments. »

L’Espagne possède un tel patrimoine en matière de lutherie guitare… Tel que je le comprends, il y a de nombreux luthiers. Pouvez-vous me donner votre point de vue à ce sujet, et me dire comment cela impacte votre activité ?

L’Espagne est un pays avec une grande tradition de fabrication de guitares classiques ou flamenco. Nous avons de nombreux luthiers, de très bons luthiers. Au cours des 10 années écoulées, à peu près, nous avons vu que de nombreux jeunes luthiers, voire de simples amateurs, étaient attirés par la culture du “fait soi-même” et commençaient à construire des instruments. Nombre d’entre eux sont attirés par ce domaine car ils sont musiciens et souhaitent savoir comment fabriquer l’instrument sur lequel ils jouent ; d’autres parce qu’ils possèdent des connaissances en ébénisterie, et voudraient apprendre à fabriquer des guitares pour diversifier leur activité. Peu importe le cas : le facteur déterminant de cette explosion de nouveaux luthiers, c’est que Madinter ou autres entreprises similaires ont mis à la disposition de ces nouveaux venus une vaste gamme de produits pour trouver tous les éléments possibles et ainsi fabriquer des instruments, qu’il s’agisse de matériaux ou de produits finis, en passant par tous les types de composants, d’accessoires ou d’outils pour luthiers. De nombreux luthiers sont implantés en Europe, et nous pouvons nous mettre à leur portée via le site Madinter.com. Notre base clients s’est énormément diversifiée et continue à s’étoffer mois après mois.

Luisa, dans un précédent e-mail, vous nous avez écrit que l’un des facteurs-clés de la réussite de Madinter, c’était sa capacité à s’adapter au changement. Pouvez-vous développer ? De quelles manières spécifiques ? On pense par exemple que c’est la façon dont les exigences en matière de conformité légale ont évolué au cours des deux décennies écoulées, avec des réglementations comme l’amendement au Lacey Act (loi américaine adoptée en 1900 et protégeant la faune et la flore sauvage contre le trafic, NdT), ou des modifications du statut de certaines espèces de bois avec la CITES ou le règlement de l’UE dans le domaine du bois

Au cours des 20 dernières années, nous nous sommes adaptés au changement de nombreuses manières. Cependant, l’un des facteurs fondamentaux a bien été notre décision de nous concentrer sur la légalité. Quand le Lacey Act a été amendé pour inclure les instruments de musique, Madinter mettait déjà l’accent sur l’importance des sources légales et responsables de notre bois. Ainsi, lorsque le secteur s’est rendu compte qu’il leur faudrait aussi veiller à acheter du bois acquis légalement, Madinter avait déjà mis en place un robuste système de diligence raisonnable et avait de vastes connaissances en matière de conformité, de CITES, etc.

Quelques exemples supplémentaires : à nos débuts, nous avons mis en place notre première boutique en ligne sur Madinter.com, quelque chose d’inédit, dont aucun de nos concurrents ne pouvait se vanter. Nous nous sommes rendus en Asie et avons commencé à proposer du bois massif aux usines chinoises avant même qu’elles ne fabriquent des guitares en bois massif ! Nous avons également enrichi notre catalogue pour répondre aux besoins de nos clients et diversifier notre activité. Nous avons ajouté les pièces, les accessoires et les outils, et nous sommes très fiers que StewMac fasse confiance à Madinter en tant qu’unique distributeur de leurs produits (à part eux).

De plus, les nouveaux luthiers ne sont plus fils ou petit-fils de luthiers. Ce sont de nouveaux venus sur la scène de la fabrication de guitares ; ils apprennent le métier, et nous leur proposons donc des cours de lutherie.

Participez à une visite vidéo du site de traitement du bois de Madinter à Cerceda, en Espagne.

Outre votre gamme de produits et services, qu’est-ce qui vous distingue des autres entreprises, selon vous ?

Notre vision d’entreprise est d’inciter le secteur de la musique à adopter une économie forestière durable en répondant aux normes les plus strictes en matière de développement durable, de légalité et de responsabilité pour notre approvisionnement en bois. Dès le départ, nous avions décidé que nous ne souhaitions pas être une autre société dont la seule tâche était de couper des arbres. Nous voulions faire les choses correctement. Pour commencer, nous voulions nous assurer de l’approvisionnement légal de chaque morceau de bois ; nous voulions être sûrs qu’il était conforme à toutes les lois nationales et internationales. C’est quelque chose qui devrait être évident, normal, mais malheureusement, ce n’est pas le cas. Nous souhaitions également aller plus loin et veiller à ce que l’environnement, les gens, ne soient pas lésés et, si possible, avoir un impact positif sur le monde.

Cette année, c’est non seulement le 20e anniversaire de Madinter, mais c’est aussi la dixième année de partenariat entre Madinter et Taylor en ce qui concerne Crelicam. Pouvez-vous revenir sur ce que ces deux entreprises ont réussi à accomplir jusqu’à présent, et sur ce que cela signifie pour les employés de Crelicam, ainsi que pour les autres scieurs et fournisseurs partenaires au Cameroun ?

Nous sommes très fiers de ce partenariat et de tout ce que nous avons fait ensemble. En seulement 10 ans, nous avons changé de nombreuses choses, toujours pour le mieux. Quand nous avons acheté Crelicam et que nous avons conçu le logo, nous avons également ajouté un slogan auquel nous nous conformons : un commerce responsable. Quand on regarde ce qu’on a fait ensemble, on est vraiment très fiers. Nous sommes conjointement parvenus à ce que le secteur accepte une ébène qu’il n’employait pas auparavant car elle était considérée comme trop claire ; nous avons amélioré les conditions de vie de nos travailleurs, de nos collaborateurs et des personnes qui habitent autour de l’usine ; et nous avons amélioré la santé, les conditions technologiques et les qualifications professionnelles de nos employés. Cerise sur le gâteau : nous avons lancé l’Ebony Project pour planter des ébènes et perpétuer leur utilisation pour les générations futures.

Au cours de ces années, nous avons également reçu la reconnaissance du secteur de la musique et des gouvernements des États-Unis, de l’Espagne et de l’Union européenne, qui ont récompensé et reconnu publiquement notre travail en Afrique. Mais le plus important, c’est que ce n’est pas fini. Nous avons encore un grand nombre d’idées, de projets et d’améliorations que nous souhaitons mettre en œuvre à l’avenir.

Qu’est-ce que vous aimez dans votre relation avec Taylor ?

Nous nous remémorons souvent la première fois où nous avons proposé à Bob Taylor de faire l’acquisition de Crelicam, et la manière et l’enthousiasme avec lesquels il a accueilli l’idée, dès le départ.

En 2010, nous nous rendîmes à Amsterdam car nous savions que Bob, Kurt et Barbara Wight (directrice financière) rencontraient leur équipe de distribution européenne aux Pays-Bas. Nous avions appelé Bob quelques jours avant, et lui avions dit que nous voulions lui présenter une proposition commerciale. Nous avions passé des semaines à bûcher sur un plan commercial élaboré, et nous avions une longue présentation à lui faire, idées et chiffres à l’appui. Quand nous arrivâmes à l’hôtel de Bob et que nous lui présentâmes notre initiative, il coupa immédiatement court à l’exposé et nous dit « J’aime cette idée, nous allons nous y atteler ensemble. » Une demi-heure plus tard, en compagnie de Bob, Kurt et Barbara, nous planifiions notre premier déplacement au Cameroun. C’est ainsi que débuta cette merveilleuse aventure.

Travailler avec Taylor, ça a été l’une des plus belles choses qui nous soit arrivée ces dernières années. Nous avons rencontré un groupe de professionnels fantastiques et de personnes géniales. Mention spéciale pour notre grand ami et mentor, Bob Taylor : une personne brillante exceptionnelle, avec un cœur grand comme ça et une intelligence unique, travailleur acharné et visionnaire du secteur de la musique. Nous avons appris ensemble ; nous avons fait des erreurs ensemble. Cependant, nous sommes toujours allés de l’avant, et nous allons poursuivre notre route vers l’excellence.

Évoluer pour exister

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Comment les artistes confinés ont su trouver l’inspiration en eux-mêmes

Bien que la pandémie de COVID ait temporairement vidé les salles de concert, les musiciens, eux, n’ont pas cessé de faire entendre leur voix. Pendant le confinement, l’univers numérique fut inondé de créativité : les artistes adoptèrent une vaste gamme d’outils leur permettant de rester connectés à leurs fans, de composer de nouveaux morceaux malgré la distance et de collaborer avec d’autres musiciens qu’ils n’auraient jamais rencontrés auparavant. Certains préférèrent continuer à offrir à leur public des prestations en direct, se mettant en scène lors de livestreams allant de productions filmées professionnelles et sophistiquées à de simples bœufs enregistrés dans leur chambre. D’autres se consacrèrent à la création, explorant de nouveaux territoires musicaux et composant des morceaux reflétant les tensions du moment. Quelques-uns d’entre eux virent la pandémie comme une période de réflexion individuelle, une opportunité de revenir sur leur vie et de se constituer une identité personnelle et musicale plus prononcée.

Dans les endroits où la vie publique reprend ses droits et où les concerts recommencent, les artistes répondent à nouveau à l’appel de la musique. Cependant, pour ceux qui s’apprêtent à repartir en tournée, il ne fait aucun doute que les choses ont changé : l’univers de la musique semble différent, tout comme le fait de se produire sur scène ou de composer. Au fur et à mesure que les musiciens réinvestissent les salles de concert et que leurs fans y affluent, beaucoup sont ceux qui se prêtent au jeu avec des idées inédites quant aux incontournables d’un bon concert, tout en portant un regard neuf sur leur métier et en exprimant une gratitude renouvelée envers les espaces de notre culture qui font de la musique une force pour la communauté.

Les artistes numériques se frottent au monde réel

De toutes les conséquences dont l’univers de la musique a fait l’expérience en raison de la pandémie, l’une des plus durables est certainement la manière dont ce bouleversement a jeté une lumière nouvelle sur des espaces musicaux peu connus, alors que les salles de concert « en dur » étaient contraintes de fermer leurs portes. Dans notre article sur l’explosion du livestreaming, paru dans notre précédent numéro de Wood&Steel, les artistes nous ont fait part de la puissance inédite qu’ils avaient trouvée dans les outils numériques, et qui les reliaient à leur public malgré la distanciation sociale et les restrictions imposées en matière de vie publique. Le livestreaming a permis aux artistes de continuer à se produire, même si cela signifiait être assis(e) devant la caméra d’un iPhone avec une simple guitare acoustique, pendant que les fans saisissaient leurs réactions numériques par le biais d’émojis « sourire » ou de cœurs. Cette évolution a, dans l’ensemble, été très positive pour tous les types de musiciens, et ceux dotés de bonnes bases en réseaux sociaux bénéficiaient d’un avantage encore plus conséquent alors que leurs fans recherchaient sur le net leur dose de musique.

Mais cela n’a pas toujours fonctionné de la sorte. Les grands groupes et les musiciens réputés attiraient depuis longtemps toute l’attention des auditeurs, même lorsque des outils comme YouTube, SoundCloud et BandCamp connurent un bond de popularité auprès d’artistes devant encore se faire un nom dans le milieu. Dans le monde pré-COVID, les artistes faisant leurs preuves dans le « monde réel » véhiculaient une image d’authenticité et de qualité avec laquelle les artistes « numériques » ne pouvaient tout simplement pas rivaliser. D’une certaine manière, les outils qui devaient servir à démocratiser la composition musicale finirent par reléguer au second plan des musiciens jeunes, créatifs et hétéroclites, suivis par un nombre relativement faible de véritables fans. La passion était là, mais pas l’exposition.

La pandémie chamboula tout. Les grands noms du milieu et les nouveaux venus durent quitter les scènes physiques et se contenter d’Internet ; ainsi, la musique de l’univers numérique mit, pour la première fois, tout le monde au même niveau. Le résultat ? Une explosion de groupes, de compositeurs et de musiciens solo débarquant dans l’espace numérique, nombre d’entre eux avec un parcours rarement mis en valeur dans les courants musicaux grand public.

Meet Me… dans le salon

Parmi les nombreux artistes ayant réussi à capitaliser sur les conditions de la pandémie, les nouvelles venues pop-punk de Meet Me @ the Altar se sont tracé une voie particulièrement enthousiasmante. Le trio, composé de Téa Campbell (guitare, basse, 224ce-K DLX), d’Ada Juarez (batterie) et d’Edith Johnson (chant) composent ensemble depuis 2017, mais peut-être pas comme vous pourriez l’imaginer. Jusqu’à cette année, les trois musiciennes écrivaient et produisaient leurs morceaux à distance, s’échangeant sur Internet des idées, des paroles et des parties instrumentales jusqu’à parvenir aux chansons achevées. Tout d’un coup, leur façon de composer devint la norme ; alors que les musiciens du monde entier s’adaptaient à ce style de création compartimenté, Meet Me @ the Altar avait déjà une bonne longueur d’avance.

« Pendant cinq ans environ, nous avons été un groupe existant sur Internet, dit Ada. J’habitais en Floride, Edith à Atlanta et Téa dans le New Jersey. On n’avait jamais vraiment écrit de chansons dans la même pièce auparavant. »

Bien que la pandémie les vit emménager dans la même maison, les membres de Meet Me @ the Altar déclarent que leur procédé de composition changea peu malgré leur proximité.

« Même si on habite ensemble, poursuit Ada, cette façon de faire fonctionnait avant, alors pourquoi essayer de changer ? On compose toujours dans des pièces séparées, et on se retrouve. Maintenant, on écrit les paroles dans la même pièce, mais sinon rien n’a changé. »

Ada, Edith et Téa de Meet Me @ the Altar parlent de leur expérience en matière de composition pendant la pandémie et jouent des versions acoustiques de leurs morceaux.

L’effet « groupe Internet » eut aussi un impact au-delà du processus de composition. Grâce à leur grande expérience dans le royaume des réseaux sociaux et la communication avec leurs fans sur le web, la pandémie de COVID a permis au groupe de connaître une ascension spectaculaire. Le trio avait prévu de partir en tournée en 2020 et 2021 : au lieu de cela, les musiciennes se retrouvèrent cantonnées chez elles, où l’écriture de morceaux était fondamentalement le seul moyen de laisser libre cours à leur créativité. Se départir des éléments « traditionnels » du secteur de la musique a en quelque sorte obligé les artistes à se reconcentrer sur l’essence de leur art. Pour ces trois jeunes femmes, la pandémie a eu un effet catalyseur et leur a permis d’accroître leurs compétences et leur confiance en elles.

« Le confinement a changé beaucoup de choses pour nous, se remémore Téa. Si nous n’avions pas été confinées, nous n’aurions pas vraiment eu le temps de poser les choses et d’envisager la direction que nous souhaitions prendre, de songer à notre évolution en tant que groupe. »

Au lieu de partir en tournée, Meet Me @ the Altar mit les bouchées doubles en termes de composition. Au lieu de faire du livestreaming, à l’instar de nombreux artistes confinés, le groupe composa. À part un concert en livestream en partenariat avec les restaurants Wendy’s, Meet Me @ the Altar fit un travail d’introspection, cherchant à peaufiner sa voix et son identité en tant que groupe.

« Plus tu composes, plus tu te sens confiante, déclare Edith. Le confinement a été un mal pour un bien. Ça nous a permis de nous retrouver, et nous avons mûri grâce à la composition. À présent, tout ce que nous écrivons surpasse ce que nous faisions auparavant. »

Le trio a été récompensé pour son travail. Il dit avoir connu une vague de popularité inégalée pendant la pandémie, passant de 3 000 followers à plus de 50 000. Bien que cela soit un peu étrange de ne pas véritablement observer cette évolution sous forme d’un public plus nombreux dans une salle de concert, leurs relations virtuelles avec les fans les ont aidées à mieux trouver leur place dans la culture pop en général. Le groupe attribue une partie de sa notoriété à une société changeante et à l’évolution des attitudes, qui exigent une meilleure intégration des musiciennes et des artistes de couleur. En tant que trio de femmes de couleur, Meet Me @ the Altar s’est trouvé au bon endroit, au bon moment.

« Beaucoup d’événements ont eu lieu pendant la pandémie : des troubles sociaux, le mouvement Black Lives Matter, la mort de George Floyd, dit Edith. Mais comme les gens ne pouvaient vraiment pas faire grand-chose, ils ont véritablement eu le temps de songer au monde dans lequel ils vivaient. Ils ont commencé à penser à la vie et à l’art des Noirs. On était là pile-poil à cet instant, et comme notre musique est vraiment bien, les gens ont accroché ! »

En prenant les chemins qui ne mènent pas à Rome, Meet Me @ the Altar a trouvé l’opportunité parfaite pour tirer parti de sa réussite et suivre l’explosion de leur popularité grâce à l’amélioration de leur processus de composition et une meilleure identité en tant que groupe. Cependant, tous les musiciens du monde ne sont pas tombés dans la marmite numérique quand ils étaient petits. Pour ceux ayant consacré des décennies à une approche plus traditionnelle, la pandémie constitua un défi différent : comment s’adapter à l’époque sans perdre son âme ?

Transformer la musique en une communauté

La fermeture des salles de concert et l’annulation des spectacles furent les signes les plus évidents des problèmes rencontrés par l’industrie de la musique pendant la pandémie. Toutefois, une autre question eut un impact plus pernicieux, mais tout aussi flagrant : la santé mentale. Le confinement, la pression économique sans précédent et les changements sociaux en cours furent contraignants pour beaucoup pendant les 18 derniers mois, notamment pour des artistes dont la source principale de catharsis émotionnelle, sociale et créative (sans oublier la stabilité financière) fut spectaculairement tarie, sans préavis. Pour Jim Ward, ancien co-fondateur d’At the Drive-In, actuel guitariste de Sparta et compositeur solo de longue date, tenir le coup musicalement pendant la pandémie ne se traduisait pas uniquement par le maintien des relations virtuelles avec un public et la mise à jour d’un profil public : c’était une question de survie.

Jim (517 Builder’s Edition, GT Urban Ash) est un pilier de sa ville natale d’El Paso, au Texas. Il entretient un rapport étroit avec la ville, sa scène musicale – et même sa culture gastronomique : Jim possède un restaurant à El Paso, qui a dû fermer ses portes pendant la pandémie. En tant que personne fondamentalement dotée d’un très fort sens de la communauté, Jim déclare que les événements du début de la pandémie furent dévastateurs, tant pour lui que pour les gens qui l’entouraient.

« On a immédiatement dû licencier du personnel, explique-t-il, ce qui est difficile sur le plan émotionnel et mental. J’ai sorti un album avec mon groupe, Sparta, en avril [2020], et j’aime dire que nous l’avons sorti pour des prunes. Nous avons annulé des tournées et avons dû congédier notre équipe, comme tout le monde. »

Dépourvu de l’exutoire naturel offert par le travail créatif, Jim admet avoir connu des difficultés lors des premiers temps de la pandémie.

« Le confinement, c’est quelque chose de dur pour un être humain, en particulier si vous êtes avide de contacts sociaux. J’ai eu du mal à garder la tête hors de l’eau. »

Le guitariste et compositeur Jim Ward nous fait part de ses réflexions sur la persévérance pendant la pandémie et la préservation de sa santé mentale pendant le confinement.

Malgré les restrictions imposées aux espaces publics, Jim savait que pour ne pas craquer mentalement, il devait continuer à se consacrer à la musique. Se tournant vers la composition, il se changea les idées avec de nouveaux morceaux, qui allaient être compilés en Daggers, son dernier album solo. Écrire et créer l’album furent une sorte de thérapie, sourit-il, un moyen de l’aider à la fois à contrôler sa santé mentale et à développer ses capacités de création.

« J’ai clairement fait des progrès en tant qu’ingé, parce que j’ai été obligé de faire le mix et de produire moi-même l’album, un procédé que je confie normalement à d’autres », explique-t-il. « Quand les outils qui te facilitent la tâche ne sont plus à ta disposition, tu es obligé d’apprendre de nouveaux trucs. J’ai rajouté la case “débrouillardise” à mon CV. »

Mais cette autosuffisance s’arrête là. Acquérir de nouvelles compétences musicales, c’est une chose ; toutefois, cela ne remplace pas les interactions et les relations avec autrui, en particulier pour quelqu’un d’aussi impliqué que Jim dans sa communauté. En l’absence de possibilités de rencontrer des fans aux concerts, Jim s’est retrouvé à forger des liens en ligne, notamment avec des personnes qu’il n’aurait jamais espéré rencontrer autrement. Et cela ne s’est pas arrêté aux conversations Instagram avec des fans australiens ou moscovites. Il fallut peu de temps à Jim pour que ce dernier mette en place une nouvelle tradition afin de préserver un sentiment de collectivité : les Friday Beers, une série de conversations en direct, spontanées et non éditées, se tenant sur Instagram entre Jim et un autre musicien. Les Friday Beers ont jusqu’à présent « accueilli » des artistes tels que Rhett Miller, Nina Diaz, Patrick Carney des Black Keys et Josh Homme des Queens of the Stone Age.

Il ne s’agit pas d’entretiens ordinaires avec des artistes, basés sur leurs nouveaux albums, leurs prochains concerts ou leur inspiration en matière de composition : ce sont des discussions réfléchies, souvent profondes, au cours desquelles Jim et son invité(e) parlent à cœur ouvert à leur public, d’une manière impossible à reproduire lors des quelques minutes que les musiciens peuvent consacrer à leurs fans pendant les concerts. Jim admet que ces conversations ont été révélatrices : elles lui ont non seulement permis de sortir de son isolement, mais ont aidé le public à sortir du sien.

« Josh Homme est comme mon grand frère, et on a eu cette conversation vraiment personnelle, vraiment profonde devant tous ces gens, se remémore-t-il. J’ai reçu plein de messages sympas de personnes me disant “Voilà, c’est comme ça que devraient être les rapports entre hommes”. En réalité, nombre d’entre nous font de la musique car nous essayons de trouver un moyen d’aller mieux. Et quand vous commencez à avoir ce type de discussions, les gens peuvent se dire “Si ce mec ressent ça, rien d’inquiétant à ce que je le ressente aussi.” »

Jim envisage cela comme une caractéristique de la pandémie, vouée à demeurer alors que la vie retrouve un semblant de normalité. Dans un monde qui a malheureusement pris l’habitude de voir de jeunes artistes partir en vrille, créer des espaces qui incitent à la franchise et à l’authenticité a quelque chose de spécial. À ce sujet, Jim parle d’expérience :

« Je suis foncièrement convaincu qu’il aurait été bénéfique, lors de mes premiers pas dans l’univers de la musique, que l’on me dise “Ne t’inquiète pas, ça arrive de ne pas se sentir bien mentalement”, déclare-t-il. Au lieu de ça, on me tendait une bouteille de vodka. Il est possible de faire bien mieux pour prendre soin de nos jeunes artistes. »

Pas de manière parfaite de faire de la musique

Le paysage de l’univers de la musique actuelle est en pleine évolution, alimenté par les attitudes sociales changeantes, l’accessibilité croissante à de nouveaux genres hors du circuit traditionnel des labels et les conséquences tangibles d’une crise sanitaire mondiale. Les musiciens expérimentés comme les artistes émergents découvrent qu’à cette époque, construire ou entretenir sa carrière musicale signifie avoir une volonté d’introspection – se concentrer sur son art, creuser et découvrir un territoire créatif encore inexploré. Bien que les outils numériques d’aujourd’hui facilitent les relations avec le public et les fans, ils ne peuvent remplacer le dur labeur impliqué par la transformation des idées en de véritables morceaux, par la transmission d’un message à la fois authentique pour soi et suffisamment universel pour inspirer les auditeurs du monde entier. Heureusement, si la pandémie a révélé un élément de la musique contemporaine et de ses contributeurs, c’est que la volonté de créer persiste malgré les circonstances.

Progressions d’accords R&B pour guitare acoustique

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Étoffez votre répertoire stylistique grâce à ces progressions d’accords pratiques couramment employées par les guitaristes de R&B.

Par Kerry "2 Smooth" Marshall

Quel que soit votre style ou votre genre préféré, il est essentiel d’apprendre des sonorités inédites ou des nouvelles techniques hors de votre zone de confort pour vous transformer en guitariste chevronné(e).

Kerry « 2 Smooth » Marshall est professeur de musique et de guitare convoité, guitariste de session et producteur. Il est spécialisé dans le R&B, la néo-soul et le gospel. Outre sa présence aux côtés des plus grands musiciens de notre époque, il est également un pilier de YouTube, où il compte plus de 100 000 abonnés.

Ce premier cours concerne une progression d’accords courante qui vous permettra de faire connaissance avec les styles de R&B.

Kerry explique ensuite la technique du double stop, un élément sonore que les guitaristes de R&B utilisent fréquemment pour ajouter de la dimension à leurs riffs.

Enfin, Kerry explore l’accord de 7e diminuée, un son caractéristique qui améliorera votre jeu et agrémentera votre style d’une nouvelle couleur sonore.

Vous trouverez d’autres cours de Kerry sur sa chaîne YouTube.

  • 2021 Édition 2 /
  • Profondément enracinés dans l’histoire : hommage aux influences musicales afro-américaines

Profondément enracinés dans l’histoire : hommage aux influences musicales afro-américaines

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En l’honneur de l’African-American Music Appreciation Month, Lindsay Love-Bivens de Taylor et Judith Hill, artiste récompensée aux Grammy Awards, ont visité le tout nouveau musée national de la Musique afro-américaine.

Quasiment tous les genres de musique américaine trouvent leurs racines dans le génie créatif et l’expression musicale des artistes afro-américains. Avec une mosaïque d’expériences vécues et partagées au cours de différentes époques, les Afro-américains ont donné naissance à des styles musicaux et les ont façonnés, du blues au hip-hop, contribuant dans le même temps à de nombreuses autres pollinisations musicales croisées. L’African-American Music Appreciation Month, qui a lieu chaque année en juin, nous donne l’opportunité de mettre en lumière ces contributions essentielles et de nous familiariser à nouveau avec certaines des personnes responsables de la musique qui constitue la bande originale de nos vies, tant en Amérique que dans le monde entier.

L’African-American Music Appreciation Month, qu’est-ce que c’est ?

Dans les années 1970, poussé par l’influence de plus en plus prolifique des artistes afro-américains au cours du XXe siècle, un mouvement dirigé par les principaux membres de la communauté musicale afro-américaine commença à attirer l’attention. En 1978, le producteur Kenny Gamble, l’influente activiste musicale et animatrice radio Dyana Williams et le directeur de diffusion Ed Wright lancèrent la Black Music Association (BMA), en partie pour soutenir la création du Black Music Month (Mois de la musique noire). Après de nombreuses pétitions, Jimmy Carter, alors Président des États-Unis, anima à l’été 1979 le premier rassemblement dédié au Black Music Month. En 2000, le Président Bill Clinton signa une déclaration présidentielle accordant une désignation nationale à l’African-American Music Appreciation Month. Ces actions vinrent garantir que l’histoire de la musique afro-américaine serait préservée et honorée pour les générations à venir.

Un voyage à Nashville

Pour célébrer l’African-American Music Appreciation Month, je me suis rendue à Nashville avec Judith Hill, compositrice/interprète et artiste Taylor. Nous y avons visité le tout nouveau musée national de la Musique afro-américaine. Nous nous sommes entretenues avec le Dr Steven Lewis, l’un des conservateurs du musée. Nous sommes également allées sur des sites historiques en lien avec l’histoire de la musique afro-américaine. La vidéo que nous avons montée illustre quelques-uns des moments importants de notre déplacement là-bas.

Chronologie de la musique afro-américaine

Notre voyage nous a également incitées à créer une chronologie de l’histoire de la musique afro-américaine et ce, afin de mettre davantage en lumière certains des pionniers de ce genre, dont l’art a diamétralement changé le paysage musical, tant en Amérique que dans le monde entier. Bien que notre chronologie ne fasse qu’effleurer la surface d’un patrimoine musical aussi riche et aussi dense, nous espérons que ce voyage mélodieux vous poussera à explorer plus en détail les nombreuses manières dont les musiciens afro-américains ont en grande partie sculpté ce que nous appelons à présent la musique américaine.

Originaire de

XVIIe siècle

Forme la plus précoce de l’expression de la musique noire en Amérique, les spirituals (chants liturgiques) regroupent notamment les work songs (chants de travail) afro-américaines, qui eurent par la suite une puissante influence sur le blues et le gospel. Ces spirituals s’inspiraient des histoires bibliques, mais narraient les grandes souffrances endurées par les Afro-américains réduits en esclavage du XVIIe siècle jusqu’aux années 1860. Cet échange « d’appels et de réponses » est une caractéristique importante des spirituals : le soliste chante une phrase, et le reste du groupe lui répond par une phrase identique ou différente. Découlant des chansons africaines traditionnelles, la structure d’appels et de réponses est une composante fondamentale des work songs afro-américaines. Au-delà des spirituals, elle a su se propager au blues, au gospel, au rock’n’roll, à la soul et même au hip-hop. Les spirituals ont été popularisés par des groupes tels que les Fisk Jubilee Singers à la fin du XIXe siècle.

Pionniers et précurseurs

  • Fisk Jubilee Singers  
  • Hampton Singers 
  • Tuskegee Institute Quartet 
  • Harry Burleigh 
  • Everett McCorvey

Originaire de

Fin du XIXe siècle

Le blues est né dans le Sud profond des États-Unis, dans les années 1860. Basé sur les spirituals et work songs afro-américains, le blues fait la part belle au style d’appels et de réponses façonné par les spirituals. Il intègre également des cris, ainsi que la gamme et la progression d’accords spécifiques au blues, toujours au cœur du son contemporain de ce genre. Il devint populaire en tant que forme musicale quand l’esclavage des Afro-américains prit fin. De plus, il contribua à la mise en place des « juke joints », une facette importante de la culture afro-américaine qui se développa dans l’ensemble du Sud pour pourvoir aux besoins des anciens esclaves cherchant un emploi. À un moment ou à un autre, presque tous les genres musicaux américains ont été influencés par le blues.

Pionniers et précurseurs

  • Charley Patton  
  • W.C Handy 
  • Blind Blake 
  • Lonny Johnson 
  • Ma Rainey 
  • Robert Johnson 
  • Muddy Waters 
  • T-Bone Walker 
  • Blind Lemon Jefferson 
  • B.B. King 

Originaire de

Années 1890

Le ragtime se reconnaît instantanément par son style musical distinct et syncopé. Avant d’être connu en tant que partitions populaires pour piano, le ragtime était une musique destinée à faire danser dans des lieux prisés. Morceaux de minstrel shows (spectacles musicaux comiques où des Blancs se grimaient en Noirs, NDT), styles de banjo afro-américains, rythmes dansants syncopés (décalés) du cakewalk (danse parodique par les Noirs des Blancs se rendant au bal, NDT) et d’autres éléments issus de la musique classique ont tous contribué à la genèse de ce genre précurseur. Scott Joplin, l’un des compositeurs de ragtime les plus connus de nos jours, sortit « Maple Leaf Rag » en 1899. Le morceau devint un grand classique de la musique américaine et servit de base pour la musique ragtime écrite par les compositeurs qui lui succédèrent. Le ragtime permit de sculpter le jazz et le blues, et fut sans conteste la première branche de la musique afro-américaine à avoir un impact sur la culture populaire grand public.

Pionniers et précurseurs

  • Ernest Hogan  
  • Scott Joplin, “King of Ragtime” 
  • Tom Turpin 
  • Eubie Blake 
  • John William “Blind” Boone 
  • Antonio Junius “Tony” Jackson 
  • Ferdinand “Jelly Roll” Morton

Originaire de

Années 1910

Sur les traces du ragtime, un nouveau genre fit son apparition à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane : le jazz. Dans ce genre, on trouve des accords complexes, des polyrythmies, des syncopes et de nombreux autres éléments provenant du blues et du ragtime. Bien que d’aucuns diraient que le genre est impossible à définir, l’improvisation est une composante fondamentale de la plupart des styles de jazz. Du bebop au swing, en passant par le modal ou le smooth, le jazz laisse libre cours à l’interprétation personnelle et la créativité du musicien. Le jazz devint extrêmement populaire dans les années 1920 : époque ultérieurement connue comme l’ « Âge du jazz », c’est là que la musique et la culture afro-américaines commencèrent à toucher la classe moyenne blanche dans toute l’Amérique.

Pionniers et précurseurs

  • Ferdinand “Jelly Roll” Morton
  • Louis Armstrong 
  • Earl Hine 
  • Duke Ellington
  • Charlie Christian
  • Lonnie Johnson 
  • Billie Holiday 
  • Ella Fitzgerald

Originaire de

Années 1930

La musique sacrée avait déjà pris de nombreuses formes au début du XXe siècle. Dans les années 1930, Thomas Dorsey, musicien de blues, révolutionna le gospel en intégrant les sonorités du blues à la musique d’église. On attribue également à Dorsey la constitution du premier chœur de gospel. Grâce à ses chansons à tempo enlevé et aux prestations énergiques du chœur, le gospel noir laissa une trace permanente sur la musique américaine et d’autres aspects de la société. De manière similaire aux spirituals, le gospel contribua à façonner la culture de l’église noire en Amérique.

Pionniers et précurseurs

  • Thomas Dorsey, “Father of Gospel”
  • Mahalia Jackson 
  • Sister Rosetta Tharpe 
  • Andrae Crouch
  • The Hawkins Family
  • Thomas Whitfield 
  • Mississippi Mass Choir

Originaire de

Années 1940

Le R&B permit de marier le blues, le jazz et le big band des années 1920-30 aux sons émergents du rock’n’roll, de la soul et du funk des années 1950-60. À la suite de la Seconde Guerre mondiale et de la grande migration des Afro-américains allant s’établir au Nord, les jeunes Américains étaient à la recherche d’une musique plus vivante, plus brute. Ainsi, le swing et le big band adorés par leurs parents commencèrent à céder leur place à une version plus rythmée du blues. Le R&B mit également en avant les sons novateurs d’instruments tels que la guitare électrique, le piano et le saxophone.

Pionniers et précurseurs

  • Louis Jordan (The Tympany Five)
  • Roy Brown 
  • Wynonie Harris 
  • Roy Milton
  • Billy Wright
  • Charles Brown 
  • The “5” Royales 
  • Big Mama Thorton
  • Sister Rosetta Tharpe

Originaire de

Fin des années 1940

Au début des années 1950, le R&B donna naissance à son propre sous-genre : le rock’n’roll. Avec Chuck Berry et Little Richard pour ouvrir la voie, ce style empruntait des éléments emblématiques au R&B, mais avec une esthétique plus brute, plus sexualisée, souvent centrée autour de la guitare électrique. Au fur et à mesure que ces styles se mélangeaient et qu’une version plus électrifiée du blues attirait l’attention, des musiciens non noirs commencèrent eux aussi à jouer et à enregistrer du rock, nombre d’entre eux faisant la transition entre les clubs et bars underground et la radio et la télévision grand public. Avec ses riffs contagieux, ses refrains entraînants et ses mélodies vocales mémorables, le rock’n’roll devint le pouls de la jeunesse américaine et le synonyme de la culture de ce continent. Ces sonorités vinrent également dominer la musique chez les jeunes dans le monde entier.

Pionniers et précurseurs

  • Chuck Berry (The Father of Rock ‘n’ Roll)
  • Little Richard (The Architect of Rock ‘n’ Roll) 
  • Fats Domino
  • Roy Brown
  • Jimi Hendrix 
  • Ike Turner 
  • Tina Turner
  • Sister Rosetta Tharpe
  • Bo Diddley

Originaire de

Années 1950

Alors que le rock’n’roll connaissait un succès grandissant, de nombreux artistes et musiciens noirs se retrouvèrent à l’écart des projecteurs. C’est ainsi que la soul vit le jour : comme un besoin de rendre hommage à la culture noire. Puisant ses racines dans les sonorités gospel, la soul se focalisa sur des thèmes concernant l’Amérique noire, tels que l’amour et la joie chez les Noirs, mais aussi les difficultés liées à la lutte pour les droits civiques. Les ressources étaient souvent rares pour les artistes noirs, et le succès de la soul dépendait de leur rassemblement. Aucune entité n’incarna mieux cette réalité que Motown Records, maison de disques fondée en 1959 par Berry Gordy pour réunir compositeurs et musiciens et ainsi créer le « son Motown », qui vint dominer les classements pendant les années 1960. À la fin des années 1960, la soul avait donné naissance à de nombreux rejetons, avec des artistes tels que Sly and the Family Stone, George Clinton et Stevie Wonder, expérimentant des idées dont découlerait la soul psychédélique. Pendant ce temps, à Philadelphie, des artistes comme Gamble et Huff développèrent le son « Philly soul » distinctif. Ces deux styles jouèrent un rôle déterminant dans la naissance du disco.

Pionniers et précurseurs

  • Ray Charles
  • Otis Redding 
  • Aretha Franklin (“Queen of Soul”)
  • James Brown (“Godfather of Soul”)
  • Sam Cooke 
  • Stevie Wonder 
  • The Jackson 5
  • Diana Ross
  • Smokey Robinson

Originaire de

Années 1960

Qu’obtenez-vous en mélangeant l’âme de la soul, la liberté des rythmes syncopés du jazz et un groove entraînant ? Du funk. À la fin des années 1960, James Brown commença à composer des morceaux bâtis sur un ou deux accords seulement, avec une emphase sur le premier temps et une approche plus brute, plus directe, offrant à l’Amérique un nouveau genre de musique parfait pour danser. Alors que ce style connaissait une popularité croissante, des formes plus expérimentales émergèrent, comme celle initiée par George Clinton : elle allait par la suite devenir la base du hip-hop.

Pionniers et précurseurs

  • James Brown
  • George Clinton (“King of Funk”) 
  • Slave
  • The Ohio Players
  • Prince 
  • Rick James 
  • Earth, Wind & Fire
  • Sly and the Family Stone
  • Commodores
  • The Meters

Originaire de

Début des années 1970

Lors de l’été 1973, des DJ afro-américains commencèrent à organiser des fêtes à domicile ou des rassemblements de quartier dans le Bronx. Pour que les gens dansent en permanence lors de ces réunions, ils diffusaient des breakbeats issus d’anciens morceaux de funk et faisaient durer les breaks en passant le breakbeat en boucle. Au cours de ces fêtes, une personne (le hype man) ou le DJ s’emparait du micro et chauffait la foule en scandant des chants rythmés ou des paroles de type « appels et réponses ». Le rôle du hype man connut une hausse de popularité et devint une forme d’art en soi : c’est ainsi que naquit le rap. Dans le même temps, la technologie musicale continua de progresser, permettant aux DJ de sampler des breakbeats pendant plus longtemps et laissant davantage de temps aux rappeurs pour scander sur le beat. Le hip-hop, de manière similaire à la soul auparavant, devint l’expression musicale dominante de la culture noire en Amérique. À tel point qu’au-delà du simple genre musical, l’influence du hip-hop se retrouve de partout dans la culture actuelle, qu’il s’agisse de mode, d’art, de breakdance ou de chorégraphie en passant par les sports, la télévision et le cinéma.

Pionniers et précurseurs

  • DJ Kool Herc
  • Grandmaster Flash and the Furious Five 
  • Fab 5 Freddie
  • Cold Crush Brothers
  • The Sugarhill Gang (“Rapper’s Delight”)
  • Run-DMC 
  • Erik B & Rakim
  • Afrika Baambaataa

Originaire de

Début des années 1980

Alors que le hip-hop gagnait en popularité dans tout le pays, un autre mouvement prenait de l’ampleur dans les clubs underground de Chicago. DJ et producteurs de musique commencèrent à faire leurs expériences avec des sons électroniques et des beats mécaniques, remixant des morceaux disco pour leur intégrer des rythmes plus entraînants, avec des lignes de basse plus prononcées. La house music était née ! Elle fut rapidement plébiscitée à l’échelle nationale et internationale, et a depuis évolué en une vaste gamme de styles dance et électro. Son influence sur la musique pop d’aujourd’hui ne peut pas être sous-estimée.

Pionniers et précurseurs

  • Frankie Knuckles (“Godfather of House”)
  • Ron Hardy
  • Larry Levan
  • Harry Heard
  • Robert Owens 
  • Fingers Inc.

Pour aller plus loin : Liste de lecture en hommage à la musique afro-américaine, par Judith Hill

Lors de notre déplacement à Nashville, Judith Hill a souhaité créer une liste de lecture regroupant quelques-uns des artistes et musiciens dont les œuvres ont façonné le parcours musical de l’Amérique.

Lindsay Love-Bivens est responsable des relations artistes et communauté chez Taylor.

Leçon de guitare

Les open tunings mineurs

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Vous voulez élargir votre horizon musical grâce aux open tunings ? Essayez leur version mineure.

De Leo Kottke à Joni Mitchell, de Muddy Waters à Jimmy Page, d’Elmore James à Kaki King… On peut entendre des open tunings (accordage différent de l’accordage Mi La Ré Sol Si Mi standard ; ici, la guitare est accordée selon des hauteurs qui créent un accord où toutes les cordes sont jouées en open) sur d’innombrables albums classiques. De mon expérience, les open tunings les plus présents (et de loin) sont les accordages majeurs, en particulier l’open de Ré et l’open de Sol, tous deux ayant un charme bien spécifique. Cependant, les open tunings en mineur (dans le cadre de ce cours, open de Ré mineur et open de Sol mineur) recèlent un secret pouvant générer sans effort plus de diversité que leurs contreparties majeures : c’est assez confidentiel, mais en rajoutant un doigt sur n’importe lequel des accords en mineur, vous pouvez le transformer instantanément en accord majeur ! Les musiciens bénéficient donc d’une plage harmonique encore plus étendue. Il n’est pas aussi simple d’appliquer une telle astuce aux open tunings majeurs. Ce cours vous montre ainsi comment multiplier par deux vos possibilités harmoniques, juste avec un doigt.

Télécharger la leçon

Affichez et imprimez la notation musicale pour la leçon de guitare de Shawn.

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  • 2021 Édition 2 /
  • Tous acteurs d’un mauvais film : un recyclage de plus en plus problématique
large stack of compressed plastic wrap with a sign in front reading

Tous acteurs d’un mauvais film : un recyclage de plus en plus problématique

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Développer des pratiques commerciales plus durables commence par identifier les domaines à améliorer. Notre utilisation de la pellicule plastique extensible en fait partie.

Cela fait des années que nous vous faisons part des efforts de Taylor pour développer des pratiques commerciales plus durables. Nos initiatives les plus importantes ont fait l’objet d’articles dans ce magazine : elles concernent principalement la chaîne d’approvisionnement de nos bois et notre volonté de cultiver un avenir plus sûr pour les essences dont nous nous servons, en incluant les communautés soutenant ces efforts d’approvisionnement. Les trois projets incontournables (le « Big Three », comme les appelle Scott Paul, directeur de la pérennité des ressources naturelles) sont les suivants : l’Ebony Project au Cameroun, qui a financé des recherches révolutionnaires sur l’écologie de l’ébène et donné naissance à un programme de replantation communautaire adaptable (et de plus en plus important) ; la replantation d’espèces endémiques à Hawaï, notamment de koas ; et notre tout nouveau programme Urban Wood, qui vise à créer une économie circulaire en fabriquant des guitares à partir de bois issus d’arbres urbains en fin de vie, et stimuler le développement de projets de replantation dans ces communautés.

Bien que nous soyons fiers des progrès faits sur ces fronts, notre implication envers des pratiques éthiques exige que nous scrutions chaque aspect de notre fonctionnement. Nous devons plus spécifiquement nous pencher sur les domaines lacunaires et œuvrer pour définir des solutions plus en accord avec nos principes.

Cet état d’esprit a débouché sur un examen exhaustif de nos procédés de fabrication et de notre fonctionnement sur le campus. Au cours des deux dernières années, Scott Paul a mené un audit interne pour identifier nos points forts et nos points faibles en gardant le développement durable en tête. Bien que nous nous soyons grandement améliorés (réduction importante des produits jetables à usage unique sur le campus, davantage de stations de charge pour les véhicules électriques, solide programme de recyclage des piles, réservoirs d’eau dans les bâtiments du campus, utilisation d’un tableau de bord sophistiqué pour mieux gérer nos besoins en énergie, etc.), nous avons récemment identifié un problème de plus en plus conséquent pour nous : le film plastique étirable. Mais si, vous savez, ce film plastique dont nous nous servons pour sécuriser les palettes de guitares empilées (dans leur étui) à des fins de transport, ou pour emballer le bois que nous déplaçons sur des palettes…

Bien que ce film joue un rôle essentiel dans la protection des pièces et des marchandises de valeur lors de leur transport, compte tenu de notre volume de fabrication, nous en passons beaucoup. Vraiment beaucoup. Nous sommes loin, très loin, de ce que consomme une grande surface, mais tout de même !

Par le passé, nous faisions des ballots de ce film usagé, et notre prestataire de recyclage le vendait à un négociant, qui l’envoyait ensuite en Chine pour qu’il y soit recyclé. Cependant, en 2018, la Chine interdisait l’import de la plupart des plastiques, et nous avons par la suite appris qu’il était fort probable que ce plastique ait été en réalité simplement jeté en mer, voire pire : brûlé dans des communautés locales. Nous nous efforçons actuellement de trouver une entreprise basée aux États-Unis qui pourrait le recycler. Nous avons contacté d’autres sociétés, petites ou grandes, pour savoir ce qu’elles faisaient de leurs déchets plastiques : seulement, nous avons découvert qu’à l’heure actuelle, personne ne semble avoir de solution viable.

Nous avons également discuté avec plusieurs prestataires de services et leur avons posé à chacun les mêmes questions : vont-ils le revendre ? Que vont-ils en faire ? Si ce plastique est recyclé, en quoi va-t-il l’être ? Sur quelle distance sera-t-il transporté, en camion ou en bateau ? Sera-t-il exporté ? Il s’avère que la majeure partie du film étirable est dorénavant destinée à des décharges ou des sites d’incinération, comme c’était probablement le cas en Chine.

Cela ne nous dérangerait pas de payer pour recycler le film plastique si ce procédé était fait de manière responsable, dans un site sûr et respectueux de l’environnement, mais nous ne voulons pas qu’il soit mis en décharge ou incinéré. En l’état actuel des choses, nous n’avons pas de solution. Et le problème grandit de jour en jour. Ainsi, après avoir consulté Scott, Bob Taylor a décidé que notre premier pas envers une solution serait d’amplifier le problème en le portant à la connaissance de tous sur le campus. Notre équipe sur site a commencé à déplacer les balles de film usagé en plein milieu du parking et à en faire un tas à l’extérieur de nos entrepôts d’expédition, puis à lui ajouter ce que nous accumulons tous les mois : soit près de deux à trois balles. Une petite montagne est en train de s’élever. Nous avons même créé un panneau d’affichage avec un message de sensibilisation à l’attention des employés :

Qu’est-ce que c’est ?

C’est un problème dont nous allons nous occuper. Restez à l’écoute !

De plus, ces balles ne représentent que la moitié, ou presque, de ce que nous employons pour emballer les guitares : l’autre moitié quitte l’entrepôt quand nous expédions les palettes.

Scott Paul indique que le problème du film plastique ne concerne pas que Taylor.

« Songez à tout le film étirable jeté provenant des grandes surfaces, des supermarchés et des revendeurs dans tout le pays, dit-il. Une grande partie part dans les décharges, et un volume moindre est incinéré ».

Scott et d’autres membres du comité « Équipe verte » de notre entreprise commencèrent à chercher des solutions potentielles, notamment le recours aux options de recyclage alternatives ou l’utilisation d’autres matériaux plus faciles à recycler. Scott fit également appel à une experte pouvant être en mesure de nous aider.

Jan Dell est ingénieure chimiste. Avec plus de 30 années d’expérience, elle a travaillé dans 45 pays pour de grandes entreprises de l’industrie de la fabrication. Au cours de sa carrière, elle a dirigé des programmes visant à mettre en place des pratiques de résilience commerciale et climatique durables pour des sociétés telles que Nike, Gap, Mattel et autres.

En 2018, elle changea d’orientation, se mit à son compte et lança une ONG du nom de The Last Beach Cleanup pour mettre fin à la pollution plastique. L’une de ses campagnes prioritaires vise à faire cesser les exports de déchets plastiques vers les pays pauvres. En 2019, elle reçut le titre de National Geographic Explorer (Exploratrice de National Geographic) et bénéficia d’une petite bourse pour aider les villes à réduire la pollution plastique. Elle fut également nommée à la commission sur le recyclage de l’État de Californie (California’s Statewide Recycling Commission) en 2020.

En avril, Jan se rendit sur le campus Taylor pour y rencontrer Scott Paul, Bob Taylor et plusieurs autres employés Taylor faisant partie de notre groupe de travail informel. Tous se rassemblèrent devant notre colline de plastique pour une session de présentation. Jan transmit une partie de ses connaissances, en rappelant notamment que seule une toute petite partie des déchets plastiques étaient réellement recyclés. Elle insista sur le fait que chaque année, juste en Californie, plus de 1,5 milliard de tonnes de films plastiques étaient jetés. La Californie et le Nevada comptent quelques prestataires de recyclage de ce matériau, mais ils ne peuvent en retraiter qu’environ 45 000 tonnes… Soit près de 3 pour cent. Ce n’est pas étonnant que la pile continue de grandir chez Taylor !

Nous avons approfondi l’idée d’utiliser des produits alternatifs au film plastique, commercialisés comme étant biodégradables, mais nous nous sommes rendu compte qu’ils étaient moins efficaces. Jan déclare que d’autres obstacles empêchent leur emploi à plus grande échelle, notamment le fait que la plupart des sites de compostage ne veulent pas récupérer les déchets de bioplastique : en effet, ils ne se biodégradent pas de manière sûre et contaminent le compost.

« Les décharges d’aujourd’hui sont conçues pour stocker des matériaux afin de prévenir les émissions de méthane ; dès lors, le film plastique ne se biodégradera pas et ne disparaîtra pas dans une décharge », poursuit-elle.

Jan conseilla à Taylor de continuer à minimiser son recours au plastique lorsque cela était possible. Taylor peut également créer une demande accrue envers un film plastique composé d’un pourcentage supérieur de matériau recyclé en enjoignant nos prestataires à nous fournir un tel plastique et en incitant les autres entreprises à nous imiter. Cela permettra de consolider l’infrastructure de la chaîne logistique autour de ce produit et d’en promouvoir l’usage.

Pendant ce temps, notre tas de plastique a déjà eu un impact sur nos employés Taylor. Après avoir présenté le problème dans notre newsletter interne, nombre d’employés Taylor – pardon, d’employés/propriétaires ! – ont pris l’initiative de trouver des moyens de réduire notre consommation de film étirable dans leur service.

Nous continuons dans le même temps à apprendre auprès de personnes comme Jan, et à chercher activement de meilleures options. Nous vous tiendrons au courant sans faute du statut de nos déchets plastiques et des solutions alternatives que nous élaborerons.

La marche à suivre

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Dans le monde entier, artistes et fans ont trouvé des moyens de continuer à faire vivre la musique, à une époque où quasiment tout autre art vivant était contraint de cesser.

Ce n’est un secret pour personne : l’année 2020 a été semée d’embûches, en particulier dans l’écosystème de la musique. Les activités en lien avec ce domaine se sont révélées particulièrement vulnérables lors de cette crise, qui a entraîné la fermeture des lieux publics et forcé les gens à demeurer chez eux en permanence, sauf en cas de motif impérieux. Concerts annulés, tournées reportées, festivals interrompus… Les musiciens de tous horizons ont fait l’expérience de ce traumatisme touchant l’ensemble d’entre eux. Sur la planète, les salles de concert ont fermé leurs portes – certaines, malheureusement, pour toujours –, incapables de survivre aux répercussions économiques de la pandémie. D’un point de vue extérieur, on aurait pu croire que la musique avait cessé d’exister.

Mais au royaume du numérique, elle allait bon train. Les artistes composaient dans leur chambre ou leur salon, leur cave ou leur appartement étriqué, faisant de la musique en retrait du feu des projecteurs tout en trouvant de nouvelles manières de transmettre leurs chansons au monde. Malgré la réticence de certains labels à promouvoir de nouveaux artistes ou de stations de radio à diffuser leurs morceaux, les musiciens continuèrent à écrire des chansons, à enregistrer des albums et à jouer pour leurs fans. Le terme « album de la pandémie » devint courant dans les critiques, créant une sorte de capsule spatio-temporelle musicale dont l’analyse sera certainement effectuée au cours des années à venir. Pour grand nombre de musiciens, les réseaux sociaux et les livestreams prirent la place des labels et des publicitaires, au fur et à mesure que les artistes se servaient de la technologie pour continuer à offrir des morceaux à leurs fans. Quel que soit leur niveau de popularité ou d’obscurité, ils se tournèrent vers Instagram, Facebook et TikTok pour faire connaître leurs nouvelles chansons, parler à leurs fans, voire même écrire en direct des titres inédits avec leur public. Il s’agissait à la fois d’un témoignage du besoin essentiel de musique, et de la capacité des artistes et des auditeurs à s’adapter à la volée pour créer de nouveaux moyens par lesquels en faire l’expérience.

Les artistes à l’avant-garde du livestreaming

Allant à contre-courant, les artistes commencèrent à faire appel à leurs relations dans la communauté musicale à plus grande échelle et ce, pour remettre la musique sur « scène », mais sans créer de risque sanitaire pour leur public. Ces concerts, diffusés via les sites Internet des artistes, les réseaux sociaux ou des plateformes dédiées (notamment StageIt), constituèrent également des sources de revenus tant pour les lieux que pour les artistes, à un moment où les rentrées d’argent étaient rares ; dans le même temps, ces prestations permirent aussi à des fans en manque de musique d’assister à un concert en direct. Quelques années auparavant, ce type d’expérience aurait été impossible – non pas faute de technologie ou de logistique, mais simplement parce que le public ne voulait pas payer pour un concert qui ne soit pas live dans tout ce que le terme implique pour les amateurs : la proximité avec les musiciens, l’immersion dans le son, les sensations d’harmonie et de lien avec d’autres fans aimant la musique autant que vous…

Toutefois, les gens ne commencèrent pas à vouloir payer pour des concerts virtuels simplement parce que ceux-ci n’existaient plus dans la vraie vie. Au lieu de cela, la nature du livestreaming évolua pour répondre à une nouvelle demande, pas seulement d’une musique en direct dans un univers numérique, mais pour satisfaire un besoin de connexion et de communauté, à une époque où la grande partie des auditeurs étaient coincés chez eux. Plutôt que d’offrir une prestation « en live » qui pouvait tout aussi bien avoir été enregistrée auparavant, les artistes mirent en place des concerts avec un retour direct de leur public.

Visionnez Switchfoot interpréter son morceau « Float » au cours d’un épisode de leur livestream The Fantastic NOT Traveling Music Show, filmé depuis une montgolfière.

Les artistes déjà connus furent en mesure de tirer parti de leur fanbase existante, programmant des concerts hebdomadaires où ils jouaient des morceaux originaux, des reprises ou des chansons demandées par le public. En général, ces prestations faisaient la part belle aux commentaires des musiciens et aux conversations avec les fans. Les membres de Switchfoot, groupe d’Alt-rock de San Diego, furent parmi les premiers à élaborer une formule efficace de livestreams payants, créant une série intitulée « The Fantastic NOT Traveling Music Show » (Les fantastiques concerts SANS tournée). Les fans pouvaient acheter un billet unique pour un livestream hebdomadaire, voire même payer un modeste abonnement mensuel leur permettant d’accéder à tous les concerts, auxquels le groupe s’efforçait d’insuffler une nouvelle vie et une nouvelle énergie lors de chaque prestation. La plateforme, explique Tim Foreman, bassiste de Switchfoot, était motivée par deux choses : continuer à rassembler les gens grâce à la musique, et soutenir l’équipe de tournée du groupe, ainsi que tous ceux impliqués à plus grande échelle quand les revenus générés par les concerts se furent évaporés.

« Pour nous, la musique a toujours représenté une marche à suivre, même quand le chemin n’est pas tracé, poursuit Tim. Je ne peux pas vous expliquer à quel point c’était émouvant de jouer notre premier livestream en juin. C’était une sensation incroyable de se produire à nouveau avec d’autres personnes. »

Dans le monde entier, le public semble ressentir la même chose. D’une expérience visuelle à sens unique, le livestreaming devint en peu de temps un dialogue au cours duquel les artistes purent communiquer directement avec leurs fans, répondre à des questions, prendre en compte les demandes pour certains morceaux et, de manière générale, nouer avec leur public des liens impossibles à créer lors de concerts « réels ». Tim déclare que bien que lui, ses comparses et le monde de la musique en général soient heureux de revenir à des concerts en salle, le livestreaming va certainement devenir un acte de création musicale et d’attraction du public à part entière.

« Je pense qu’on est tous d’accord pour dire que le livestreaming ne remplace en aucun cas les concerts normaux, admet-il. Toutefois, je suis convaincu que c’est quelque chose d’entièrement différent. Cela offre aux musiciens la possibilité de créer des liens très forts avec leur public et ouvre la voie à un monde complètement inédit d’opportunités, notamment à l’échelle internationale. Nous nous produisons en concert pour des gens sur toute la planète, dans des pays où nous ne sommes jamais allés, et je ne suis qu’à quelques kilomètres de chez moi. Nous avons rencontré des personnes souffrant de problèmes de santé qui les empêchent d’aller à des concerts, et cela leur a permis de découvrir un tout nouvel univers. J’ai tout un tas d’histoires comme ça. »

Les salles de concert vont de l’avant

L’explosion du livestreaming a contribué à faire progresser d’autres facettes de l’univers de la musique. Du côté des salles, certains lieux « en dur » ont été en mesure de passer au numérique, travaillant avec des artistes pour créer des configurations de livestreaming semi-permanentes, avec caméras et éclairages complets. Le résultat ? Un type de prestations pour lesquelles le public pouvait acheter un billet et être enthousiaste à l’idée de voir à nouveau un concert en direct – bien qu’à travers l’écran d’un ordinateur ou d’une télévision. Les grandes salles de concert du pays, comme le Red Rocks Amphitheatre (Colorado) et le Hollywood Bowl (Los Angeles) ont fait tout leur possible pour développer une programmation virtuelle à la volée, culminant en des concerts pop avec jauge, performances symphoniques et autres diffusions en direct par l’intermédiaire du livestreaming.

Les petites salles ne sont pas restées les bras croisés. La Belly Up Tavern, une salle de concert populaire de San Diego, prisée par nombre d’entre nous chez Taylor, a accueilli divers artistes sur sa scène. Les prestations, dont celles de quelques grands noms, ont été retransmises auprès d’un public virtuel, permettant ainsi à l’énergie musicale de continuer à circuler dans la ville. Y ont donc été vus The White Buffalo (musicien Taylor) et Ziggy Marley ; la légende locale Steve Poltz, interprète du célèbre « Quarantine Blues », repris sur les réseaux sociaux pendant des mois, y a célébré son cinquantième anniversaire. De partout, les salles semblent faire hommage à la citation de Thoreau, qui orna la façade du Belly Up plus tôt dans l’année : « Quand j’entends de la musique, je ne crains aucun danger. »

Ce sentiment sembla résonner chez toute la communauté des fans, en particulier sur les réseaux sociaux, où les artistes trouvèrent des moyens de contourner les segments de l’industrie traditionnelle ayant été fermés. La pandémie et ses conséquences ont éclairé le monde de la musique sous un jour différent, révélant à la fois les lacunes quant à la manière dont le secteur découvre et promeut de nouveaux artistes, mais aussi les opportunités de s’engager auprès de nouveaux types d’artistes, en particulier des jeunes musiciens ayant gagné en popularité grâce au partage de leur musique et de leurs états d’âme sur les réseaux sociaux. Au lieu de limiter la musique, la pandémie a, sous de nombreux aspects, servi de cocotte-minute pour les artistes émergents qui ont su tirer parti de cette évolution vers les salles de concert numériques.

Faire de la musique, ensemble

La philosophie DYI du livestreaming s’est implantée dans le monde entier cette année. Pour de nombreux artistes, elle a offert bien plus qu’une simple solution pour répondre au problème des salles fermées : au lieu de cela, elle a fourni un boulevard dans le secteur pour les personnes n’ayant encore rien signé avec un label.

Pour Emma McGann, compositrice pop, le bond en popularité du livestreaming sur les réseaux sociaux a représenté une revendication du travail qu’elle avait déjà effectué : elle s’est retrouvée en tête du peloton livestreaming (découvrez comment procède Emma dans notre colonne latérale « Le livestreaming comme un pro »). Pour d’autres, cela s’est traduit par la possibilité d’accéder et de retenir un public de fans et de followers engagés, chose impossible pour la vaste majorité des musiciens. Et pendant que des artistes de tous milieux, âges et genres faisaient le grand saut et commençaient à se produire en livestreaming, ce sont des artistes émergents plus jeunes qui menaient la charge sur les réseaux sociaux.

Les formes prises par ces livestreams sont aussi diverses que les musiciens qui les diffusent. Certains se conforment à une structure rappelant vaguement celle d’une scène ouverte, mettant en place des streams d’une heure ou deux sur YouTube ou Twitch, le célèbre site de streaming de jeux vidéo. D’autres se tournent vers une approche plus conversationnelle, en particulier sur des plateformes comme Instagram et TikTok. Ainsi, il est plus facile pour les streamers de prendre les commentaires du public en considération et en temps réel, et de répondre directement aux demandes ou aux questions des fans. Certains musiciens ont fait montre de leurs talents d’improvisation en répondant à la volée à des demandes de chansons ; d’autres ont créé un environnement collaboratif avec leur public, intégrant des idées de morceaux et des bouts de paroles au stream afin que ceux-ci soient travaillés et composés avec les fans. Sur Internet, les nouveaux venus et les vétérans du secteur de la musique ont sauté sur les réseaux sociaux pour booster leur carrière musicale pendant la pandémie. Certains d’entre eux connaissent une popularité qui s’étend bien au-delà de TikTok et Instagram.

@ratatousicalmusical

#RatatouilleMusical is back for an one night only encore performance to benefit @theactorsfund. Join only on TikTok live tomorrow at 8 PM ET!

♬ original sound – Ratatouille The TikTok Musical

Toutefois, depuis le début de la pandémie, la musique sur les réseaux sociaux a connu de nombreuses formes et rassemblé des personnes selon des façons que personne n’aurait envisagées un an auparavant. Dans un coin de TikTok, des millions de personnes s’amourachèrent de chanteurs et de musiciens interprétant des chants de marins, définissant une tendance sur le long terme qui contribua à lancer de nouvelles carrières dans la musique pour leurs auteurs. Partout ailleurs, les amateurs de musique collaborèrent pour créer une version entièrement virtuelle de Ratatouille, le célèbre film d’animation de Pixar… en comédie musicale. Indépendamment du produit final, les gens trouvèrent des moyens de continuer à faire de la musique, sans pouvoir répéter et enregistrer en studio. Quel que soit le réseau social que vous consultiez, vous y trouviez la preuve du pouvoir de la musique pour rassembler et inspirer les gens, en toutes circonstances.

Le livestreaming comme un pro 

Dans un monde normal, Emma McGann aurait passé l’année 2020 à voyager aux États-Unis, à faire une tournée dans le pays pour se produire en direct devant un public et à vendre du merch sur des tables serrées dans un lieu bondé. La compositrice/interprète basée au Royaume-Uni était extatique à l’idée de commencer sa tournée en avril… Un plan rapidement tombé à l’eau en raison des confinements qui immobilisèrent les États-Unis et le reste du monde en mars l’an passé.

Heureusement, Emma s’y connaît en alternatives pour créer et partager sa musique : cela fait des années qu’elle organise des concerts en livestreaming depuis sa maison du nord de Londres. Déjà en avance sur les autres quand la pandémie frappa et que les lieux de concert fermèrent, Emma était mieux préparée que quiconque, alors que quasiment l’ensemble de l’univers de la musique se tournait vers les réseaux sociaux en l’espace de quelques semaines.

Emma cultive un espace musical idéal pour ses livestreams : un studio de tournage spécial avec toile de fond tropicale et lampes fluorescentes vives, dont l’ambiance fluo est assortie avec sa chevelure hétérochromatique. La pièce possède un look extrêmement reconnaissable, définissant un élément-clé dans la recette d’un livestreaming réussi : la reconnaissance. Si vous tombez sur l’une des publications Instagram ou l’une des vidéos TikTok d’Emma, vous saurez immédiatement que vous êtes dans son univers : les lampes iridescentes et l’arrière-plan verdoyant ne font pas l’ombre d’un doute. Il s’agit juste d’une composante de l’espace musicalement idyllique qu’elle a créé, également équipé de caméras, de matériel d’enregistrement, de son poste de travail audio numérique (digital audio workstation, DAW) et d’une guitare quelconque (en général, une Taylor) qu’elle a choisie pour la prestation.

Comme beaucoup d’artistes s’essayent au livestreaming sur les réseaux sociaux, nous avons demandé à Emma de rédiger un guide pour les débutants et de nous indiquer les paramètres essentiels pour jouer de la musique, filmer une vidéo et interagir avec les fans en mode virtuel. Visionnez la vidéo et découvrez comment une pro expérimentée a créé son écosystème musical parfait.

La contribution de Taylor à l’ère de la pandémie

Pour nous, chez Taylor, la volonté de continuer à faire de la musique est due à notre héritage en tant que luthiers, à nos relations avec la communauté musicale au sens plus large, et au simple espoir de voir que nos actions dans le monde de la musique pouvaient aider – même de manière infime – les gens à traverser des moments difficiles. Ainsi, alors que nous allions autant que possible de l’avant en réalisant ce que nous faisons le mieux, nous prenions également contact avec notre famille d’artistes, téléphonions à nos amis créateurs de contenu et, pour finir, enregistrions de la musique. Un morceau original en résultat : écrit par Keith Goodwin et enregistré par Gabriel O’Brien, il s’intitule « I Know What Love Is (Because of You) ».

Au départ écrit par Keith pour rendre hommage à feue sa grand-mère, décédée pendant la crise de la COVID, le leader de Good Old War s’associa avec Jay Parkin de Taylor pour transformer le squelette de cette chanson en un single entièrement arrangé. Après avoir peaufiné la chanson et enregistré plusieurs pistes, le duo voulut en faire encore plus.

Une fois la chanson achevée, Keith et Jay contactèrent des artistes dans le monde entier (musiciens Taylor, chanteurs, compositeurs et ingénieurs du son) et recherchèrent des personnes prêtes à contribuer au morceau. Certaines ajoutèrent de nouvelles parties de guitares, de clavier ou de basse ; d’autres prêtèrent leur voix aux couplets ou aux chœurs. Au final, plus de 50 artistes participèrent au projet, notamment Zac Brown, KT Tunstall, Jason Mraz et de nombreux autres, envoyant des centaines de pistes qui furent retravaillées par Gabriel O’Brien, ingénieur du son, fréquent collaborateur Taylor et génie de l’enregistrement aux multiples talents. Après un effort héroïque de la part de Gabriel, la chanson était née : la voici sous forme de single, avec la vidéo qui l’accompagne.

Plus de 50 artistes du monde entier ont apporté leur contribution à « I Know What Love Is », qui continue à générer des dons pour la fondation MusiCares.

Au moment de la publication de cet article, « I Know What Love Is » a été visionnée plus d’un million de fois sur Spotify, ainsi que des centaines de milliers d’autres fois sur d’autres services. Elle a également été diffusée par des stations de radio aux États-Unis, et des revues comme American Songwriter et autres en ont parlé.

La chanson a récolté des milliers de dollars pour MusiCares, un organisme rattaché à la GRAMMY Foundation ; il offre un soutien essentiel aux personnes et aux familles dont les sources de revenus dépendent du secteur de la musique. MusiCares a été une ressource cruciale pour les professionnels de l’industrie de la musique, en particulier ceux dont le travail en coulisses dans les salles de concert, les bus de tournée et les studios d’enregistrement rendent possibles la création et la prestation musicales. La mission de l’organisme est vaste : elle concerne les besoins basiques tout comme l’assistance au loyer, en passant par les soins de santé mentale et l’apport de conseils quant à la dépendance aux drogues. C’est pour cette raison que Keith Goodwin avait autant à cœur l’écriture de cette chanson, et qu’il tenait à ce le public en prenne connaissance, dit-il : MusiCares a eu un impact important pour lui et ses proches.

Visionnez Keith Goodwin jouer une version épurée de « I Know What Love Is ».

« MusiCares a plus ou moins sauvé la vie de certains de mes meilleurs amis dans le monde entier en les aidant à aller en cure de désintoxication, explique-t-il. Je veux aider MusiCares dès que je le peux ».

Pour les autres personnes impliquées dans le projet, comme le producteur superstar Will Yip, l’idée de rassembler la communauté de compositeurs à plus grande échelle signifiait également faire survivre la musique pendant une période difficile.

« Ces artistes, ces équipes, ces ingénieurs… Ils ont besoin d’aide, déclare Will, car le monde a besoin d’eux. Le monde a besoin de leur art. Je suis extrêmement reconnaissant qu’un tel système existe. »

Al Bettis et son groupe jouent « I Know What Love Is ».

Nous avons récemment été en mesure d’organiser des rencontres avec Keith Goodwin et quelques autres artistes impliqués dans la création de ce morceau. Ils nous ont fait part d’interprétations épurées de « I Know What Love Is ». Que ces performances solo d’une chanson impliquant à l’origine tant d’artistes différents puissent conserver, voire renforcer, le message puissant et émouvant du morceau témoigne des talents de compositeur de Keith et du pouvoir de la musique pour nous connecter émotionnellement au monde au sens large.

Personne ne peut nier l’impact de la pandémie sur le secteur mondial de la musique et, pour de nombreuses personnes, l’an passé a été consacré à essuyer la tempête, et rien d’autre. Cependant, des circonstances étranges ont parfois des issues imprévisibles, et la musique a trouvé une manière de tenir le coup, mais également de prendre de l’ampleur. De l’explosion du livestreaming à l’évolution musicale rapide ayant eu lieu sur les réseaux sociaux, en passant par la solidarité encourageante observée au sein du secteur, la musique trouve toujours son chemin.

Liste de lecture Wood&Steel / Juin 2021

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Du R&B entraînant de Judith Hill au rock indie de Manchester Orchestra, découvrez notre sélection de morceaux inédits ou récents composés par les artistes de la famille Taylor.

L’arrivée de l’été (ou de l’hiver pour nos amis de l’hémisphère Sud) nous a donné l’excuse parfaite pour vous concocter une toute nouvelle liste de lecture sur Spotify, qui fait la part belle aux artistes Taylor, tous horizons confondus. Avec un peu de chance, notre dernière sélection vous permettra de découvrir des musiciens auxquels vous consacrerez à l’avenir une oreille plus attentive.

Wood&Steel, Juin 2021

Où que vous soyez, quels que soient vos plans ces prochains mois, nous espérons que vous trouverez un moment pour vous détendre, jouer de la guitare, retrouver des amis que vous n’avez probablement pas vus depuis bien trop longtemps, et écouter d’excellents morceaux.

shawn persinger playing taylor acoustic guitar

De meilleures pratiques

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Avec le nombre croissant de personnes s’étant mises à la guitare ces derniers mois, il est important de savoir comment pratiquer. Il importe également de prendre du plaisir à jouer.

Quiconque en lien avec l’univers de la guitare – fabricant, revendeur, client, artiste, journaliste, etc. – vous dira que cette époque de COVID aura été inédite pour tout le monde. Il y a de cela quelques années, la plupart des grands noms des médias (The Washington Post, Billboard, Fortune, etc.) se lamentaient sur le déclin de la guitare. Et puis d’un coup, à l’été 2020, il y eut une telle demande pour des guitares que les fabricants ne parvenaient pas à tenir le rythme, les boutiques étaient en rupture et les musiciens recherchaient de tout, qu’il s’agisse de guitares Stratocaster ou de cordes. En réalité, il semble que lorsque les choses se gâtent, les gens se tournent vers les guitares !

Cela m’amène au sujet de la pratique. En tant qu’enseignant, la doléance/l’excuse/le raisonnement que j’entends généralement le plus pour justifier la lenteur de progression de mes élèves (leur point de vue, pas le mien), c’est le manque de temps pour pratiquer. Ainsi, au vu des circonstances récentes, de nombreux musiciens découvrent si c’est réellement le manque de temps qui les empêche de progresser, ou une mauvaise utilisation de ce temps.

Cependant, à l’heure actuelle, les progrès ne sont peut-être plus aussi importants. Qu’en est-il du plaisir ? Avoir davantage de temps pour jouer importe tout autant qu’avoir du temps pour pratiquer. J’espère que vous parvenez à trouver le juste équilibre. C’est ce que cet article aborde : la prise de conscience de l’importance de la musique dans nos vies, et la contribution à la création d’un environnement musical dans lequel vous pouvez pratiquer, apprendre, progresser, composer, partager et vous faire plaisir – que vous soyez novice ou guitariste chevronné(e).

Jouez quelque chose que vous aimez

Jouez, tout simplement. Saisissez votre instrument et faites-vous plaisir. Jouez ce morceau que vous avez gratté des milliers de fois, comme si c’était la toute première. Vous vous en souvenez ? C’était un sentiment tellement chouette !

En ce qui me concerne, deux moments cruciaux de ma carrière guitaristique sont gravés en moi. Le premier, c’est quand j’ai appris à jouer la rythmique de « Rock You Like a Hurricane » de Scorpions. C’était hallucinant ! Ça sonnait presque comme un véritable morceau quand je le jouais ! Ça battait à plate couture les accords de Sol et de Do en première position des livres d’apprentissage de la guitare ! Encore aujourd’hui, si je veux rajeunir mon jeu, il me suffit de gratter les accords de puissance malicieusement syncopés de l’intro du morceau… Et me voilà redevenu un guitariste débutant de 13 ans, désireux de jouer, de pratiquer et d’apprendre encore et encore.

Le deuxième événement qui m’ait marqué, et qui me rappelle mon désir zélé de m’améliorer, est survenu quelques années plus tard, alors que mon jeu s’était sensiblement amélioré. Cette expérience extraordinaire eut lieu un après-midi, alors que je m’appliquais à déchiffrer en fingerpicking le morceau de J.S. Bach, « Jésus, que ma joie demeure » avec un plaisir non dissimulé. Aujourd’hui, quand je rejoue ce morceau, je suis envahi par deux sensations réminiscentes : tout d’abord, la joie d’être en capacité de jouer – même mal – une composition aussi monumentale ; et enfin, la prise de conscience connexe que ma petite copine de l’époque allait être épatée. (Je ne suis pas sûr que tel ait été le cas, mais les faux espoirs ont parfois leurs avantages.)

Ainsi, nous reconnaissons que jouer de la guitare va au-delà des simples perceptions sonores immédiates. Cela résonne au-delà du temps, tant sur le plan émotionnel que physique ou spirituel. Les morceaux que vous aimez, que vous apprenez alors à jouer, auront un impact durable sur vous ; prenez donc conscience de ces moments d’euphorie, et savourez-les. Bien qu’ils puissent ne pas se matérialiser aussi souvent que vous le souhaiteriez, c’est l’une des qualités qui les distinguent des autres.

Prenez le temps

Bien évidemment, la raison pour laquelle j’étais en mesure de jouer du Bach à peu près passablement était ma pratique de l’instrument depuis plusieurs années (même si la motivation de pouvoir frimer devant l’être aimé ne peut pas être entièrement évincée). Bon, ça… et le fait que j’aie la tablature. C’est ainsi que la routine jouer, pratiquer, jouer, pratiquer, jouer, pratiquer (ou pratiquer, jouer, etc.) est devenue un élément essentiel de mon existence. C’est encore le cas aujourd’hui. Cela est sans doute vrai pour nombre d’entre vous. Néanmoins, même avec du temps et de la motivation, de nombreux guitaristes ont du mal avec la pratique : quoi faire, et comment faire ? Bien qu’il existe pléthore de réponses à ces questions, un mot d’ordre spécifique devrait aider n’importe quel(le) musicien(ne) à améliorer efficacement sa pratique : ralentir !

Dans cette vidéo, Shawn vous montre sa technique pour pratiquer avec un métronome.

Je ne saurais vous dire combien de fois des élèves, tous niveaux confondus, m’ont fait l’aveu suivant : « Ça fait des années que je joue ce morceau, mais je m’emmêle toujours les pinceaux sur cette partie ». Et ces écueils concernent toutes les subtilités de la guitare, qu’il s’agisse d’un phrasé complexe en fingerstyle à un riff rapide en jeu alterné au médiator, ou encore à un écart apparemment impossible sur sept frettes, en passant par un accord de Si mineur mal réalisé…

J’ai découvert que le fait de jouer plus lentement, tout simplement, faisait des miracles sur ces difficultés visiblement insurmontables. Mais vous devez jouer incroyablement lentement, bien plus lentement que ce qui est naturellement agréable à vos oreilles. Si le tempo du morceau est de 120 bpm (cela signifie que le métronome est défini sur 120, avec une noire à chaque clic), alors vous devrez pratiquer aussi lentement que 30 bpm, soit quatre fois moins vite que la vitesse de jeu normale. Ça va être insoutenable ! En réalité, 30 bpm au métronome vous semblera tellement impossible que je vous suggère de le régler sur 60 bpm, et de jouer une noire tous les deux clics (c’est la même chose qu’une noire à 30 bpm, mais cela vous semblera plus rapide en raison des clics plus fréquents). Les musiciens découvrent souvent que ce n’est pas l’ensemble de notes qui est complexe à jouer, mais le fait de les égrener sur le tempo. Cependant, de nombreux guitaristes sont réticents lorsqu’il s’agit de ralentir certaines parties : ils s’imaginent qu’ils sont obligés de pratiquer tel ou tel morceau tout du long sur le même tempo. Non. Les virtuoses ne s’entraînent pas comme ça. Le tempo de jeu doit être régulier, mais les tempos de pratique varient. Chaque phrasé individuel nécessite son propre tempo de pratique.

Dès lors que vous pourrez jouer à 30 bpm ces parties qui vous mettaient auparavant en défaut, vous vous rendrez compte que vous pourrez véritablement jouer ce morceau ! Ensuite, il vous suffit d’accélérer le rythme…. Deux clics de métronome par deux clics de métronome à la fois. Vous avez bien lu : de 30 bpm à 32 bpm… Ça va être pénible, mais vous obtiendrez des résultats ! Poursuivez cette démarche – qui peut vous prendre des mois, avec une progression de deux à quatre clics de métronome par jour (cela peut paraître interminable, mais je connais des musiciens qui ont pratiqué négligemment de telles parties pendant des années, et qui ne sont jamais parvenu à les jouer) – jusqu’à ce que vous trouviez le tempo de jeu qui vous convient.

Mais il y a un hic : il est possible que vous n’atteigniez jamais le tempo de jeu original. C’est ainsi… Certains musiciens sont tout simplement plus rapides que d’autres, de la même manière que quelques athlètes sont plus véloces, plus grands, plus forts, etc. Néanmoins, cela ne veut en aucun cas dire « meilleurs ». Pour résumer : trouvez votre propre tempo de jeu, et insufflez davantage de vous-même dans le morceau. Souvenez-vous que vous possédez un son, une tonalité, un phrasé, une attaque, une texture, etc. qui vous caractérisent. Si vous mettez en valeur ces qualités, je vous promets que personne ne viendra se plaindre du tempo. 

Quitte à mettre tout le monde dans le même panier : lorsque de nouvelles techniques ou chansons commencent à venir naturellement chez des musiciens de longue date (même après des années de dur labeur contre nature), ces mêmes musiciens ont tendance à ne plus avoir de patience lorsqu’il s’agit de jouer plus lentement des parties pénibles inédites (et les anciennes, encore moins), préférant à la place se plaindre et dire que ces notes inconnues sont trop complexes. Par conséquent, ils ne progressent pas au-delà d’un certain seuil. Ainsi, nous pouvons constater que ce ne sont pas seulement les compétences qui donnent naissance à un meilleur musicien, mais que la patience entre également en jeu. Les novices doivent prêter attention à cette leçon et transformer en habitude une pratique délibérément lente dès le début de leur parcours guitaristique.

Filmez-vous (mais ne publiez pas la vidéo !)

Un conseil inestimable que je donne à mes élèves, c’est celui de jouer autant que possible avec d’autres musiciens. Pour une multitude de raisons, faire un bœuf avec un autre instrumentiste peut améliorer spectaculairement votre jeu. Malheureusement, à cette époque où la distanciation sociale prédomine, les musiciens ont encore moins d’opportunités qu’avant de se rencontrer. Je vous propose donc un substitut qui, s’il n’est pas équivalent, peut constituer une aide précieuse (que vous pourrez conserver post-COVID).

Shawn vous explique comment l’enregistrement vidéo de vos sessions de pratique peut vous aider à progresser.

Commencez à filmer vos sessions de pratique habituelle et visionnez-les immédiatement ! Scrutez-les. Lorsque vous vous regardez, étudiez ce qui marche et ce qui ne marche pas. Si cela marche, ne changez rien, même si votre technique vous semble bancale. Tant que cela sonne bien, c’est que c’est bien. Je n’adhère pas au dogme selon lequel il n’existe qu’une seule technique parfaite, ou qu’un seul style de jeu sans défaut. Si cela fonctionne pour vous (ou pour Hendrix avec son pouce sur le manche, ou Jeff Healey  avec sa guitare à plat, ou Django avec ses trois doigts), c’est ce qui importe. Les seules fois où je suggère à un élève de modifier sa technique, c’est quand cela lui provoque des douleurs ou qu’il ne progresse pas.

Avec un peu de chance, dans votre vidéo, vous verrez et entendrez tout de suite si cela fonctionne ou non. Si ce n’est pas le cas, essayez des alternatives. Consacrez un peu de votre temps à chercher des variantes sur Internet. (Bien qu’il existe d’innombrables cours en vidéo, de qualités variables, je me suis rendu compte que l’excellence finissait toujours par remonter en tête des résultats : étudiez donc les cours les plus populaires en premier.) Intégrez ces recherches à votre pratique habituelle. Dix à vingt minutes de recherches pour des cours qui vous conviennent parfaitement peuvent valoir une vie de plaisir musical ! Incorporez ensuite les fruits de votre travail à votre jeu, et filmez-vous à nouveau. Je suis sérieux : efforcez-vous de filmer et de regarder toutes vos sessions de pratique habituelle pendant une semaine ou un mois, et voyez si vous progressez. Socrate a déclaré « Une vie sans examen ne vaut pas la peine d’être vécue ». En ce qui me concerne, je déclinerais la citation en disant « Une prestation sans examen ne vaut pas la peine d’être entendue ». 

Comprenons-nous bien : vous vous servez de la vidéo pour vous aider à atteindre votre but, pas pour le documenter. Ne publiez pas ces vidéos de pratique en ligne ; elles ne sont destinées qu’à vos yeux et vos oreilles.

Un dernier mot

Je dois vous prévenir : même si vous mettez en œuvre les suggestions que je vous propose ci-dessus, votre parcours guitaristique ne sera probablement pas toujours un long fleuve tranquille. Il faut s’y attendre. Les performances et l’étude de la musique sont une quête sans fin. Vous aurez de bons jours et de mauvais jours ; sans aucun doute davantage de mauvais jours que de bons, si vous cherchez en permanence à progresser. Cependant, de manière ironique, un mauvais jour sur lequel vous avez pris le dessus peut se révéler plus gratifiant qu’une bonne journée sous-estimée. Comme je vous l’ai déclaré dès le départ, j’espère que vous trouverez le juste équilibre entre le plaisir de jouer et le travail de progression en ces temps difficiles. L’histoire contemplera cette période avec un regard pluridimensionnel, et il ne fait aucun doute que la musique et les arts auront joué un grand rôle en allégeant notre fardeau. Heureusement, dès que les beaux jours reviendront, la musique sera toujours présente.

  • 2021 Édition 1 /
  • Cours de guitare : sonorités, posture et utilisation d’un capodastre

Cours de guitare : sonorités, posture et utilisation d’un capodastre

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Dans cette vidéo, Nicholas Veinoglou, guitariste et directeur musical, vous montre quelques astuces simples pouvant vous aider à enrichir la palette sonore de votre guitare et à peaufiner votre technique de jeu.

Par Nicholas Veinoglou

Que vous soyez guitariste chevronné ou débutant faisant vos premiers pas dans l’univers de la musique, bien comprendre certains principes fondamentaux de la guitare acoustique peut confirmer l’efficacité de vos sessions de pratique, tout en vous aidant à étendre les capacités sonores de votre guitare et à améliorer votre jeu. Faites bon usage de ces cours rapides animés par Nicholas Veinoglou, guitariste Taylor de longue date et extraordinaire professeur de guitare.

Posture de jeu

La manière dont vous tenez votre guitare peut avoir un effet conséquent sur votre technique. Suivez les conseils de Nicholas pour corriger votre posture, trouver une position confortable et la garder, et laisser votre corps œuvrer de concert avec la guitare.


Astuces sonores

Malgré son design traditionnel, la guitare acoustique peut délivrer une vaste gamme de couleurs musicales, selon la manière dont vous en jouez. Dans cette vidéo, Nicholas vous montre quelques techniques simples pour tirer de nouvelles sonorités de votre guitare.


Utilisation d’un capodastre

Un capodastre est un outil indispensable dans l’arsenal du guitariste : il vous permet de changer la tonalité naturelle de votre guitare acoustique sans avoir à la réaccorder. Ainsi, vous pouvez jouer et chanter dans un registre qui vous convient. Dans cette vidéo, Nicholas vous montre comment et quand recourir au capo avec votre guitare acoustique.

Un rêve récurrent

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Au départ conçue pendant la pandémie en tant qu’édition limitée, notre Série American Dream s’est forgée une place permanente au sein de la gamme Taylor.

On peut dire sans hésiter qu’un grand nombre d’entre nous désiraient de tout cœur tourner la page sur l’année qu’a été 2020, même si cette nouvelle année calendaire ne constitue qu’une réinitialisation purement symbolique. Les bouleversements constants des mois écoulés ont mis à l’épreuve la détermination d’une multitude de gens, et nous ont tous obligés à nous adapter à la volée à cette nouvelle réalité.

Chez Taylor, nous avons particulièrement de la peine pour la communauté des musiciens et des autres membres du secteur de la musique, dont les moyens de subsistance ont été touchés, ainsi que pour celle des fans qui n’ont pas pu profiter ensemble du plaisir partagé qu’offrent les concerts.

Pourtant, cela nous a rappelé le rôle essentiel que la musique joue en nous aidant à traverser des moments difficiles ; nous trouverons toujours des moyens de composer des morceaux et de les faire connaître. Malgré l’annulation des concerts, les artistes ont consacré du temps à écrire et à enregistrer de la musique chez eux. Ils ont collaboré à distance avec les membres de leur groupe et ont trouvé de nouvelles manières de s’impliquer auprès des fans via des plateformes de streaming vidéo. Dans le même temps, beaucoup d’entre nous ont découvert (ou redécouvert) la joie, le confort et la libération cathartique de saisir un instrument et de faire de la musique nous-mêmes, chez nous, et dans certains cas avec des membres de notre famille.

Ici, chez Taylor, nous avions d’autres défis auxquels faire face en tant qu’entreprise : en effet, nous avons dû interrompre la production de nos guitares en mars de l’année passée. Nous savions que fabriquer des instruments nous permettrait d’aller de l’avant. Mais l’époque avait changé, et nous savions que nous devions réagir en créant des modèles qui seraient adaptés au moment présent.

C’est dans ces circonstances qu’est née notre Série American Dream, conçue par Bob Taylor et Andy Powers, notre maître-luthier. La gamme tire son nom de la boutique où Bob et Kurt Listug, co-fondateur de la marque, se sont rencontrés et ont lancé leur propre entreprise de guitares. Le nom American Dream était bien plus qu’une référence historique ou qu’une appellation marketing. Il affirmait de manière pertinente la mentalité résiliente de Taylor et sa capacité à résoudre les problèmes, qui sont à présent inhérentes à notre culture.

Josh Krajcik, compositeur-interprète originaire de l’Ohio, joue son morceau original « Close Your Eyes » sur son AD17e Blacktop American Dream Taylor.

Étant donné le contexte unique entourant nos opérations pendant la pandémie, l’élaboration et le lancement des guitares American Dream a nécessité une synergie créative qui ne ressemblait en rien à ce que nous avions pu connaître au cours de nos quelque cinq décennies de lutherie. Tout s’est également déroulé avec des délais très serrés, remarque Monte Montefusco, VP des ventes chez Taylor, qui s’est retrouvé dans le feu de l’action.

« La vitesse à laquelle ce projet a été monté n’avait rien à voir avec ce que nous avions connu auparavant », déclare Monte. « Nous savions qu’il nous fallait agir vite, mais nous n’avions aucune idée de la rapidité à laquelle nous pourrions intervenir, compte tenu des circonstances. Il a fallu des efforts collectifs incroyables pour réussir aussi bien au cours de cette période sans précédent. »

Le design de la Série American Dream répondait à un principe de sobriété : « tout ce dont vous avez besoin, rien de superflu ». La gamme a été dotée de caractéristiques épurées, distillées selon une association idéale entre performances de qualité professionnelle, utilité et prix abordable. Nous savions que nous voulions que ces guitares soient en bois massif et qu’elles soient fabriquées dans notre usine d’El Cajon, en Californie. Nous devions travailler avec le stock de bois que nous avions en notre possession, et limiter le temps de réglage supplémentaire des outils potentiellement nécessaire pour faire entrer les guitares en production. Nous voulions également faire en sorte que ces guitares soient plus abordables que n’importe quel instrument en bois massif et de fabrication américaine que nous proposions à l’époque.

man playing Taylor American Dream AD17e Blacktop acoustic guitar with microphone

Nous avons lancé la série en juin, avec un trio polyvalent de modèles Grand Pacific : deux d’entre eux disposent d’un dos et d’éclisses en ovangkol et d’une table en épicéa (l’un en coloris naturel, l’autre en blacktop), et le troisième reçoit un dos et des éclisses en sapelli, et une table en acajou. Au cours des mois qui ont suivi, les revendeurs, artistes, critiques et musiciens amateurs ont pu tenir ces guitares et se forger une opinion.

Bien que chaque guitariste puisse faire part d’une expérience spécifique avec cet instrument, les avis ont été unanimes : ces modèles sont d’excellente facture et impressionnent les musiciens grâce à leurs sonorités chaleureuses, leur jouabilité et leur accessibilité.

L’American Dream passée au crible : extraits

Pour les modèles AD17 ovangkol/épicéa et AD17 Blacktop, des critiques comme Andy McDonough, d’American Songwriter, ont encensé la puissance et la réaction véloce de la guitare.

« L’AD17 délivre un son ample, des tonalités riches et une définition agréable ; elle se joue sans effort », écrit-il, « mais elle est toutefois très réactive au niveau des aigus et présente une bonne articulation pour un jeu en picking ou en fingerstyle. Les graves chaleureux emplissent la pièce de notes résonnantes… Cette guitare possède d’excellentes caractéristiques en matière de volume et de dynamique, ainsi qu’un long et superbe sustain. »

La Série American Dream doit une grande partie de sa résonnance supérieure et de son exceptionnelle sensibilité au barrage V-Class, une structure destinée à améliorer le son, qui donne à l’instrument une puissance considérable et permet aux notes de s’épanouir plus longtemps avant de s’atténuer. Le résultat, constate Michael Watts du site Guitar.com dans sa rubrique Big Review, est un son doté d’une complexité époustouflante et d’une impressionnante texture sonore.

« On entend un superbe chatoiement sec dans les aigus et un sustain spectaculaire en grande partie grâce à la présence du barrage V-Class ».

Michael Watts, Guitar.com

D’autres critiques ont réagi au look boisé et sobre des guitares, ainsi qu’à leur son. Ces modèles doivent en partie leur caractère naturel à la finition matte ultra-mince de 0,05 mm, qui préserve la texture poreuse originale des essences de bois, et en partie à leurs bords sans filet et leurs détails spartiates. Dans leur découverte de la Série American Dream réalisée dans le cadre de leurs vidéos Tone-Lounge Sessions, les critiques Neville Marten et Richard Barrett sont revenus sur la sensibilité esthétique qui relie les critères visuels de ces guitares à leurs capacités musicales.

« Grâce à leurs contours chanfreinés, on a l’impression que ces guitares sont vraiment organiques », commente Neville. « Leur son aussi est organique… C’est un son très précis, avec des mediums riches, à la voix parfaite pour une prise micro. Il ne sonne pas “artificiel”. »

Ce caractère sonore est directement lié à la manière dont Andy Powers a conçu la forme Grand Pacific, qui offre à chacun des modèles American Dream l’attrait visuel traditionnel d’un style de dreadnought à épaules rondes. Les critiques continuent à louer les sonorités matures de la Grand Pacific, notamment Teja Gerken, de Peghead Nation. Il est revenu sur la façon dont le profil musical de l’AD27e à table acajou confirmait le son vintage tout en gardant un certain équilibre, rendant ainsi l’instrument attrayant aux oreilles des musiciens, tous genres confondus.

woman playing Taylor AD27 acoustic guitar on bench

« L’AD27e possède une excellente “rondeur” sonore globale, avec des sonorités chaleureuses agréables dans les graves et la plage dynamique légèrement compressée pour lesquelles les guitares à table en bois dur sont connues », indique Teja. « Ces qualités font de ce modèle un excellent compagnon pour un jeu en accords, mais il présente aussi un équilibre sympa pour le jeu en fingerstyle. Le corps relativement conséquent de l’instrument produit un volume respectable, et je n’hésiterais pas à le recommander aux musiciens qui recherchent une guitare couvrant plusieurs styles. »

Teja décrit également comment le micro et le préampli Expression System 2 en option transmettent le son rond et chaleureux de l’instrument lorsqu’il est branché sur un ampli.

« Quand je me suis branché sur un Fishman Loudbox Mini, cette impression a persisté : l’AD27e offre le caractère Taylor dans son intégralité », confirme-t-il. « En réalité, dans un contexte amplifié, il peut être difficile d’entendre une différence entre l’American Dream et les Taylor plus haut de gamme, qui recourent au même ensemble de micro et d’électronique. »

Fidèles au style Taylor, la jouabilité et les sensations sont aussi essentielles à l’expérience American Dream que la qualité acoustique. Avec ses bords chanfreinés remplaçant le filet traditionnel, chaque guitare American Dream est une invitation au jeu, que vous soyez un guitariste en herbe ou un musicien professionnel. Dans sa critique détaillée de la série pour Guitar Player, Art Thompson a démontré comment chaque élément de ces guitares avait été conçu pour proposer une expérience de jeu enrichissante.

« Le manche profilé en C offre d’excellentes sensations, grâce à sa profondeur moyenne et sa largeur de 4,45 cm au sillet », dit-il. « Il est facile de naviguer entre les cordes grâce à l’espacement dont elles bénéficient, que vous jouiez un solo ou égreniez des accords complexes. Le réglage en usine était bien fait lorsque j’ai reçu la guitare : l’action des cordes était basse, les cordes ne frisaient pas et l’intonation était super stable sur toute la longueur du manche. »

Art a également loué les sensations intimistes de ces instruments, sources d’inspiration.

« La manière dont cette guitare poids plume transfère les vibrations des cordes sur le corps et le manche est irréelle. », écrit Art. « Ça résonne, c’est dynamique, et la réactivité de la touche est quelque chose que les guitaristes en fingerstyle vont apprécier. »

woman playing Taylor American Dream acoustic guitar at open mic show

Chris Gill, de Guitar World, a passé l’AD17e Blacktop au crible. Il en a aimé la prise en main.

« La jouabilité est tout simplement superbe, le manche offre des sensations fluides, sans heurts, à la hauteur de l’appellation « dream » (rêve, en anglais) du nom de la série », poursuit-il.

Chris s’est également penché sur le caractère sonore distinct des autres dreadnoughts traditionnelles.

« Conformément à ses grandes dimensions de style dreadnought, l’AD17 délivre une projection puissante en termes de volume mais, à la différence des mediums généralement arrondis d’une dreadnought, les siens sont boostés de manière impressionnante : ils contribuent à une voix riche, douce, bien équilibrée, idéale pour un jeu en fingerstyle tout comme pour un jeu rythmique énergique », conclut-il. Au final, Chris a récompensé la guitare du Prix de la performance du magazine.

Réactions des artistes

Nous étions bien évidemment impatients de placer notre Série American Dream entre les mains des artistes. Témoignage de l’immense attrait de la philosophie de Taylor en termes de design, notre répertoire d’artistes regroupe des compositeurs, des producteurs, des ingénieurs et des interprètes en tous genres, qu’il s’agisse de vétérans du secteur ou d’artistes émergents peaufinant leurs compétences musicales et leur style.

Cat Burns, compositrice/interprète anglaise, a aimé le côté abordable de la Série American Dream pour une musicienne comme elle, ayant développé une voix musicale distincte et commençant tout juste à chercher à intégrer des sonorités acoustiques à ses morceaux. Après avoir regardé Cat jouer sur son AD17 Blacktop dans son fil Instagram, nous l’avons contactée pour connaître son avis sur la guitare.

« J’adore l’American Dream », s’est-elle enthousiasmée. « Je suis en train d’apprendre les tenants et les aboutissants de la guitare, et c’est le meilleur modèle que je puisse avoir. Elle est tellement facile à jouer, et les sensations qu’elle offre sont fantastiques. »

Matt Beckley, qui a écrit, produit et enregistré des morceaux avec des artistes tels que Switchfoot, Justin Bieber, Camila Cabello, Avril Lavigne et Jewel (pour ne citer qu’eux), nous a donné le point de vue unique d’un musicien qui entend souvent ce qui se passe de l’autre côté de la table de mixage. Entre autres, Matt a apprécié l’esthétique de l’AD17 Blacktop.

« Au départ, je l’ai choisie parce qu’elle était noire », explique Matt. « Je l’ai gardée car je possède huit acoustiques, et que ce modèle est rapidement devenu mon préféré lorsqu’il s’agit de jouer et d’enregistrer. Il délivre un son classique de guitare à épaules tombantes, mais avec la cohérence légendaire de Taylor. C’est un rapport gagnant-gagnant total. De plus, la guitare est noire.

« J’aime tout ce qui la concerne », ajoute Matt.

Elle sonne bien. Elle se joue bien. Elle ne détonne pas : elle possède tout ce dont vous avez besoin, et rien de superflu. Dès la prise en main, on dirait qu’on retrouve un vieux copain.

Matt Beckley

Sur l’ensemble du panel, les musiciens et les critiques ont fait écho à la réaction de Matt, réagissant sur l’attrait sobre, simple et direct associé au design épuré et à la musicalité naturelle de la Série American Dream.

Avec la Série American Dream, nous visions par-dessus tout à répondre aux besoins des guitaristes de tous les jours et ce, avec une nouvelle gamme d’instruments qui pourraient alimenter leur créativité à une époque où nous avons plus que jamais besoin de musique. Nous espérons que les guitaristes du monde entier pourront profiter de la Série American Dream et se reposer sur la musique pour panser leur âme et rester solidaires.

Vous trouverez nos guitares American Dream chez vos revendeurs Taylor agréés du monde entier. Pour des informations complémentaires, notamment des vidéos de démonstration et bien plus encore, rendez-vous sur le site taylorguitars.com.

Un artiste sous le feu des projecteurs : FINNEAS

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FINNEAS, artiste-producteur récompensé aux Grammy Awards, nous confie pour quelle raison les guitares acoustiques ne mentent pas et pourquoi sa GT est un vecteur de création pour ses morceaux

Même si elle a obligé la majeure partie d’entre nous à s’isoler socialement et séparé les esprits créatifs de leurs sources typiques d’inspiration (et de revenus), la pandémie de coronavirus n’est pas parvenue à asservir l’esprit du secteur de la musique. Parmi ceux qui entretiennent la flamme, citons FINNEAS, un compositeur-interprète prolifique. Également producteur et multi-instrumentiste, cet artiste émergent se fait une place en tant que force puissante du monde de la musique pop… En travaillant principalement depuis sa chambre.

Après une courte carrière d’acteur dans la célèbre série Glee, FINNEAS s’est tout d’abord trouvé sous le feu des projecteurs grâce à son travail aux côtés de sa sœur, Billie Eilish. Cela fait quelques années que la pop sombre mais captivante de ce duo fraternel occupe la tête des classements et qu’elle crée une bande-son à laquelle s’identifie ce monde, affrontant de plein fouet une incertitude croissante. Du haut de son grand âge (23 ans), FINNEAS a déjà cinq Grammy à son actif, (notamment le prix du Producteur de l’année, Hors classique, en 2020). Apparaissant comme un artiste sûr de lui, il a récolté plus de 640 millions de vues sur les principales plateformes vidéo et vient de gagner trois chances supplémentaires de récolter un Grammy en 2021.

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Cliquez ici pour écouter le tube de FINNEAS, « Break My Heart Again ».

Écouter sa musique revient à faire le tour d’une exposition hi-fi de techniques musicales modernes : vous y découvrirez des morceaux en fingerpicking à la guitare acoustique noyée sous une fuzz, des mélodies au piano accompagnées de sa douce voix de crooner, ou encore des rythmes dansants et sautillants soutenus par des lignes de basses puissantes et des percussions retentissantes. C’est un style animé, texturé, qui marie des sons acoustiques à une techno électrique et une bonne dose de soul R&B. Il reflète l’esprit d’une personne aventureuse, qui peut à la fois élever le travail d’un autre artiste tout en formulant de puissantes potions sonores dont elle seule a le secret.

Ayant perfectionné ses compétences et ses sonorités sur la plupart des instruments qu’il avait sous la main chez lui, FINNEAS a élaboré une méthodologie de travail rapide, improvisée, qui exige à la fois des performances et de l’accessibilité de la part de ses instruments, en particulier de ses guitares. Lorsqu’une idée germe dans son esprit, c’est l’instrument qui se trouvera à sa portée, quel qu’il soit, qui lui permettra de la traduire en un morceau ; une excentricité créative qui transparaît dans sa musique changeante. Pour mériter sa place en studio, un instrument doit être suffisamment résilient pour tenir le rythme de son programme chargé, tout en étant capable de s’adapter à des motifs spontanés de création et en démontrant un caractère musical suscitant l’inspiration.

Taylor a récemment fabriqué pour FINNEAS un modèle custom de Grand Pacific entièrement blanc, destiné aux concerts et au travail en studio. Alors que nous préparions le lancement de nouvelle forme de corps GT, nous savions que FINNEAS devrait faire partie de la première vague d’artistes à poser les mains sur cet instrument. Nous étions heureux de pouvoir placer l’une des premières guitares GTe Urban Ash achevées entre les mains d’un musicien professionnel prolifique, et ravis de savoir que ce modèle était devenu un incontournable de sa boîte à outils musicale.

Même en plein cœur d’une pandémie, FINNEAS est demandé de toutes parts : il compose furieusement avec sa sœur tout en étant coincé chez lui, dans la région de Los Angeles, et la majeure partie du temps qu’il lui reste est consacrée à suivre diverses collaborations en cours. En décembre, il a appuyé sur le bouton « Pause » pour prendre part à une rapide session de questions-réponses sur son expérience de composition musicale en cette époque de confinement, et nous parler de son approche unique envers l’écriture et la production avec des guitares acoustiques.

Le premier album solo de FINNEAS, Blood Harmony, est sorti en 2019. Il a été réédité en 2020 avec de nouveaux titres. Vous pouvez écouter ses morceaux sur tous les principaux services de streaming.

Quel rôle une guitare (acoustique en particulier) joue-t-elle dans votre processus créatif ?

Si un morceau sonne bien sur une guitare acoustique, je sais qu’il sonnera bien partout ; j’aime bien commencer à composer de cette manière.

Votre processus créatif a-t-il évolué pendant la pandémie ?

Pour être franc, pas vraiment. J’ai passé 10 000 heures à écrire et à enregistrer des chansons dans ma chambre… Ça n’a pas changé grand-chose. 

Que doit posséder une guitare acoustique pour répondre à votre style de composition et de production ?

De la dynamique, de la précision, du corps.

En termes de performances, que souhaitez-vous retirer d’une guitare ?

De la durabilité… Et elle doit avoir un look cool.

Qu’est-ce qui fait d’une guitare comme la Taylor GT un instrument utile pour un musicien comme vous ?

C’est tout simplement une excellente guitare. Elle me facilite vraiment la tâche.

Comment pouvez-vous comparer votre jeu sur la GT à votre jeu sur votre Grand Pacific blanche custom, de taille standard ?

J’adore son côté portable. Je n’aime pas quand les instruments prennent toute la place ; j’aime qu’ils soient aussi faciles à transporter que possible. Et le son de celle-ci n’est pas du tout impacté par sa plus petite taille.

En premier lieu, qu’est-ce qui vous a poussé à jouer de la guitare ?

Les Beatles.

Comment envisagez-vous l’avenir de la guitare, en particulier de la guitare acoustique, en tant qu’instrument de musique grand public ?

La guitare a été réintégrée dans quasiment tous les genres au cours de ces dernières années. C’est génial ! C’est amusant de voir les gens inventer et créer avec des guitares, mais de manière non traditionnelle.