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Renouvellement Urbain

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Nous avons le plaisir de vous présenter un autre bois urbain de lutherie, l’eucalyptus sideroxylon, qui vient doter notre série 500 repensée d’une superbe voix inédite

Près de cinq décennies après la création de Taylor, ne pas s’encombrer des traditions s’est maintes et maintes fois avéré être l’une de nos plus grandes forces. Cela nous a donné la liberté créative d’explorer en permanence des idées révolutionnaires et de repousser les limites de la lutherie pour atteindre de nouveaux objectifs enthousiasmants.

Notre emploi des bois de lutherie constitue l’un des domaines que nous explorons actuellement. Notre volonté de découvrir de nouvelles couleurs sonores est en partie responsable de tout cela. Nous avons également été guidés par les réalités modernes de l’approvisionnement en bois et la nécessité de respecter ce que les forêts du monde sont en mesure de nous offrir.

Au cours de la dernière décennie écoulée, en particulier, les projets de gouvernance environnementale que nous avons lancés ont fortement orienté les choix que nous avons faits en matière d’approvisionnement en bois. Vous avez probablement entendu parler de notre travail avec l’ébène, initié en 2011 au Cameroun, comprenant l’adoption d’ébène chamarrée, longtemps décriée, pour nos touches. En 2020, nous avons présenté nos premiers modèles équipés de frêne mexicain, issu d’arbres en fin de vie abattus dans des municipalités de Californie. Enfin, il y a quelques mois, nous avons lancé notre série 700 Koa, qui présente un nouveau grade de koa hawaïen découvert au cours de nos efforts de restauration forestière à Hawaï.


En réalité, notre gamme de guitares est un écosystème musical soigneusement sélectionné et en constante évolution. Nous sommes devenus un grand fabricant de guitares, mais nous sommes malgré tout parvenus à trouver le juste équilibre entre la création d’une chaîne d’approvisionnement stable et éthique, et notre capacité à réagir rapidement face au monde qui nous entoure et ses changements permanents.

Quelles sont les caractéristiques d’un bon bois de guitare?

De nombreuses considérations sont à prendre en compte lorsqu’il s’agit de choisir ou non un bois à intégrer à notre gamme de guitares, notamment quand on envisage une nouvelle espèce qui n’est pas déjà associée aux instruments de musique. Tout d’abord, ce bois possède-t-il des caractéristiques physiques qui donneront lieu à sonorités musicales agréables ? Tout aussi important : est-il facile de travailler ce bois ? En d’autres termes, peut-il être coupé, séché, poncé, courbé, collé et transformé en une guitare sans se déformer, craquer ou entraîner d’autres problèmes au cours de la production, voire après ? Son approvisionnement est-il viable sur les plans éthique et économique ? Peut-on trouver un niveau de qualité constant ? Existe-t-il en quantité suffisante pour répondre à nos besoins d’approvisionnement pendant une période définie à l’avance ? Combien de temps faudra-t-il avant qu’un fournisseur nous en livre ? Ce bois apporte-t-il quelque chose d’unique à notre gamme de guitares ? Si c’est un nouveau venu dans le monde des bois de lutherie pour guitares acoustiques, que lui faudra-t-il pour retenir l’attention des musiciens ? Vous voyez le tableau. 

Heureusement, en tant qu’entreprise établie jouissant d’une solide réputation dans l’univers de la lutherie, de normes de production rigoureuses, d’un bon bilan en matière d’éthique commerciale et d’une clientèle enthousiaste (merci !), nous sommes plutôt très crédibles lorsque nous défendons l’emploi d’un nouveau bois. 

Nous comptons également dans nos rangs un maître-luthier du nom d’Andy Powers, qui sait comment exploiter au maximum les vertus musicales d’une essence de bois.

Diversification de la gamme

Dans la première édition de cette année de Wood&Steel (Vol. 102), nous avons abordé avec Andy la constante évolution du design de guitares chez Taylor, ainsi que sa volonté de diversifier encore davantage notre gamme. Il a notamment fait bouger les choses en nuançant les voix qu’il a créées pour différencier nos modèles, en particulier après la création de nos barrages brevetés V-Class et C-Class. Ces derniers peuvent être adaptés de manière subtile en fonction de la forme de la caisse, de l’association de bois de lutherie et du profil sonore qu’il cherche à tirer de la guitare. Ces efforts, ainsi que les innovations d’Andy en termes de style de caisse au cours de la dernière décennie (introduction de la Grand Orchestra, de la Grand Pacific et de la Grand Theater ; réinvention de la Grand Symphony ; intégration des configurations 12 frettes et 12 cordes à la Grand Concert), ont considérablement élargi la palette de personnalités musicales uniques de notre gamme.

Dans le cadre du processus d’amélioration de nos modèles, nous observons notre gamme dans son ensemble et nous évaluons le lien entre une série d’instruments et la suivante. Par exemple, avec notre série 700 récemment repensée, nous avons eu la chance d’avoir accès à un approvisionnement sain de koa hawaïens magnifiquement colorés et rayés ; Andy estimait que ce bois méritait d’avoir une voix unique et un traitement esthétique propre au sein de la gamme, distinct de notre série Koa existante. Ainsi, quelle était le meilleur positionnement pour un tel instrument ? Il s’est dit qu’il faudrait que cela permette à davantage de clients d’acquérir une guitare entièrement en koa massif. 

Au final, la série 700 semblait être la candidate idéale. Cela nous donnerait encore trois façons distinctes de présenter nos guitares en palissandre : les séries 400, 800 et 900.

Migration de l’acajou

L’acajou, autre essence traditionnelle, est également venu intégrer des endroits différents de notre gamme. Au sein de notre série 300, nous l’avons ajouté à l’association sapelli/épicéa que nous présentions depuis des années avec les modèles à table acajou. Pendant un temps, nous avons marié un dos et des éclisses en mimosa à bois noir à des tables en acajou. Plus récemment, nous avons décidé de remplacer le mimosa à bois noir par de l’acajou, et d’offrir aux musiciens plusieurs options de modèles tout acajou dans la série. Cela a donné matière à réflexion à Andy quant à notre emploi de l’acajou et à l’évolution de notre série 500, équipée de ce bois depuis des décennies. Avec des guitares tout acajou dans la série 300, qu’allait-il advenir de la série 500 ?

Andy travaillait depuis des années sur un autre bois urbain (l’eucalyptus sideroxylon) ; il prévoyait de l’intégrer à la gamme quand le moment serait opportun. Cela semblait être une occasion en or.

Le bois urbain repensé

Avant de parler de l’eucalyptus sideroxylon, revenons un peu sur notre initiative concernant le bois urbain. Début 2020, nous avons sorti quatre modèles inédits dans le cadre de notre collection Builder’s Edition. L’un d’eux, la 324ce Builder’s Edition, était doté d’un dos et d’éclisses en frêne mexicain (Fraxinus uhdei), que nous avons choisi de baptiser « Urban Ash » pour attirer l’attention sur les origines uniques de ce bois.

Ce frêne poussant en Californie a passionné Andy, non seulement en raison de ses caractéristiques intrinsèques, mais également car cela marquait le début d’une nouvelle initiative prometteuse d’approvisionnement en bois urbain et ce, en collaboration avec West Coast Arborists, Inc. (WCA), une entreprise sophistiquée de gestion des arbres.

Nous vous en parlons plus en détail dans ce numéro de Wood&Steel : WCA propose une gamme de services d’entretien des arbres à des centaines de municipalités et d’organismes publics en Californie et dans certaines régions d’Arizona. Ces programmes de planification et de gestion des arbres créent les canopées vertes importantes pour les villes et leur périphérie, notamment l’aménagement paysager dans les parcs et autres espaces publics, ainsi que le long des rues et des grandes routes. Dans le cadre d’un accord contractuel avec les municipalités, WCA plante, entretient et finit par abattre ces arbres, et plus de 10 millions de sites arboricoles sont inventoriés dans la base de données exclusive de l’entreprise.

L’intérêt que nous portons à l’exploration de la viabilité du bois urbain a tout d’abord été suscité par la curiosité pragmatique de Bob Taylor, qui se demandait ce qu’il advenait du bois provenant de ces arbres en fin de vie, et qui s’interrogeait sur l’utilité potentielle de ces spécimens afin de créer de la valeur ajoutée pour les communautés. Nous vous l’avons raconté dans d’autres articles : nous avons donc contacté notre arboriste local, qui s’est avéré être WCA. 

Scott Paul, notre directeur de la pérennité des ressources naturelles, a mené la danse, coordonnant une visite sur le terrain avec des membres de Taylor, notamment Bob et Andy, afin de visiter le siège de WCA à Anaheim et de rencontrer leur équipe. WCA avait également cherché des moyens de créer une plus grande valeur ajoutée à partir des arbres en fin de vie qu’ils avaient abattus (en particulier à la suite de l’augmentation des coûts d’élimination) et avait lancé un programme de recyclage du bois urbain, transformé en activité d’approvisionnement et baptisé « Street Tree Revival ». Dans ce cadre, l’entreprise découpe des troncs et propose des planches aux bords bruts et d’autres produits issus du bois. 

Une cour de tri avait été aménagée à Ontario, une ville à proximité, et les rondins y avaient été disposés par espèce selon un code-couleur. 

Étant donné que bon nombre de ces essences n’étaient pas employées à des fins commerciales ni n’étaient des bois établis pour la fabrication d’instruments de musique, Andy a procédé à une « dégustation à la tronçonneuse », coupant alors des échantillons sur certains rondins qui semblaient dignes d’intérêt.

Andy rapporta à l’usine de nombreux échantillons de bois pour y effectuer des tests. En fonction de certaines questions pratiques, il restreignit également la liste des espèces, se concentrant alors sur ce qu’il considérait être les 10 candidats les plus intéressants.

“De nombreuses espèces ne possèdent pas ces caractéristiques pratiques qui leur permettent d’être employées pour le travail du bois.”

Andy Powers


“Du point de vue de l’approvisionnement, nous voulions savoir quels arbres étaient les plus abondants, poursuit-il. Ensuite, j’ai recherché ceux dont la structure, la taille, le diamètre pour les tables de guitares et les caractéristiques de travail étaient les plus appropriés. Seules quelques-unes de ces espèces répondaient à ces critères, dont le frêne mexicain. Vous pouviez le faire sécher, le scier, le coller, le poncer, lui appliquer une finition… Cela peut paraître étrange, mais de nombreuses espèces ne possèdent pas ces caractéristiques pratiques qui leur permettent d’être employées pour le travail du bois. Au-delà de ces critères simplistes, le bois doit délivrer un son exceptionnel. Il est difficile de réussir ce test pour un arbre.”

Parvenir à faire sécher correctement le bois est essentiel, explique Andy.

“La raison pour laquelle nous accordons autant d’attention à la question du séchage du bois, c’est que cela impacte directement la stabilité de la guitare au cours de sa vie, poursuit-il. Fondamentalement, si vous ne pouvez pas faire sécher un morceau de bois sans qu’il ne se fissure, se déforme, se casse ou se torde… Vous aurez du mal à en faire quelque chose d’uniforme et de fiable. À un moment donné, vous aurez des problèmes avec un bois qui se comporte mal.”

Concernant le frêne mexicain, Andy était persuadé que cela ferait un bon bois de lutherie en raison de son lien de parenté avec les autres espèces de frêne employées pour fabriquer des guitares.

“J’ai travaillé avec de nombreuses espèces de frêne, allant du frêne blanc, plus dur, au frêne des marais, plus léger, déclare-t-il. Dans ce cas, quand on regarde la structure du grain de ce frêne, je m’attendais – toutes proportions gardées – à ce qu’il fonctionne bien ; en réalité, il fonctionne encore mieux que prévu. Ce bois possédait des caractéristiques si exceptionnelles et était tellement similaire à des bois que nous connaissions bien… Nous avons pensé qu’il était logique de lancer notre première guitare en bois urbain avec cette essence.”

[Note du rédacteur : dans ce numéro, nous vous dévoilons deux éditions limitées entièrement en Urban Ash, la 424ce LTD et la 224ce-UA LTD.]

Une surprise de taille

Une découverte surprenante, qui allait s’avérer être une trouvaille inespérée, concernait un bois nommé eucalyptus sideroxylon.

“L’eucalyptus sideroxylon, c’était quelque chose d’inhabituel, indique Andy. Techniquement, il fait partie de la famille des eucalyptus, mais il ne se comporte pas comme la majeure partie de ces arbres ; en effet, nombre d’entre eux ont tendance à se tordre et à bouger de manière imprévisible. Encore plus surprenant, cet eucalyptus sideroxylon est super dur et dense, comme s’il faisait partie de la famille des palissandres tropicaux. En réalité, c’est l’un des rares bois qui va véritablement couler dans l’eau. C’est un peu comme l’ébène.”

Alors qu’Andy explorait les caractéristiques mécaniques de ce bois plus en détail, il fut agréablement surpris par sa maniabilité : il pouvait être séché de manière uniforme, sans complications.

“En général, les bois plus denses sont difficiles à sécher et sujets à la torsion ; nous devons donc soigneusement les contrôler pour fabriquer des pièces de guitare qui soient stables, explique-t-il. Avec l’eucalyptus sideroxylon, nous avons la surprise de constater que nous pouvions le sécher de manière uniforme, un peu comme nous le faisions avec le palissandre indien. À cet égard, cet eucalyptus possède des caractéristiques similaires. Il est très stable.”

Autre stéréotype accompagnant les bois si durs (et il n’en existe que quelques-uns, remarque Andy), c’est la présence d’huile qui les rend difficiles à coller. Encore une fois, l’eucalyptus sideroxylon s’avère être une exception.

“En outre, il possède l’une des textures les plus lisses et les plus uniformes de tous les bois denses que j’ai jamais vus”, s’étonne-t-il.

Avec sa dureté, sa densité et sa texture lisse, Andy l’avait tout d’abord envisagé pour la fabrication de touches et de chevalets ; cependant, en raison de ses teintes rosées et dorées, il avait mis cette option de côté pour le moment. Il se doutait toutefois que ce bois ferait des merveilles pour le dos et les éclisses d’un instrument. Effectivement, il avait raison.

Découvrez l’eucalyptus sideroxylon

L’eucalyptus sideroxylon est l’une des 700 espèces d’eucalyptus que l’on trouve sur la planète. L’histoire des espèces d’eucalyptus en Californie remonte aux années 1850, quand plusieurs d’entre elles (dont l’eucalyptus sideroxylon) furent importées d’Australie et plantées comme source potentielle de bois et de fibres.

L’espèce la plus prolifique en Californie (et dans le monde) est le gommier bleu (ou Eucalyptus globulus), que l’on reconnaît à son écorce qui pèle et ses feuilles bleu-vert parfumées, avec lesquelles on fabrique de l’huile essentielle. Ironiquement, ce bois s’avère mal adapté à la construction.

L’eucalyptus sideroxylon, en revanche, présente des propriétés différentes. Son écorce est épaisse, dure et très sillonnée, tandis qu’en-dessous, le bois est solide, dur et dense. En tant que bois, cette essence durable a été utilisée pour des poutres, des traverses de chemin de fer et d’autres projets de construction. L’arbre supporte également bien la sécheresse et le gel, ce qui lui a permis de survivre en dehors de son milieu d’origine.

Sculpture sonore

À présent familiarisé avec les propriétés structurelles de l’eucalyptus sideroxylon, Andy élabora une formule sonore pour une Grand Auditorium et construisit quelques prototypes. Il opta pour l’épicéa de Sitka torréfié en tant que bois de table. Ces deux bois réunis et équipés d’une version de son barrage V-Class s’apparentent à ce qu’il décrit comme une nouvelle variation du son classique épicéa/palissandre (un croisement entre palissandre et ébène, dit-il), avec l’aide d’une ingénierie acoustique moderne dissimulée sous la table.

“La voix est audacieuse, riche, douce… Elle a un caractère rappelant celui d’un piano.”

Andy Powers


“L’eucalyptus sideroxylon possède une qualité de sculpture sonore : il permet de délivrer les sonorités profondes et nettes du palissandre, mais avec juste ce qu’il faut de l’atténuation de l’ébène ou de l’acajou pour contribuer à arrondir les arêtes vives du son, explique-t-il. La voix est audacieuse ; elle est ample, mais douce. Elle présente ce phénomène d’amplification, un peu comme une cloche, caractéristique d’un bois dense : elle est vive et dynamique. Imaginez que vous preniez le son traditionnel d’une guitare en palissandre, mais que vous lui attribuiez des médiums plus pleins, plus chaleureux. Ce bois a un caractère rappelant celui d’un piano.”

Lors d’une séance de démonstration sur le campus de Taylor en juin, Andy a joué sur la version finale de sa Grand Auditorium. La première impression que nous, public, avons eue, c’est le volume et la projection émanant de la guitare, même avec un toucher léger.

“Ce sont des sonorités audacieuses, haute-fidélité, équilibrées par cette douceur sonore, qui en font un son vraiment attrayant, élabore-t-il. Quand je joue cette note grave, le son est aussi clair que celui d’une cloche ; il n’y a aucune aspérité. Ce n’est pas brouillon, ce n’est pas spongieux, ce n’est pas mou du tout. Avec la densité de l’eucalyptus sideroxylon, je qualifierais le son de la guitare de musclé, solide. Quand je joue, j’ai la sensation que la guitare amplifie le moindre de mes gestes. Elle me donne bien plus que ce que je lui apporte, comme si les notes voulaient sauter de la guitare. C’est un instrument que j’ai vraiment hâte de mettre entre les mains du public.”

Conception de la nouvelle série 500

Avec des prototypes en eucalyptus sideroxylon l’entourant depuis maintenant plusieurs années, Andy a eu beaucoup de temps pour réfléchir au positionnement de ces instruments dans notre gamme de guitares. Étant donné que davantage de modèles en acajou étaient proposés dans la série 300, la série 500 semblait être l’endroit idéal pour introduire ces instruments. En tant que second bois urbain de notre éventail de produits, il marque également une nouvelle phase de notre engagement envers les bois urbains : en effet, il intègre une série historique de Taylor – existant depuis presque aussi longtemps que notre emblématique série 800.

Pour rendre hommage à l’héritage classique de la série 500, Andy a adopté un look traditionnel, mais orné de touches décoratives distinctives pour compléter cette nouvelle association de bois. Le dos et les éclisses en eucalyptus sideroxylon arborent une teinte subtile sur les bords, qui approfondit le coloris rougeâtre et brun-doré naturel du bois, faisant ainsi penser aux couleurs de l’acajou qu’il remplace. La caisse et le manche présentent également un léger Shaded Edgeburst : le subtil poudrage de la table dote l’instrument d’un look vintage discret en plus de la table en épicéa torréfié légèrement assombrie. La caisse comporte une finition vernie, et le manche une finition satinée. Les autres caractéristiques regroupent des incrustations au nouveau motif ‘Aerial’ élégant en acrylique italien, un filet et une plaque de protection en imitation écaille de tortue, une rosace simple anneau en abalone avec filet érable/noir et des mécaniques Taylor nickelées.

Concernant les modèles, nous lançons cette série repensée avec seulement deux styles de caisses (la Grand Auditorium 514ce et la Grand Concert 512), mais d’autres instruments seront probablement proposés en 2023. (Remarque : la 517 Builder’s Edition ne changera pas, elle conservera son association acajou/épicéa torréfié ainsi que ses autres caractéristiques.)

Quoi qu’il en soit, le volume et la richesse sonore seront peut-être encore plus impressionnants sur la Grand Concert et ce, en raison de la caisse aux dimensions moindres. Andy en a joué lors de sa démonstration, et le volume était remarquable.

“Les sonorités sont claires, nettes et belles, mais avec un volume surprenant et une richesse sonore rappelant un piano, décrit-il. Même si c’est une Grand Concert, si je grattais des accords [ce qu’il fait], le résultat serait là. Je suis ravi de la façon dont cela fonctionne.”

Pour plus de réactions quant à nos nouvelles guitares de série 500.

Meet the New 500 Series

514ce

Première Grand Auditorium dotée d’un dos et d’éclisses en Urban Ironbark, la 514ce offre des sonorités à la fois douces et musclées. Elle marie la voix extrêmement fidèle du palissandre aux médiums chaleureux énergiques de l’acajou ainsi qu’à l’équilibre sonore de ce bois sur l’ensemble du spectre. Équipée d’une table en épicéa de Sitka torréfié pour un son mature intimiste et d’un barrage V-Class pour un volume et un sustain améliorés, la 514ce délivre une puissance idéale pour un jeu dynamique en accords. Dans le même temps, sa sensibilité au toucher lui confère une vaste plage dynamique, parfaite pour les musiciens jouant en fingerstyle. Grâce à ses nouvelles incrustations « Aerials » en acrylique italien, sa rosace simple anneau en abalone, le coloris subtil venant rehausser les riches teintes rouges de l’Urban Ironbark, un léger Shaded Edgeburst et une caisse à la finition vernie, la 514ce arbore un look à la fois traditionnel et contemporain.


512ce

La 512ce est l’un de nos premiers modèles à présenter un dos et des éclisses en Urban Ironbark massif : il s’agit d’un bois de lutherie dense et dur, qui délivre une réponse riche et sophistiquée avec des graves profonds et une voix extrêmement fidèle – rappelant le palissandre indien – ainsi qu’une partie de la précision et de l’énergie dans les médiums de l’acajou. La Grand Concert 512ce associe l’Urban Ironbark à une table en épicéa de Sitka torréfié : cela lui confère un caractère intimiste avec des sonorités chaleureuses, faisant penser à celles d’un piano. L’équilibre est remarquable sur l’ensemble du spectre sonore. Grâce au barrage V-Class intégré, cette électro-acoustique compacte délivre un sustain rayonnant et une projection ample qui viendra inonder la pièce de son, offrant dès lors une puissance demeurant malgré tout sensible à un toucher léger. Parmi les caractéristiques, citons les nouvelles incrustations « Aerials » en acrylique italien, la rosace simple anneau en abalone dotée d’un filet érable/noir, et un subtil Edgeburst.

  • 2022 Édition 2 /
  • Le koa et ses nombreuses couleurs : découvrez la toute nouvelle série 700 en koa
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Le koa et ses nombreuses couleurs : découvrez la toute nouvelle série 700 en koa

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Une allure, des sensations et des sonorités inédites et attrayantes grâce à un superbe koa hawaïen de qualité, une finition mate ultra-mince et une voix expressive

L’illustre patrimoine du koa hawaïen est profondément mêlé à l’histoire des îles d’Hawaï. Propres à cette contrée, cela fait des siècles que ces espèces natives (Acacia koa) sont vénérées dans la culture hawaïenne. Le koa présente une signification symbolique (« koa » se traduit par « guerrier » en hawaïen) en raison de son importance en tant que ressource vitale dans la fabrication de nombreux objets : armes, bols, canoës, planches de surf et rames, en passant par les ukulélés et les steel guitars hawaïennes popularisées par Joseph Kekuku, pionnier musical de la nation, à la fin du XIXe siècle.

En réalité, c’est l’emploi du koa en tant qu’essence de bois destinée aux instruments de musique qui a contribué à le faire connaître en dehors de sa patrie d’origine. Les charmantes mélodies hawaïennes, dont les notes jouées sur ces steel guitars s’enchaînaient merveilleusement bien, finirent par atterrir sur le continent américain au début du XXe siècle, lorsque des musiciens hawaïens y firent leur tournée en tant qu’ambassadeurs culturels. Ils y suscitèrent un engouement pour la musique hawaïenne, qui vint rejoindre les autres styles de musique américaine populaires de l’époque tels que le ragtime, la country et le blues dans le sud des États-Unis. Dans les années 1920, les instruments à cordes en koa devinrent prisés aux États-Unis ; des fabricants de guitares comme Weissenborn et Martin commencèrent à fabriquer des instruments en koa à cette période. Alors que la mode de la musique hawaïenne déclinait dans les années 1930, il en alla de même quant à l’emploi du koa pour les instruments : en effet, les luthiers revinrent aux bois traditionnels, tels que le palissandre et l’acajou.

Au milieu des années 1970, on observa un regain d’enthousiasme pour le koa dans l’univers des guitares acoustiques : une nouvelle vague de luthiers commença à travailler ce bois. Bob Taylor construisit sa première guitare en koa en 1980. La série Koa intégra officiellement la gamme Taylor en 1983. Au fur et à mesure que l’entreprise Taylor prenait de l’ampleur et que Martin réintégrait le koa à son panel de bois de lutherie, cette essence retrouva ses lettres de noblesse au sein du marché de la guitare acoustique. À présent, plus de quatre décennies après la construction de la première guitare en koa par Bob, Taylor est peut-être le fabricant de guitares le plus impliqué envers ce bois.

Joseph Kekuku. Crédits : Redpath Chautauqua Collection, University of Iowa Libraries, Iowa City, Iowa

Au fil des années, notre utilisation du koa a fluctué en réponse à divers facteurs, notamment la disponibilité, le coût et notre capacité à obtenir nos grades de bois préférés pour garantir l’uniformité des critères esthétiques. En réalité, les magnifiques motifs que les gens adorent sur le koa que nous employons dans notre série Koa haut de gamme sont rares, sur le plan génétique. Ils ne s’observent que dans un tout petit pourcentage de koas.

La Grand Concert originale de Taylor, fabriquée pour Chris Proctor en 1983, comportait un dos et des éclisses en koa.

La croissance de Taylor, aboutissant à notre statut de grand fabricant, a présenté à la fois des défis et des opportunités lorsqu’il s’est agi de trouver des bois comme le koa. D’un côté, nos besoins d’approvisionnement sont plus importants que ceux des petits fabricants de guitare ; par moments, il nous a donc été plus difficile de nous procurer suffisamment de bois de grade supérieur pour les modèles de notre série Koa. En fait, au cours de certaines périodes du milieu des années 1990 et à nouveau au début des années 2000, nous avons décidé de mettre notre production de guitares de série Koa en pause et de recourir de manière plus ponctuelle et plus stratégique à cette essence, en nous basant sur les quantités disponibles. C’est à cette époque que Taylor a proposé davantage de modèles en koa en série très limitée (arborant un bois parfois très figuré, parfois plus sobre, et à un prix plus accessible). Après l’introduction de notre T5 électrique/acoustique semi-hollowbody, nous avons gardé nos meilleurs ensembles de koa pour les tables de T5 Custom ainsi que pour nos commandes de guitares personnalisées.

Notre série Koa a finalement réintégré la gamme Taylor en 2007. Comme cette dernière avait continué de se développer et d’évoluer, cette offre plus vaste nous a permis de bénéficier d’un écosystème guitaristique plus varié afin d’y travailler le koa, non seulement en termes de grades de bois, mais également en termes de tailles d’ensembles pouvant y être découpés. Songez un instant aux modèles de GS Mini et Baby Taylor en koa que nous proposons actuellement. Ces guitares de plus petite taille sont parfaites pour les découpes de bois qui ne sont pas suffisamment grandes pour d’autres modèles standard ; cela nous permet donc d’exploiter le plein potentiel d’un koa.

En outre, nous recourons à un placage koa pour nos guitares en bois stratifié. Ainsi, en plus de la découpe de placages pour ces modèles de GS Mini et de Baby Taylor (associés à des tables en koa massif), le koa très figuré peut être débité en de superbes placages pour le dos et les éclisses, et aller équiper nos guitares en koa de la série 200 Deluxe. De ce fait, les amateurs de guitares (et de koa) bénéficient d’un moyen supplémentaire d’accéder à une guitare en koa au sein de notre gamme.

Évaluation du grade

Un seul rondin de koa peut cacher divers grades de bois. Sous de nombreux aspects, la découpe d’un rondin représente le moment de vérité : c’est à ce moment que le bois révèle la manière dont il sera coupé, évalué et employé. Notre objectif, c’est d’être aussi responsables que possible dans notre utilisation : nous voulons optimiser le rendement du rondin pour fabriquer des guitares, tout en minimisant le gaspillage et ce, en employant des morceaux de bois plus petits afin de fabriquer d’autres éléments de la guitare tels que des filets, des rosaces et bien plus encore. Nous nous servons également du koa pour créer nos supports muraux, ainsi que le couvercle de nos boîtes de médiators TaylorWare. Bob Taylor a récemment décidé de fabriquer une série de planches de service en édition limitée pour l’entreprise d’ustensiles en bois Stella Fallone, créée en 2018 afin de tirer davantage profit de l’ébène ne pouvant pas être utilisée pour nos instruments de musique.

Découverte des véritables couleurs du koa

Ces dernières années, Taylor Guitars et Pacific Rim Tonewoods, notre fournisseur de longue date en charge de l’abattage de notre koa, ont étroitement collaboré pour investir dans l’avenir de l’approvisionnement de ce bois. En 2015, nous avons créé un partenariat innovant (à l’origine baptisé Paniolo Tonewoods, récemment renommé Siglo Tonewoods). Notre but ? Restaurer les forêts hawaïennes natives et faire pousser du koa à Hawaï. (Vous pouvez consulter ici l’histoire de notre collaboration.)

Dans le cadre des accords d’intendance en lien avec cette initiative, signés avec des propriétaires privés à Hawaï, Siglo a le droit de couper un certain nombre de koas désignés. En échange, nous investissons un montant équivalent dans une myriade de projets d’amélioration forestière. Par l’intermédiaire de cet arrangement direct, nous avons été en mesure d’abattre davantage de rondins de koa nous-mêmes – et, dans le même temps, de découvrir un nombre plus important encore de variétés de koas et ainsi, une palette plus riche de couleurs et de caractères visuels par rapport à ceux que nous connaissions déjà grâce aux échanges commerciaux avec nos fournisseurs. Andy Powers, maître-luthier chez Taylor, était particulièrement enthousiaste quant aux nouvelles opportunités que cela lui offrait.

« Contempler toutes ces magnifiques couleurs, c’était aussi excitant que la première fois où nous nous sommes rendu compte que l’ébène pouvait être chamarrée. »

« Ce scénario me fait penser à la manière dont une personne qui a grandi dans la jungle est capable de voir une multitude de déclinaisons de la couleur verte, alors que quelqu’un qui a évolué dans un milieu urbain en verra beaucoup moins », explique-t-il. « Par le passé, nous connaissions ce que les scieurs nous proposaient, mais nous n’étions pas en mesure de voir tout ce que la forêt hawaïenne recelait. Nous voyions généralement l’extrémité ultime du spectre du koa : un bois superbe, très figuré, avec lequel il est vraiment difficile de travailler car c’est le bois que de nombreux scieurs réservent aux luthiers. La plupart des autres koas étaient voués à d’autres usages. Dès que notre travail a commencé à nous rapprocher de chaque rondin et que nous avons pu contempler toutes ces superbes teintes, c’était aussi excitant que la première fois où nous nous sommes rendu compte que l’ébène pouvait être chamarrée. En réalité, une grande partie de ce koa aux sonorités fantastiques provient d’arbres dont le grain n’est pas profondément figuré. Chez de nombreux koas, les fibres évoluent de manière plus rectiligne, un peu comme les facteurs génétiques qui font que certains d’entre nous ont les cheveux bouclés, d’autres ondulés ou encore raides. »

Un nouveau grade, une nouvelle série

Alors que nous contemplions le superbe chamarrage d’une partie du bois en cours de découpe, Andy eut l’idée de traiter ce koa différemment. Il souhaitait concevoir une guitare entièrement en bois massif, dotée d’une personnalité musicale se distinguant de celle de notre série Koa existante.

Les ensembles de koa figuré que nous employons pour notre série Koa donnent lieu à un traitement esthétique plus raffiné, plus sophistiqué. Des éléments visuels, tels qu’un Shaded Edgeburst et un corps avec finition brillante, mettent en valeur la beauté du bois ; une incrustation en érable au motif « Spring Vine », ainsi que le filet de table et de crosse/touche en érable, agrémentent l’instrument de détails élégants. (Les modèles Builder’s Edition vont encore plus loin grâce à un repose-bras en biseau et l’emploi d’une abalone chatoyante pour les incrustations et le filet de table.)

Sur le plan sonore, affirme Andy, la série Koa a été pensée pour délivrer un son n’ayant d’égale que son superbe look.

« Les guitares de notre série Koa ont été conçues pour refléter cette allure hyper raffinée, sophistiquée, soignée. Elles sont élégantes et chaleureuses. »

« Quand vous touchez le corps, vous pouvez véritablement ressentir la texture du bois, la structure du grain, les pores. »

À l’inverse, pour ce nouveau koa rayé (que nous catégorisons sous le grade Select), Andy souhaitait créer un look plus organique et tirer de ce bois une réponse plus directe et plus dynamique.

« J’ai envisagé cette guitare en partant de l’extérieur, puis en allant vers l’intérieur », explique-t-il. « Je voulais tout d’abord me concentrer sur un lien tactile avec le bois et ce, afin de mettre en valeur le côté direct de la réponse : quand vous touchez le corps, vous pouvez véritablement ressentir la texture du bois, la structure du grain, les pores. Il y a moins d’interférences entre le musicien et le bois, à un tel degré que le guitariste peut ressentir la chaleur de la surface du bois. »

Ainsi, plutôt qu’une finition brillante, Andy a opté pour une finition mate ultra-mince, à pores ouverts. Au-delà des avantages tactiles, la finition mince joue un rôle important dans les sonorités de la guitare. (Pour de plus amples informations sur l’impact de la finition quant au son d’une guitare, veuillez consulter notre colonne latérale.) Ce choix a donné lieu à une légère modification du barrage de dos, associé à notre architecture V-Class. Ces deux structures délivrent un son un peu plus vif, un peu moins filtré, que celui de nos guitares de la série Koa.

« Ces guitares conservent la douceur unique que nous associons à un instrument en koa, notamment les superbes médiums, mais avec une attaque plus directe, plus énergique, et une réponse plus naturelle », déclare Andy. « La très faible épaisseur de cette finition n’entraîne pas autant d’atténuation ou de compression. Vous entendrez davantage les éléments tactiles de votre jeu – le bruit de vos doigts, un médiator qui touche les cordes, la nuance subtile du son naturel d’un guitariste… Je l’imagine comme la version d’une guitare koa reflétant la personnalité du musicien : vous contrôlez plus vos sonorités. »

Comment la finition contribue-t-elle au son ?

Chez Taylor, nous employons divers types et épaisseurs de finitions sur le corps d’une guitare, selon les différents modèles de la gamme. Apparence à part, l’épaisseur (et la densité) de la finition (ainsi que d’autres facteurs tels que le barrage et l’essence de bois) est un ingrédient important de la recette globale permettant de concocter le son d’une guitare.

L’application d’une finition sur le bois crée un effet d’atténuation sur l’instrument. C’est un moyen utile pour calibrer la voix d’une guitare… Tant que l’épaisseur est comprise dans une certaine plage, comme l’explique Andy.

« Quand vous mettez quelque chose en mouvement, vous obtenez un mélange entre les sons que vous voulez entendre – les parties musicales, la structure vibratoire normale –, et les éléments bruyants indésirables », poursuit-il. « Cette composante bruyante des vibrations est comme une distorsion mécanique. Nous entendons ce son comme un bruit : il a tendance à présenter une fréquence très aiguë, des vibrations faibles et irrégulières… La guitare peut délivrer un son strident, indiscipliné, presque métallique dans certains cas. L’application de la bonne quantité de finition sur la surface contribue à assourdir ce bruit, tout en permettant aux vibrations musicales, plus fortes, de mettre la structure en mouvement. »

Trop de finition, affirme Andy, et vous pouvez perdre une partie de la musicalité. En effet, le contenu harmonique agréable est alors filtré. À l’autre extrémité du spectre, une guitare acoustique complètement brute, sans finition, ne sonnera pas bien.

« Une guitare acoustique à l’état brut ne possèdera généralement pas assez d’atténuation pour bloquer ces vibrations aux sonorités criardes », conclut-il. « C’est un effet qui accompagne souvent les matériaux artificiels ou synthétiques. Quand le facteur d’atténuation d’un matériau se trouve en dehors d’une plage agréable sur le plan musical, les sonorités sont agaçantes, brutes, car ce matériau ne privilégiera pas les vibrations musicales par rapport aux vibrations non musicales. On observera beaucoup de mouvement, mais avec un mélange de bonnes et de mauvaises sonorités ; le résultat global sera moins agréable à entendre. »

Assis dans son atelier à gratter l’un des derniers modèles tout koa qu’il a conçu, Andy fait une analogie avec le café pour décrire les différences sonores par rapport à notre série Koa.

« Une guitare de série Koa, c’est comme un cappuccino parfaitement préparé : vraiment onctueux, délicieux, superbe », commence-t-il. « Dans le même temps, c’est par essence un mélange de tous les ingrédients. Ces nouvelles guitares en koa ressemblent à votre café filtre : élaboré avec d’excellents grains bien torréfiés et présenté de la manière la plus sobre qui soit, pour une expérience koa des plus pures. Vous bénéficiez de tous les arômes, à peine filtrés. Associez cela à des sensations tactiles vraiment chaleureuses et attrayantes, et vous bénéficiez d’un instrument vous offrant une source d’inspiration musicale unique. »

Sur le plan esthétique, Andy voulait que les caractéristiques de l’instrument reflètent la personnalité musicale de la guitare.

« Je souhaitais conserver les détails traditionnels, tout en misant sur les matériaux naturels. Nous avons donc choisi un filet en palissandre et du coquillage véritable pour l’incrustation », décrit-il. « Dans le même temps, je voulais que l’incrustation soit discrète et sobre. »

Le motif de l’incrustation, baptisé « Fountain », arbore une forme élégante et épurée en nacre. Les autres éléments de décoration comprennent un filet en palissandre indien (avec une ouïe ceinte), une rosace en paua mise en valeur par du palissandre et de l’érable, un filet de table en palissandre et en érable, une plaque de protection en érable teinté de couleur sombre et des mécaniques Taylor de couleur bronze poli qui, sur le plan visuel, s’harmonisent avec les nuances de couleurs du corps en koa.

Ces nouvelles guitares rejoignent officiellement la gamme Taylor au sein de notre série 700, remplaçant nos modèles palissandre/épicéa de la série 700 – à l’exception de notre 717e Builder’s Edition, qui conservera son association palissandre/épicéa torréfié ainsi que d’autres caractéristiques. Nos nouvelles guitares koa seront initialement proposées selon deux styles de corps, tous deux entièrement en koa : la Grand Auditorium 724ce et la Grand Concert 722ce. Andy avait le sentiment que c’était la position idéale pour une autre collection en koa massif au sein de la gamme. Cette évolution permet tout de même de conserver trois autres séries spécifiques dotées de palissandre indien (400, 800 et 900).

Vous pouvez dès à présent contempler les nouvelles guitares koa de la série 700 en ligne ou en magasin.

Découvrez les autres membres de la famille de guitares koa de Taylor

Builder’s Edition K24ce
Série Koa

Builder’s Edition K14ce, Builder’s Edition K24ce, K24ce, K26ce, K22ce, K22ce 12-Fret, GT K21e

Un superbe koa figuré, un savoir-faire ultra haut de gamme et un grand assortiment de modèles pour une collection vraiment époustouflante. De la GT compacte aux 12 frettes sympas en passant par deux magnifiques Builder’s Edition, la série Koa présente avec élégance une gamme variée de personnalités musicales.


224ce-K DLX
Série 200 DLX

214ce-K DLX, 224ce-K DLX

Faites votre choix entre une table épicéa ou une table koa sur ces modèles Deluxe, arborant tous deux un dos et des éclisses en superbe koa stratifié, un corps à finition brillante et un étui rigide.


214ce-K SB
Série 200

214ce-K, 214ce-K SB

Le dos et les éclisses en koa stratifié sont associés à une table épicéa, arborant une finition ou un superbe Shaded Edgeburst appliqués sur l’ensemble du corps.


GS Mini-e Koa Plus
GS Mini

GS Mini-e Koa, GS Mini-e Koa Plus, GS Mini-e Koa Bass

Notre célèbre famille de GS Mini accueille trois modèles en koa. Tous arborent une table en koa massif, ainsi qu’un dos et des éclisses en koa stratifié. Nos modèles Plus disposent d’un corps Shaded Edgeburst et sont livrés dans notre robuste étui AeroCase. Dotée d’une excellente jouabilité, la basse présente une allure, des sensations et des sonorités épatantes.


Série Baby

BTe-Koa

Facile à transporter et super sympa à jouer, notre guitare en koa la plus compacte de la gamme vous permettra de vous distinguer, où que vous soyez.

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Une superbe Grand Pacific Flametop vient mener le bal des nouveaux modèles Taylor ; la famille GT s’agrandit

L’illustre patrimoine du koa hawaïen est profondément mêlé à l’histoire des îles d’Hawaï. Propres à cette contrée, cela fait des siècles que ces espèces natives (Acacia koa) sont vénérées dans la culture hawaïenne. Le koa présente une signification symbolique (« koa » se traduit par « guerrier » en hawaïen) en raison de son importance en tant que ressource vitale dans la fabrication de nombreux objets : armes, bols, canoës, planches de surf et rames, en passant par les ukulélés et les steel guitars hawaïennes popularisées par Joseph Kekuku, pionnier musical de la nation, à la fin du XIXe siècle.

Artistes, ingés son et critiques… Tous abondaient en notre sens. Ils relevaient alors les optimisations sonores fondamentales de cette innovation : une amélioration de la réponse sonore, du sustain et de l’harmonie (« justesse ») entre les notes et ce, sur l’ensemble de la touche. Pour faire simple… Nos guitares sonnaient mieux. Selon les critiques et les musiciens, notamment nombre d’entre vous qui nous lisent et possèdent une guitare V-Class, ces commentaires étaient légitimes.

Mais la plus grande promesse du V-Class restait à tenir. Notre maître-luthier Andy Powers voyait ce barrage comme une plateforme émancipatrice qui améliorait non seulement la musicalité de nos instruments, mais qui lui permettrait également de donner une voix distincte à des modèles individuels, de manière à doter chacun d’eux d’une personnalité musicale plus spécifique. Au final, cela donnerait naissance à une palette bien plus variée de sonorités acoustiques que les guitaristes pourraient alors découvrir.

Les quatre années qui suivirent furent fructueuses sur le plan sonore et virent la gamme Taylor évoluer régulièrement. Outre l’ajout du V-Class aux modèles Taylor existants, Andy se servit de ce barrage pour donner sa voix à un nouveau style de corps, la Grand Pacific, une dreadnought à épaules rondes qui s’éloignait du profil sonore associé à notre emblématique Grand Auditorium. Là où le son global d’une GA était plus « moderne » (précis et vif, avec des notes bien définies), celui de la GP s’orientait davantage vers des sonorités traditionnelles de dreadnought : une voix chaleureuse et mature, avec des notes plus amples, qui se mariaient les unes aux autres. Le V-Class permettait également à la GP de délivrer une puissance claire dans les graves, la débarrassant du côté brouillon qui venait souvent entacher le son des dreadnoughts classiques lors des enregistrements ou des concerts.

Ce barrage se révéla aussi être la source d’inspiration d’Andy quant à la création de notre gamme premium de guitares : la catégorie Builder’s Edition. Ces instruments associaient des sonorités V-Class spécifiques aux modèles à des détails morphologiques dédiés au confort et ce, afin d’améliorer les sensations et de permettre aux musiciens de s’exprimer encore plus librement. La gamme Builder’s Edition s’est depuis étoffée et comprend à présent neuf modèles distinctifs.

Vint ensuite la Grand Theater, ou GT, qui ouvrit non seulement la voie à un nouveau style de corps, mais également à une nouvelle catégorie de guitares, avec un diapason de 24” 1/8e, plus court que celui de notre Grand Concert (24” 7/8e). Cette fois-ci, Andy avait adapté ses idées du V-Class aux dimensions uniques de l’instrument et ainsi créé le barrage C-Class : il s’agissait d’une structure asymétrique qui permettait à la guitare de délivrer une réponse plus robuste dans les graves par rapport à ce qu’un modèle de cette taille devait être en mesure de donner. Elle s’adressait aux musiciens qui recherchaient une guitare mariant les sensations agiles d’un instrument de taille réduite à un son riche et corpulent.

En tant que nos deux formes de corps les plus récemment lancées, la Grand Pacific et la GT se sont toutes deux imposées comme d’imposantes ambassadrices de la cause musicale au sein de la gamme Taylor, touchant les musiciens là où nos autres modèles Taylor avaient échoué. La polyvalence de la Grand Pacific est semblable à celle de notre emblématique Grand Auditorium. Dans le même temps, la GT, arrivée depuis peu et encore en cours de découverte, connaît une franche trajectoire ascendante dans le cœur des musiciens, qui en explorent les nombreuses qualités : confortable à jouer, facile à enregistrer et expressive sur le plan musical.

Alors qu’une nouvelle année s’ouvre à nous, vous ne serez pas surpris de voir que les GP et les GT ont une place prépondérante dans nos dernières offres. Poursuivez votre lecture pour découvrir les principales informations sur nos nouveaux modèles.

AD27e Flametop

Un look et des sonorités vintage pour une expérience Taylor plus organique

Dos et éclisses : érable à grandes feuilles massif

Table : érable à grandes feuilles figuré massif

Manche : érable « hard rock »

Touche : eucalyptus

Sur le plan sonore, l’ajout le plus intrigant à la gamme est cette AD27e Flametop, une Grand Pacific tout érable qui vient étoffer la série American Dream avec une voix encore inédite chez Taylor. Tout comme le style de corps Grand Pacific s’était éloigné du son moderne et hi-fi pour lesquelles sont connues nos guitares, la Flametop s’aventure encore plus loin sur le terrain des sonorités chaleureuses et sombres.

L’histoire des origines de la guitare se trouve à la confluence de plusieurs idées musicales. Tout d’abord, Taylor a renforcé ses liens avec des artistes de Nashville, de Los Angeles ou d’autres communautés musicales ces dernières années. Notre équipe des relations artistes a consacré davantage de temps à aborder avec les artistes ce qu’ils aimaient et n’aimaient pas dans une guitare acoustique pour le genre de musique qu’ils faisaient. Nous avons ensuite mis un point d’honneur à intégrer autant d’éléments que possible dans la GP (et, plus récemment, dans la GT) afin de les rendre emblématiques de l’offre acoustique plus variée de la marque.

Récemment, de plus en plus de musiciens, tous genres confondus, ont été attirés par des sonorités acoustiques moins cristallines que par le passé ; ils cherchent à mettre en valeur un caractère plus chaleureux, plus boisé et, dans certains cas, plus brut.

Avec le son de dreadnought plus mature de la Grand Pacific, Andy Powers se dit qu’il serait intéressant de recourir à ce style de corps pour élaborer une couleur différente, comportant certaines de ces caractéristiques sonores légèrement plus tempérées, notamment dans les fréquences aiguës. Il pensa également que la guitare s’intégrerait bien à notre série American Dream, qui tend à proposer un look plus terre-à-terre, plus organique, plus épuré, avec des caractéristiques plus simples et plus sobres, afin de plaire aux musiciens de scène.

En termes de choix des bois, Andy était conscient des problèmes actuels d’approvisionnement (dus à la pandémie ainsi qu’à une hausse de la demande des clients) et fit encore appel à ce qu’il avait en stock, tout comme il avait procédé lors de la création de la série American Dream. Ici, nous avions des réserves d’érable. Pour trouver le son désiré, Andy se disait que l’érable pourrait être utilisé à la fois pour la table, ainsi que pour le dos et les éclisses. Nous n’employons normalement pas l’érable pour fabriquer des tables de guitare acoustique (cette essence peut être un peu difficile à travailler sous cette forme) ; cependant, avec l’architecture V-Class, Andy savait qu’il serait en mesure de contrôler suffisamment le mouvement de la table pour qu’elle se comporte bien sur le plan sonore – en particulier dans cette situation où il ne voulait pas d’une réponse aussi vive.

Autre choix stratégique en matière de design pour parvenir au son désiré : la guitare est équipée de cordes non enduites D’Addario nickel-bronze (tirant .012-.053). Cet alliage unique contribue à la texture sonore différente de la guitare.

« D’Addario les qualifie de nickel-bronze car elles ont la couleur d’une corde avec filetage nickel, mais en réalité, c’est un peu entre les deux », explique Andy. « Les cordes délivrent une réponse unique quand vous en équipez une guitare acoustique : leur son n’est pas terne, mais elles n’ont pas la brillance que vous attendez d’un tout nouveau jeu de cordes en bronze. »

Comme Andy l’explicite dans notre entretien, les cordes nickel-bronze ont tendance à filtrer certains des harmoniques aigus pour adoucir la réponse de l’instrument. Se basant sur sa propre expérience en studio, Andy déclare qu’il aime que ses cordes de guitare aient un peu vécu avant l’enregistrement.

« Je veux souvent que la brillance du son soit légèrement tempérée, de manière à entendre un peu plus de bois, un peu moins de la corde en métal », poursuit-il.

Sur un plan d’ensemble, toutes les décisions prises par Andy (style de corps, essences de bois, nuances en matière de barrage, composition des cordes) offrent à l’AD27e Flametop une voix attirante et unique au sein de la gamme Taylor. C’est un son plus sec, plus conséquent, plus mature – ou, pour reprendre Andy, « une voix de poitrine, pas une voix de tête ».

Il s’agit d’un profil sonore davantage susceptible de plaire aux musiciens qui n’aiment en général pas « le son Taylor » car ils le perçoivent comme trop brillant.

Andy compare les différences de tonalité, et la façon dont les musiciens vont réagir face à la Flametop, à la manière dont différentes techniques photographiques vont évoquer des sensations spécifiques.

« Imaginez une photo en très haute résolution », dit-il. « Par exemple, j’ai regardé de très nombreuses photos de vagues et de surf. Les couleurs sont vives, la mise au point est nette, comme si vous pouviez voir chaque gouttelette d’eau. Pendant des années, ce type de photographie a été porté aux nues ; c’était LA référence du cliché pris en pleine action du surfeur sur une vague, car c’est très difficile à obtenir techniquement parlant.

Pourtant, j’étais parfois attiré par une photo où les couleurs semblaient plus ternes, ou avec un léger contrejour, une mise au point moins nette… Parfois, l’expérience était transmise d’une manière qui me parlait davantage, dans laquelle je pouvais me projeter, contrairement à un cliché à la mise au point techniquement parfaite », admet-il. « Cela capture une sensation différente. »

De façon similaire, d’après Andy, le choix des bois, des designs, des cordes et des médiators rappellent l’éclairage spécifique ou la mise au point différente sur une photo.

« Parfois, vous voulez un détail vif, précis, haute définition ; à un autre moment, vous savez que des sonorités différentes parviendront mieux à évoquer l’impression ou l’émotion de l’instant. Dit comme ça, ça semble plus humain. C’est la même chose avec la peinture ; certaines des œuvres les plus évocatrices suggèrent davantage l’émotion en coulisses qu’elles ne capturent le réalisme de ce qui se trouve sous nos yeux. »

C’est un point de vue intéressant, notamment si l’on considère que la meilleure justesse sonore découlant du barrage V-Class est extrêmement utile pour des applications d’enregistrement, en particulier au sein du contexte moderne de la technologie numérique, où la hauteur peut être contrôlée électroniquement et où les guitares acoustiques peuvent être, sous certains aspects, le maillon faible. Et pourtant, nous savons tous que certains des morceaux les plus célèbres, les plus émouvants, sont superbement imparfaits… Et d’autant plus humains pour cette même raison. De plus, les guitaristes adorent découvrir des instruments possédant un caractère sonore unique, peut-être conventionnellement « défectueux », car ce sont ces qualités-là qui les inspirent à réagir en fonction et à jouer différemment.

« Nous nous reconnaissons en ces “défauts” car en tant qu’humains, nous en sommes également perclus », déclare Andy. « Je pense que c’est pour cela que ça nous convient. Ça crée des affinités auxquelles on peut s’identifier, et ça peut se révéler parfait pour la chanson que je veux interpréter. »

Sur le plan visuel, Andy a cherché à assortir la personnalité sonore de l’AD27e Flametop à un look comparable. La présence d’une table en érable figuré pose déjà les choses. Il a ensuite peaufiné le caractère patiné d’une vieille paire de bottes ou de jeans en l’agrémentant d’une nouvelle finition sombre Woodsmoke, et a orné la table, le dos, les éclisses et le manche en érable d’un Shaded Edgeburst et d’un éclat satiné. À l’instar des autres modèles American Dream, la Flametop possède des bords chanfreinés au niveau du corps, des incrustations au motif « Dot » de 4 mm en acrylique italien et une électronique intégrée ES2 (elle est également proposée sans électronique). La guitare est livrée dans un étui Taylor AeroCase.

AD22e

Une Grand Concert à table en bois dur rejoint la série American Dream

Dos et éclisses : sapelli massif

Table : acajou massif

Manche : acajou

Touche : ébène Crelicam

Andy est un grand amateur de guitares de petite taille à table en bois dur ; ainsi, il était heureux d’intégrer une Grand Concert à table acajou à notre série American Dream.

« Le mariage d’une table en bois dur à un corps relativement petit me fait quelque chose », explique-t-il. « Cela donne des modèles sympas à jouer, aux sonorités bluesy ; la précision contrôlée du corps en fait de supers instruments sur lesquels interpréter des morceaux jazz ou fingerstyle, et ils répondent bien au jeu en accords. Cette association convient bien à de nombreux genres musicaux différents. »

L’association de bois sapelli/acajou vient mettre en valeur les fondamentales pour délivrer un son sec, précis, boisé, vous offrant ainsi une agréable énergie dans les médiums quand vous en avez besoin, notamment grâce au barrage V-Class® dont l’instrument est équipé. Les caractéristiques faisant la part belle au confort regroupent des bords chanfreinés au niveau du corps et des sensations fluides sur les frettes grâce au diapason de 24” 7/8e et aux cordes enduites phosphore-bronze à tirant léger de marque D’Addario.

Les autres détails comprennent un filet de table noir, des incrustations de touche au motif « Dot » de 4 mm en acrylique italien, une rosace simple anneau aux coloris contrastés érable et noir, une plaque de protection en imitation écaille de tortue, une mince finition mate qui préserve les sensations naturelles du bois et optimise la réponse acoustique, et des mécaniques en nickel. La guitare comporte également une électronique intégrée ES2 et est livrée dans un étui Taylor AeroCase.

GTe Blacktop

Le noyer vient renforcer la voix de la GT

Dos et éclisses : noyer américain massif

Table : épicéa massif

Manche : acajou

Touche : eucalyptus

Le noyer est un bois que nous avons fréquemment employé au fil des années. Alors que nous cherchons à conserver un portefeuille sain et équilibré d’espèces à l’approvisionnement responsable, c’est une essence qui cherche à trouver une place plus importante au sein de la gamme Taylor. Avec la GTe Blacktop, nous sommes heureux de vous présenter une autre voix unique de GT. Nous n’avons pas pu résister à l’idée de l’agrémenter de notre finition Blacktop.

Sur le plan sonore, Andy pense qu’il est utile de décrire ce modèle en noyer en le comparant à son homologue en Urban Ash.

« Dans le cadre du design de la GT, avec un dos et des éclisses en Urban Ash, vous entendez un instrument aux sonorités rappelant quasiment celles d’une guitare flamenco », explique-t-il. « Elle possède une attaque rapide, vive. Le frêne est léger, comme l’acajou, et il peut délivrer un son spectaculaire, fringant, instantané. Le noyer est légèrement plus dense, un peu plus lourd… J’obtiendrai donc un son un peu plus imposant dans les graves. Le profil des notes ne sera pas aussi impressionnant au premier abord, mais il sera un peu plus puissant. Si la version Urban Ash évoque une guitare flamenco, sa cousine en noyer fait davantage penser à une guitare classique, avec davantage de poids, d’amplitude, pour soutenir les notes. »

À l’instar de nos autres modèles de GT, les dimensions compactes et les sensations fluides font de cet instrument une guitare extrêmement agréable à jouer. Dotée de notre barrage C-Class, elle emplira une pièce de ses sonorités et se prêtera très bien à l’amplification. Les caractéristiques notables comprennent de confortables bords chanfreinés au niveau du corps, une rosace contrastée érable/noire, des incrustations de touche au motif « Dot » de 4 mm en acrylique italien, un corps recevant une mince finition mate avec une table noire et des mécaniques en nickel Taylor Mini. La guitare comporte également une électronique intégrée ES2 et est livrée dans un étui Taylor AeroCase léger mais robuste.

GTe Mahogany

Le caractère brut et roots de cette GT se révèle encore plus entre vos mains

Dos et éclisses : acajou néotropical massif

Table : acajou néotropical massif

Manche : acajou néotropical

Touche : eucalyptus

Notre gamme de GT s’étoffe bien en 2022, notamment avec l’ajout de cette version tout acajou. Dégageant un mojo bluesy, cette guitare se prêtera aussi bien à un jeu en fingerpicking, en flatpicking ou en accords : la table acajou arrondit l’attaque initiale afin de délivrer une voix boisée et précise, à l’équilibre uniforme sur l’ensemble du spectre de fréquences. Grâce aux sensations fluides offertes par le diapason de 24” 7/8e de la GT, il n’a jamais été aussi facile de jouer en accords ou de faire des bends. C’est également un instrument très sympa à brancher sur un ampli : la compression naturelle due à la table acajou se traduit par un son amplifié précis et naturel, dû à l’électronique intégrée ES2.

Le look est organique et épuré, arborant notre teinte Urban Sienna (au départ employée sur la GT Urban Ash) et une mince finition mate qui accentue le grain naturel du bois du corps et du manche en acajou. Vous pourrez presque le ressentir sous vos doigts lorsque vous jouerez. La touche, le chevalet et le revêtement de tête en eucalyptus agrémentent l’instrument d’un chamarrage subtil, tandis que les bords chanfreinés du corps viennent renforcer la sobriété de son allure. Tout comme son homologue Blacktop, la GTe Acajou comprend également une rosace érable/noire, des incrustations de touche au motif « Dot » de 4 mm en acrylique italien et des mécaniques en nickel Taylor Mini. Elle est livrée dans notre célèbre étui AeroCase.

GT 611e LTD

Inspirée par la 618e, cette GT en érable vient audacieusement apposer son sceau sur la gamme

Dos et éclisses : érable à grandes feuilles figuré massif

Table : épicéa de Sitka massif

Manche : érable « hard rock »

Touche : ébène fumée Crelicam

En tant qu’édition limitée, envisagez ce modèle de GT comme la guitare bonus pour bien commencer l’année 2022. Fondamentalement, il s’agit d’une réinterprétation sympa de notre Grand Orchestra 618e érable/épicéa, mais rendue plus accessible grâce aux dimensions compactes de la GT.

Andy était heureux du look unique dont il dota la 618e lorsqu’il la repensa en 2020, notamment grâce à sa teinte Antique Blonde et ses incrustations audacieuses et distinctives au motif « Mission » (dont nous avons parlé plus en détail au sein de notre article de couverture consacré à l’art des incrustations dans notre précédent numéro). Étant donné que le style de corps GT s’inspire des courbes de la Grand Orchestra, Andy n’a pas pu résister à l’idée de créer une GT érable/épicéa arborant le même aspect. Bien que les sonorités ne rivalisent pas avec la voix imposante de sa cousine de plus grande taille, le barrage C-Class offre à cette GT une puissance et une profondeur impressionnantes. De plus, il la dote d’une prise en main facile, qui fait de la GT un instrument très agréable à jouer.

« C’est comme si la grandeur de la Grand Orchestra avait été adaptée pour nous, pauvres mortels », songe Andy. « On peut alors l’agrémenter de sensations rapides en main, de fluidité, de tout ce que l’on aime dans la GT, mais avec l’impact visuel d’une 618. »

À l’instar de la 618, le coloris Antique Blonde offre à cette guitare une beauté subtile, qu’il s’agisse de la légère teinte sur les bords du corps aux nuances dorées du dos et des éclisses, venant accentuer les superbes motifs de l’érable. Parmi les autres caractéristiques empruntées à la 618, il est possible de citer le filet en érable doté d’un bord en koa et ivoroïde, une rosace en paua avec bord en koa et ivoroïde, une plaque de protection en érable teinté et un corps à la finition brillante. La guitare est également équipée de mécaniques en nickel Taylor Mini et est livrée dans notre étui AeroCase.

Vous trouverez toutes ces guitares chez un revendeur près de chez vous. Pour obtenir davantage de photos et les caractéristiques complètes des modèles, veuillez vous rendre sur le site de Taylor Guitars à l’adresse taylorguitars.com.

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Les aventures de Taylor en matière de design d’incrustations révèlent une histoire colorée, un engagement envers un savoir-faire bien établi et une affinité pour l’équilibre esthétique.

Bob Taylor est assis dans son bureau, passant mentalement en revue un demi-siècle d’histoire des designs d’incrustations chez Taylor. Il remonte aussi loin que ses premiers jours de luthier, alors qu’il était encore adolescent. À un moment, la conversation dévie vers l’incrustation la plus célèbre de toutes : le logo de crosse qui vient orner chaque Taylor fabriquée par l’entreprise. La version originale fut inspirée par le logo d’un thermomètre accroché dans la boutique de Lemon Grove, en Californie, où l’entreprise fit ses débuts en 1974.

« J’ai façonné des centaines et des centaines de ces incrustations avec une scie et une lime », sourit Bob, marchant vers un tableau blanc fixé au mur. « Je les dessinais, en commençant ici, en bas à gauche », poursuit-il en dessinant l’intégralité du contour du logo de mémoire, même s’il n’a pas découpé cette incrustation depuis des décennies. « C’est tellement vif dans mon esprit… Je peux commencer dans ce coin et tracer l’ensemble du logo. Je pourrais presque le faire les yeux fermés. »

Le design d’incrustations est un sujet de conversation riche ; une forme d’art en soi, indissociable de celui de la lutherie. Bien que la démarche esthétique puisse être superbement minimaliste, laissant les contours raffinés et les essences de bois d’une guitare parler d’eux-mêmes, la plupart des articles rédigés autour du thème de l’« art de l’incrustation » penchent vers des illustrations d’œuvres extrêmement picturales, narratives ou ultra-personnalisées qui démontrent un savoir-faire spécifique en la matière. Si vous aimez ce type de talent artistique, vous connaissez probablement le travail des maîtres de l’incrustation tels que Grit Laskin, Harvey Leach ou Larry Robinson, voire encore feu Larry Sifel ou Wendy Larrivee.

« Je me rappelle avoir vu Wendy graver l’un de ses bouffons à partir de ses blocs de nacre il y a de cela des années », se remémore Bob, s’émerveillant sur ses compétences. « Ce type de travail est un art qui se perd, quelque part. »

Dans le cas de Taylor, essayer de mettre en valeur 50 années de design d’incrustations en un seul article est, bien entendu, un défi de taille : il faudrait y consacrer un ouvrage volumineux. Au-delà du nombre impressionnant d’incrustations créées par Taylor au fil du temps, de nombreuses histoires vaudraient le coup d’être narrées. Citons par exemple l’évolution de nos méthodes de fabrication, qui ont progressé, allant des débuts de l’entreprise où Bob taillait à la main de la nacre au moyen d’une scie de bijoutier, à l’intégration des technologies CAO/FAO, CNC et laser dans nos efforts actuels de développement de produits. Abordons également les sensibilités esthétiques qui ont pris forme et ont été peaufinées ici, chez Taylor, ainsi que l’évolution des styles en raison des changements d’époque, ou par choix stratégique. Parlons surtout des personnes qui ont apporté leurs visions artistiques et leurs compétences uniques au sein de l’équipe Design de Taylor au fil des années, qu’il s’agisse de Bob en duo avec son partenaire créatif, Larry Breedlove, en passant par le talentueux designer Pete Davies Jr., à l’origine de certaines des incrustations Taylor les plus frappantes, pour aboutir à notre architecte guitaristique actuel, Andy Powers, dont les détails visuels réfléchis créent un mariage harmonieux entre la personnalité musicale d’une guitare et ses caractéristiques esthétiques.

Le rôle protecteur des incrustations

Outre l’attrait décoratif de l’art des incrustations, certaines d’entre elles, comme la rosace, jouent en réalité un rôle concret en contribuant à protéger une guitare acoustique des fissures.

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Une histoire riche en matière d’art des incrustations

Pour mettre en perspective l’approche de Taylor quant au design d’incrustations, peut-être nous faut-il d’abord vous donner un peu de contexte en ce qui concerne l’histoire de l’art des incrustations dans l’univers des instruments de musique. Le patrimoine de l’art des incrustations pour les guitares acoustiques à cordes acier reflète une pollinisation croisée fascinante entre différentes traditions liées aux instruments de musique, remontant à plus d’un demi-millénaire. Au fil des siècles, le monde de violons a connu différents courants en termes d’ornementation. Au cours de la période baroque, par exemple, les violons arboraient souvent de très nombreux détails décoratifs. Cependant, le temps passant, cette approche fut épurée à l’extrême, de manière à ce que les touches ne comportent plus d’incrustations. Les luthiers se concentraient davantage sur des détails spécifiques, comme l’incrustation de filet.

« Le filet et les bords devinrent les domaines dans lesquels un fabricant était en mesure de montrer ses compétences », explique Andy Powers, designer et maître-luthier chez Taylor. « Cela devint un exercice de style : il fallait montrer l’excellence de la réalisation du filet, et le talent artistique qui vous avait fait couper les éléments d’une telle manière, et les installer d’une autre : la taille, la proportion, l’aspect des articulations entre les pièces… »

Prenons les guitares : si vous remontez leur évolution pour aboutir à la tradition des luths ou des ouds, vous verrez des exemples d’instruments richement ornés. Cependant, quelle que soit l’époque, les instruments étaient également conçus avec des détails modestes pour les musiciens issus du peuple.

Les luthiers classiques s’inspirèrent de l’univers des violons et laissèrent la touche nue, concentrant leur art sur la création de filets attrayants, tout en élaborant de superbes mosaïques complexes pour les rosaces afin de démontrer leurs compétences raffinées.

Aux États-Unis, les fabricants de banjo, en particulier ceux de l’époque du jazz dixieland américain des années 1920, adoptèrent une approche plus flamboyante en matière d’ornementation : leurs instruments arboraient souvent des incrustations sophistiquées, notamment sur la touche. Ce look fut bientôt emprunté par les luthiers de guitares acoustiques à cordes acier et ce, afin d’attirer les banjoïstes. Les entreprises au premier plan de cette tradition comprenaient notamment Gibson et Epiphone, qui fabriquaient à la fois des banjos et des guitares.

« Observez un banjo ou une mandoline Gibson d’époque, contemplez leurs incrustations élaborées… Il n’est pas difficile d’imaginer la facilité avec laquelle ces incrustations ont été transférées sur les guitares », poursuit Andy. « Ces incrustations étaient réalisées jusqu’à une certaine mesure sur des guitares flat top, mais tant Gibson qu’Epiphone étaient fortement investies dans la fabrication de guitares arch top, davantage employées par les musiciens passant du banjo à la guitare. Ces guitares arboraient souvent les thèmes visuels Art déco alors populaires, adoptant l’esthétique colorée et flashy de l’âge du Jazz. On pensait que cette volonté de proéminence visuelle mettait davantage en valeur l’importance croissante de la guitare dans un groupe. »

Histoire des incrustations Taylor

Revenons aux débuts de Taylor, au milieu des années 1970. Bob Taylor déclare que l’ajout d’incrustations à une guitare était quelque chose de gratifiant, et pour deux raisons : cela lui permettait de peaufiner ses compétences en tant que jeune luthier, et de faire un peu plus de bénéfices sur une guitare, ce qui contribuait à payer le loyer de l’entreprise.

« Je pouvais intégrer une table avec un bord en abalone, et puis d’autres incrustations pour rehausser un peu le look d’une guitare ; ainsi, un instrument à 600 $ devenait un modèle à 900 $ », explique Bob.

L’une des premières influences artistiques de Bob en matière d’incrustations fut le fabricant de banjos Greg Deering, que Bob avait rencontré à la boutique American Dream où il commença, et où Greg était réparateur. Lors des tout débuts de Taylor, Greg reprit son poste de réparateur, avant d’aller fonder Deering Banjos.

« Je pense que j’ai eu un coup de chance : Greg travaillait à la boutique, puis il monta la sienne derrière moi », déclare Bob. « Greg est un fabuleux designer d’incrustations. »

Nombre des premières idées d’incrustations de Bob s’inspirèrent d’éléments visuels de sa vie de tous les jours (comme un morceau d’azulejo mexicain, décrit-il), ou d’autres designs traditionnels qui tendent à bien fonctionner avec des guitares, tels que les feuilles, les vignes ou autres thèmes botaniques.

« Avec l’idée de la feuille, si tu la graves, ça peut vraiment bien rendre ; si tu ne le fais pas, tu travailles sur les découpes », explique-t-il. « Les premiers temps, quand on faisait la découpe à la main, tu pouvais faire des entailles profondes dans les feuilles. Quand on a commencé à travailler à la CNC, on ne pouvait plus le faire car les outils de découpe n’étaient pas vraiment adaptés à ce type de tâche : le diamètre de l’outil était très gros, on perdait beaucoup de détails. Les outils de découpe se sont améliorés petit à petit, et on a pu réintégrer une partie de ces détails. »

Larry Breedlove appose sa patte

En 1983, Larry Breedlove, artisan et luthier de talent, commença à travailler chez Taylor. Au cours des trois décennies suivantes, ses collaborations avec Bob Taylor en matière de design allaient définir le look élégant que les gens associent dorénavant intrinsèquement aux guitares Taylor, qu’il s’agisse des courbes subtiles des styles de corps de la gamme Taylor, de la forme de notre emblématique chevalet ou encore de nos si nombreuses incrustations Taylor. Larry apporta une sensibilité organique, architecturale et sculpturale unique à la forme des guitares. Son amour du bois et du design innovant en ébénisterie alimenta sa démarche esthétique envers la conception des guitares acoustiques.

« Larry était comme un ébéniste moderne », nous dit Bob. « Il construisait des meubles un peu plus angulaires, mais davantage dans la veine d’une chaise à bascule de Sam Maloof », poursuit-il. « Ses créations étaient quelque peu organiques comme Gaudí, mais ne ressemblaient pas à une branche. C’était plus sculpté, plus raffiné, à mi-chemin entre l’organique et le mécanique. Ses formes et ses idées de forme étaient vraiment sympas. Et cette esthétique fonctionnait bien pour les types d’incrustations que nous faisions. On va dire qu’on a modernisé quelques-unes des anciennes incrustations de banjo. »

Larry fut également à l’origine d’une grande partie des designs personnalisés d’incrustations ayant démarré avec la série Artist de Taylor au milieu des années 1980 (notamment quelques finitions colorées révolutionnaires sur des guitares destinées à Prince, Kenny Loggins et Jeff Cook du groupe Alabama). Dans le même temps, Larry commença à employer des matériaux d’incrustations alternatifs pour enrichir sa palette de couleurs.

Nouveaux outils, nouveaux designs d’incrustations

Les années 1990 ont été synonymes de transformation pour Taylor et ce, sur de nombreux points. Tout d’abord, les guitares acoustiques connurent un regain de popularité après une décennie d’inactivité commerciale, en partie grâce à l’émission de télévision câblée MTV Unplugged. Après 10 années dominées par les synthés, les percussions électroniques et le glam metal, les guitares acoustiques redevinrent cool, alors que des groupes de rock épuraient leurs tubes pour les réinterpréter de manière acoustique et intimiste. De plus, de nombreux rockeurs furent ravis de découvrir que le profil mince et l’extrême jouabilité d’un manche Taylor leur offrait des sensations similaires à celles d’une guitare électrique. D’autres artistes émergents, comme le Dave Matthews Band, mirent également l’accent sur la guitare acoustique (et le fait que les guitares Taylor aient été un pilier des concerts du DMB dans les années 90 et ultérieures aida bien).

Alors que nos guitares connaissaient une popularité croissante, Taylor intégrait des outils et des technologies de pointe à leur design, au développement des produits et aux procédés de fabrication. Les scies contrôlées par ordinateur et la technologie laser permirent de recourir à des niveaux de précision et d’homogénéité inédits en termes de fabrication de guitares. Elles se révélèrent également être des outils révolutionnaires pour la création d’incrustations. Celles en nacre ou en abalone (et les emplacements qui les contiendraient) pouvaient être découpées plus précisément avec une scie CNC.

« Avec l’avènement de la CNC, déclare Bob, nous pouvions concevoir des incrustations un peu plus sympas, un peu plus fantaisistes, pour nos guitares les plus onéreuses. Même si nous finissions par confier la découpe des incrustations à un prestataire externe, nous savions qu’elles s’inséreraient dans l’emplacement que nous avions créé à la CNC. C’est un peu comme commander un carburateur pour votre voiture : vous vous attendez à ce qu’il s’adapte dès sa sortie du carton. Avant ce procédé, nous devions presque repartir de zéro pour chaque incrustation. »

Les lasers ont également permis d’employer d’autres matériaux d’incrustations, outre les coquillages traditionnels, notamment des bois différents ou des matériaux synthétiques comme le Formica® ColorCore®. En raison du diamètre minuscule du rayon laser (0,2 mm) et de la précision du dessin, les lasers pouvaient servir pour graver des détails dans certains matériaux d’incrustations, comme le bois ou l’acrylique, et ainsi mettre en valeur leur aspect.

Au milieu des années 1990, alors que l’entreprise était au sommet de sa gloire, stimulée par les débuts fracassants de la Grand Auditorium, Taylor décida d’allouer davantage de ressources créatives à la fabrication d’incrustations et de designs personnalisés. À la fin de la décennie, la capacité de Taylor à élaborer des incrustations visuellement frappantes pour ses modèles standard, édition limitée et custom avait significativement pris de l’ampleur. Taylor cultivant activement ses relations avec des artistes populaires, les années qui suivirent virent l’entreprise adopter ces nouveaux outils de conception pour créer une série d’incrustations plus picturales pour les guitares signature artistes, ainsi que pour d’autres modèles en édition limitée arborant un thème visuel spécifique.

L’un des designs d’incrustations thématiques les plus sophistiqués de cette époque fut élaboré pour la guitare Cujo (sortie en 1997), arborant un dos et des éclisses en noyer figuré provenant d’un arbre coupé dans une ferme de Californie du Nord. Le lien avec Cujo ? L’arbre apparaissait dans des scènes de l’adaptation cinématographique du roman de Stephen King « Cujo » (1983), dans lequel un chien Saint-Bernard est mordu par une chauve-souris enragée et finit par terroriser une mère et son fils. L’incrustation met en valeur certains éléments narratifs de l’histoire, notamment le chien, la chauve-souris, une grange et le noyer en lui-même, incorporant une variété de bois, de coquillage et d’autres matériaux. La régularité de la technologie employée pour créer ces incrustations nous permit de fabriquer 250 guitares.

Autre artiste d’incrustations important au cours de cette période : le talentueux Pete Davies Jr., qui fit son entrée chez Taylor après sa sortie d’école de design en 1999. Il possédait un don pour créer des illustrations innovantes, pouvant se transformer en des incrustations picturales frappantes sur le plan visuel. Les amateurs de Taylor de longue date reconnaîtront sa patte. Son premier design d’incrustations arborait des carpes koï pour notre guitare « Living Jewels » en édition limitée, premier instrument de ce qui allait devenir la série Gallery. Ces carpes koï colorées « nageaient » le long de la touche et autour de la rosace du corps en épicéa de Sitka/érable figuré de la guitare, qui avait été teinté en bleu pour imiter l’eau. Pete avait employé les matériaux suivants pour ses incrustations : ColorCore, imitation de nacre et un composite de turquoise, de corail et de pierre moulus, mélangé à de la résine. La guitare était superbe, tout comme les autres modèles de la série Gallery créés par la suite : la guitare « Sea Turtle », dotée de tortues de mer incrustées sur la touche, et arborant une autre tortue accompagnée d’une méduse insérées dans le dos en érable figuré blond. Troisième édition limitée de la collection, la guitare « Gray Whale » arborait des incrustations de baleine, ainsi qu’une magnifique rosace dotée d’un galion qui s’étirait partiellement sur son contour.

Un autre design richement décoré créé par Pete ornait la guitare « Liberty Tree ». Cette dernière avait été fabriquée à partir de bois provenant d’un tulipier de Virginie vieux de 400 ans, qui avait servi de lieu de rassemblement aux patriotes à Annapolis, dans le Maryland, au cours de la révolution américaine de 1776. La disposition des incrustations de Pete commémore l’importance historique de l’arbre, en illustrant la première version post-révolution du drapeau américain sur la crosse, un parchemin dessiné au laser de la Déclaration d’Indépendance qui s’étire de la touche à la rosace, ainsi qu’une rosace avec 13 étoiles (représentant chacune des colonies originales) et une bannière de l’époque coloniale qui prend naissance sur le bord de la touche et se déploie sur une partie de la rosace. Entre la signification historique du bois et l’art des incrustations qui lui rend hommage, ces guitares étaient vraiment spéciales.

Les autres designs personnalisés créés à l’origine par Pete pour des modèles en édition limitée comprennent notamment une incrustation enflammée pour notre guitare « Hot Rod » (HR-LTD) édition limitée, s’inspirant des hot-rods avec des flammes incrustées (en bois) le long de la touche et de la rosace ; une superbe incrustation de chevaux en érable et en koa pour notre guitare « Running Horses » (RH-LTD) ; et une incrustation de pélican élaboré à partir de koa, de noyer, de bois de satin et de myrte. (Pour voir des photos de ces modèles ou d’autres incrustations Taylor intéressantes pour guitare au fil des années, veuillez consulter notre galerie dans notre édition numérique.)

Après cinq ans de collaboration, en 2004, Pete décida de quitter l’entreprise et de poursuivre sa carrière. (Il est malheureusement décédé en 2014, à l’âge de 37 ans.)

Un nouvel engagement envers le design de guitares

Quand Pete quitta l’entreprise, Taylor avait connu une importante période de croissance. L’entreprise avait également repoussé ses limites artistiques grâce à un déferlement prolifique d’incrustations personnalisées à l’attention de certains artistes, ainsi qu’à une myriade de guitares en édition limitée. Pete parti, Bob Taylor, Larry Breedlove et d’autres membres de l’équipe Développement produits examinèrent la voie qui s’ouvrait à eux, ainsi que les avantages et les inconvénients liés à la poursuite de l’investissement dans cette approche esthétique et à la mise en place d’un programme de personnalisation efficace.

« On avait bien grossi, les affaires étaient bonnes, ça marchait bien depuis un certain temps, mais je commençais à avoir l’impression de stagner », se remémore Bob. « On a essayé d’en faire quelque chose. Certaines personnes voulaient des guitares vraiment fantaisistes, peu importe le prix. Même avec ce que nous facturions, nous n’engrangions pas vraiment de bénéfices ; de plus, ça nous coûtait vraiment cher, car nous perdions Larry dans un trou noir conceptuel pendant des mois. »

« Je ne voulais pas qu’Andy soit connu comme le roi des incrustations chez Taylor. Je voulais qu’on le remarque en tant que personne qui continue à faire évoluer les guitares. »

Bob Taylor

Dans le même temps, Taylor continuait à innover en matière de designs de guitares. En 2005, l’entreprise présenta la T5 électrique/acoustique hollow-body. Le style de corps Grand Symphony, conçu par Bob et Larry Breedlove, vit le jour un an plus tard, suivi par d’autres modèles, notamment une baryton 8 cordes et, en 2010, la GS Mini, également dessiné par Bob et Larry.

À cette époque, Bob était en discussion avec un luthier local talentueux du nom d’Andy Powers ; il évoquait son poste potentiel dans l’entreprise, ainsi que le rôle qu’il jouerait en tant que concepteur de guitare nouvelle génération chez Taylor. Andy accepta et débuta officiellement en janvier 2011.

« Avec l’arrivée d’Andy, nous avons pris une décision consciente : nous n’allions pas nous concentrer sur les guitares sur mesure, aux incrustations extrêmement sophistiquées, où nous tentions de développer une activité de création de guitares personnalisées par l’intermédiaire des incrustations », se rappelle-t-il. « Andy est un luthier épatant. J’étais prêt à ce que nous portions un nouvel intérêt à la qualité des guitares en tant qu’instrument de musique, plutôt qu’en tant que bel objet. On peut consacrer tellement d’énergie à entretenir le talent et à gérer le travail nécessaire à la création d’incrustations sophistiquées… Nous étions à un moment où nous sentions qu’il était approprié de créer des incrustations élégantes pour nos guitares, mais il nous fallait nous éloigner des thématiques que nous avions mises à l’honneur par le passé. »

Ironie du sort, ajoute Bob : en plus d’être un luthier très compétent, Andy est également un artiste d’incrustations doué, en mesure de dessiner des thèmes extrêmement picturaux.

« Il est capable de fabriquer des incrustations époustouflantes, comme par exemple un tigre qui marche sur la guitare », sourit-il. « Mais je ne voulais pas qu’Andy soit connu comme le roi des incrustations, ici, chez Taylor. Je voulais qu’on le remarque en tant que personne qui améliore les guitares que nous faisions jusqu’à présent chez Taylor, et qui continue à faire évoluer les guitares, qui rallonge leur durée de vie. Nous sommes tous deux persuadés que c’est ce que nous pouvons offrir de mieux à nos clients. »

L’épiphanie d’Andy en matière d’incrustations

Andy est fier des incrustations qu’il a faites sur les guitares fabriquées avant ses débuts chez Taylor. Et il a raison. Non seulement son portfolio est magnifique, mais ses œuvres ont été entièrement dessinées et découpées à la main.

« La tradition des incrustations découpées à la main était quelque chose que j’admirais, et à laquelle je prenais beaucoup de plaisir », admet-il. « Je travaillais avec une scie de bijoutier et quelques limes minuscules. J’aurais tout aussi bien pu travailler au XVIIIe siècle ! »

En fonction du type d’incrustations que ses clients désiraient voir sur leurs guitares, Andy voit un parallèle avec un artiste tatoueur contemporain.

« Songez au nombre infini de tatouages qu’une personne peut avoir », explique-t-il. « Vous trouvez de tout : du prénom des enfants aux illustrations d’un moment de vie, en passant par les inspirations, les devises, les croyances… De nombreuses personnes envisagent l’art de l’incrustation selon un angle similaire : elles veulent que leur instrument dépeigne leur histoire, une certaine expérience, un obstacle rencontré, une réussite, un échec. C’était vraiment quelque chose qui me tenait à cœur, car j’aime l’aspect humain de ce travail. »

Le défi artistique lui plaisait tout autant : il lui fallait trouver une manière d’illustrer graphiquement l’histoire d’une personne, et de travailler avec les contraintes de l’instrument et des matériaux en recourant à une réalisation manuelle. Toutefois, Andy commença à envisager différemment les choses après une visite de feu Bill Collings (excusez du peu), de Collings Guitars, dans sa boutique.

« Tout design d’incrustation doit indiquer, dans une certaine mesure, les sensations et les sonorités que la guitare va offrir. »

Andy Powers

« Il regardait cette guitare que j’étais en train de fabriquer pour un client », se remémore Andy. « J’avais passé des semaines à travailler sur ces incrustations extrêmement sophistiquées, et j’en étais fier. Bill s’est tourné vers moi après avoir contemplé cette guitare et m’a dit : “C’est vraiment magnifique. Mais si j’étais toi, je commencerais à penser à la personne qui possédera cette guitare après son premier propriétaire. Des musiciens vont vouloir jouer sur cet instrument bien plus longtemps que tu ne le penses.” On est restés silencieux pendant quelques minutes, le temps que je songe à ce qu’il venait de dire, et que je trouve les mots pour lui répondre. “En d’autres termes, vous n’aimeriez pas avoir le prénom de la maman de quelqu’un d’autre tatoué sur le bras ?” Et il m’a répondu : “Exactement.” »

Au fil des années suivantes, poursuit Andy, cette observation s’est révélée vraie, alors qu’il voyait que les parents transmettaient leurs guitares à leurs enfants.

« J’ai eu le cas d’un musicien ayant hérité d’un instrument qui m’a dit : “J’adore cette guitare, mais c’est l’histoire de mon père, pas nécessairement la mienne”. Je me suis alors davantage intéressé au côté traditionnel de l’art des incrustations, et je me suis penché sur certains thèmes un peu plus attrayants sur le plan universel. Bien sûr, les thèmes classiques (motifs botaniques, certaines formes plus impressionnistes) fonctionnent généralement bien. »

Cela rappelle à Andy un voyage à Crémone, en Italie, où il se rendit quelques années auparavant et où il eut l’opportunité de voir de près un superbe violon Stradivarius.

« Il arborait énormément de détails décoratifs, ce qui était inhabituel », se rappelle-t-il. « Certaines parties étaient peintes à la main, des éléments étaient gravés et remplis avec du mastic de couleur contrastante… Pas nécessairement des incrustations, mais l’effet visuel était similaire. C’était un motif de style botanique, et les lignes paraissaient aussi élégantes ce jour-là qu’elles l’étaient au XVIIIe siècle, lorsqu’elles avaient été réalisées. Je me suis dit que c’était une superbe approche de l’ornementation. »

Dans les coulisses du procédé de design d’incrustations

Andy Powers nous explique quelques-unes des étapes liées à l’élaboration d’une incrustation à des fins de production, allant des dessins au crayon au produit fini.

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Approche d’Andy envers le design d’incrustations chez Taylor

Andy confirme les dires de Bob Taylor : il doit consacrer son attention créative chez Taylor aux améliorations fondamentales apportées aux guitares plutôt que sur les personnalisations extrêmes. Cela dit, une partie de cette attention a donné naissance à de nombreux nouveaux designs d’incrustations réfléchis au sein de la gamme de guitares standard de la marque.

Depuis son arrivée chez Taylor il y a dix ans de cela, et en tant que designer et maître-luthier, Andy a petit à petit transformé quasiment l’intégralité de la gamme de guitares Taylor, en peaufinant les sensations, les sonorités et le look de la plupart des modèles existants, et en présentant un grand nombre de designs inédits. Quel que soit le type de guitare, l’approche esthétique, dit-il, est fondamentalement la même : il doit s’agir d’un processus conceptuel holistique dans lequel la personnalité musicale et le traitement visuel partagent un

« Si vous observez une incrustation, peu importe laquelle, elle doit indiquer, dans une certaine mesure, les sensations et les sonorités que la guitare va offrir », explique-t-il. « Les formes jouent un rôle, cela va sans dire. Les matériaux sont importants. Le poids visuel entre en ligne de compte : quelle est la force visuelle d’une incrustation, est-elle audacieuse ou subtile ? »

Il prend la Grand Concert 912ce Builder’s Edition en exemple.

« Le corps de plus petite taille tend à lui offrir des sensations plus intimistes, plus élégantes », décrit-il. « Imaginez-la maintenant avec de grosses incrustations en nacre de type bloc, à chaque position. Vous auriez une touche super brillante, super réfléchissante, et l’instrument serait tellement lourd visuellement que vous auriez l’impression qu’il pourrait tomber de son stand à tout moment. Cette guitare ne serait pas équilibrée sur le plan visuel. Toutefois, avec l’incrustation “Belle Fleur”, on observe un équilibre entre force et délicatesse avec une touche d’Art déco, une touche d’Art nouveau, une touche d’impressionnisme stylisé… Quand je vois ça, je me dis que ça ressemble au reste de la guitare. Ça correspond. Aucun élément ne vient écraser les autres. Les types de courbes employés rappellent les courbes du pan coupé en biseau et du repose-bras, ainsi que la silhouette générale de la guitare. Tous ces éléments s’accordent ensemble. »

Cette philosophie en matière de design d’incrustations peut parfois se heurter à certains défis dans le cadre de la gamme Taylor. Traditionnellement, chaque série de la gamme partage plusieurs caractéristiques (et, dans la plupart des cas, le même bois pour le dos et les éclisses) ; pourtant, différents styles de corps au sein d’une série peuvent présenter des personnalités sonores vraiment spécifiques.

Ainsi, Andy a parfois fait usage de sa licence poétique pour s’émanciper de ces contraintes. Son concept « Builder’s Edition » lui a offert une avenue toute tracée pour s’éloigner d’une série et créer une autre classe de modèles « director’s cut ». Par exemple, avec les débuts de la Grand Pacific, Andy choisit de fabriquer les 517 et 717 Builder’s Edition avec un ensemble de caractéristiques qui reflétaient l’héritage traditionnel des guitares de style Dreadnought et des sonorités musicales différentes pour Taylor ; ainsi, les deux modèles partageaient une sensibilité esthétique et un design d’incrustations entre eux deux, plutôt qu’avec les guitares de la série 500 ou de la série 700.

Anatomie de l’incrustation « Mission »

Au premier abord, la suite d’incrustations de touche « Mission », présente sur les Grand Orchestra 618e et 818e, ressemble à un design relativement simple. Toutefois, une inspection plus détaillée révèle des détails nuancés.

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Autre exemple (ne concernant pas les Builder’s Edition) : la refonte de notre Grand Orchestra en 2020 afin que celle-ci soit équipée d’un barrage V-Class et d’un nouvel ensemble de caractéristiques. Les deux modèles repensés, la 618e et la 818e, avaient en commun une incrustation (« Mission »), qui diffère des autres motifs arborés par les séries 600 et 800. Andy choisit de dessiner une incrustation de style bloc en tant que référence visuelle pour la voix imposante, puissante et audacieuse de la guitare ; cependant, après inspection minutieuse, nous pouvons observer des détails subtils au niveau de l’incrustation : le bloc de nacre au centre est en réalité entouré d’un cadre externe en ivoroïde découpé au laser, agrémentant le bloc d’un délicat élément de gradation. (Pour de plus amples informations sur l’exécution technique de cette incrustation, veuillez vous référer à notre colonne latérale.)

« Cela semble approprié pour une guitare Grand Orchestra », explique Andy. « Cela incarne la manière dont je décrirais les sonorités d’une Grand Orchestra. Elles sont puissantes, audacieuses, dominantes, mais intègrent également une dose de complexité et de raffinement qui contredisent sa taille imposante. Vous pouvez employer une incrustation (un marqueur de position, une simple décoration) en tant qu’opportunité conceptuelle pour que la guitare s’affirme, car tous les éléments narrent la même histoire. En tant que musicien, quand vous regardez l’instrument dans son ensemble, vous comprenez intuitivement que ces éléments se marient harmonieusement. Selon moi, cela veut dire que l’incrustation est réussie. J’aime à penser que dans un siècle, un guitariste regardera ce modèle et saura intuitivement à quelles sonorités s’attendre. »

Des sonorités qui seront probablement encore exceptionnelles.

Dans un numéro ultérieur de Wood&Steel, Scott Paul (directeur de la pérennité des ressources naturelles chez Taylor) abordera plus en détail nos efforts d’approvisionnement quant aux matériaux naturels, tels que la nacre ou l’abalone.

Entièrement détenue par ses employées

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Après avoir consacré des années à la réussite de l’entreprise et à l’instauration d’une culture de la créativité, Bob Taylor et Kurt Listug, les co-fondateurs de Taylor, ont le plaisir d’effectuer un transfert de propriété en faveur de leurs employés. Voici pourquoi l’avenir n’a jamais paru aussi radieux pour Taylor... Et pour les guitaristes.

La scène se passe un lundi matin de janvier. Pourtant, manque au tableau le bourdonnement habituel des guitares prenant vie dans les ateliers de production de l’usine Taylor d’El Cajon, en Californie. En voilà la raison : de l’autre côté de la rue, nos artisans ont retrouvé leurs collègues employés sur le parking de l’entrepôt d’expéditions et ce, pour une annonce virtuelle obligatoire concernant l’ensemble de l’entreprise.

Un mur vidéo LED de 9 mètres a été dressé, et un compte à rebours numérique sur l’écran égrène les secondes. Sous le ciel azur de Californie du Sud, les employés sont masqués et respectent les mesures de distanciation sociale. Partout dans le monde, les collaborateurs Taylor travaillant à distance, y compris ceux de notre équipe européenne, ont reçu la consigne de regarder cette vidéo via un lien qui leur a été fourni.

Bien que son contenu soit resté vague, l’annonce a été présentée sous un jour positif, comme une reconnaissance importante de nos employés ; ainsi, un sentiment d’anticipation curieuse flotte dans l’air, alors que les employés présents sur le site bavardent ou consultent leur téléphone pour tromper leur attente. 

À l’heure dite, la vidéo débute : c’est l’image de Bob Taylor, fier jeune homme de 17 ans tenant la toute première guitare qu’il ait jamais fabriqué (une dreadnought 12 cordes), qui emplit l’écran. La vidéo continue et met en valeur les faits marquants de l’histoire de l’entreprise, alors que l’on entend les voix familières de Bob et du co-fondateur Kurt Listug échanger leurs souvenirs en regardant des photos d’archives ; sur ces clichés documentant les débuts ardus de l’entreprise, ils y apparaissent avec quelques années de moins.

Les deux hommes se remémorent leur passion commune pour la fabrication de guitares, qui les a réunis à la boutique « American Dream ». C’est cette même passion qui les a incités à s’associer et à acheter le commerce pour la somme de 3 700 $, se lançant respectivement dans les affaires à 19 et 21 ans. Ils se rappellent les difficultés rencontrées et reviennent sur leur volonté de fer, qui leur a permis de nager à contre-courant pendant 10 ans avant d’être en mesure de passer le cap et de se verser un salaire régulier.

« Ça n’a pas été facile pendant un bon moment », déclare Kurt. « On a dû tout apprendre. Comment fabriquer des guitares. Comment les vendre. Comment monter une entreprise. »

La vidéo suit l’évolution de Taylor et s’achève sur le fonctionnement actuel de l’entreprise. Bob et Kurt remercient les employés pour leur travail acharné et leur esprit d’équipe, qui ont soutenu la croissance et la réussite de l’entreprise, et ont permis de définir la culture qui la caractérise. Ils reconnaissent également les bouleversements qui ont agité de l’année 2020.

« Pour tester la culture d’une entreprise, vous pouvez observer comment elle réagit face à l’adversité », affirme Kurt, faisant référence à sa volonté de résoudre les problèmes et aux efforts précoces que lui et Bob ont déployés pour affronter les défis sans précédent de 2020. « Nous voulons que vous sachiez à quel point nous sommes fiers de la manière dont notre entreprise a été à la hauteur de la situation. »

Bob confirme ce sentiment, revenant sur les réussites de 2020, comme la création rapide et le lancement de la série American Dream, la sortie de notre nouvelle guitare GT et la manière dont les employés à la production se sont adaptés aux nombreux nouveaux protocoles de sécurité sanitaire sur le lieu de travail en cette époque de COVID.

« Malgré toutes les difficultés auxquelles nous avons dû faire face, Kurt et moi-même savions que nous pourrions nous en sortir en tant qu’entreprise, et que nous en sortirions plus forts ; nous l’avons déjà fait par le passé », déclare-t-il. « Mais cette fois, nous pouvons compter sur la présence à nos côtés des personnes les plus talentueuses et dévouées qui soient. »

Le plan de la vidéo change. Cette fois, Bob et Kurt sont face à la caméra et s’adressent directement aux employés.

« C’est un grand jour dans l’histoire de Taylor Guitars », déclare Bob. « C’est un jour que Kurt et moi avions prévu depuis longtemps. »

Ils reviennent sur une question qu’on leur pose de plus en plus ces derniers temps, d’autant plus que les deux hommes ont bien entamé leur soixantaine : « Que va-t-il advenir de Taylor Guitars quand vous ne serez plus là ? »

« Kurt et moi n’avons pas prévu de prendre notre retraite prochainement », déclare Bob, « mais c’est une question importante. Aujourd’hui, nous allons y répondre. »

« Chaque entreprise couronnée de succès se trouve face au même défi : que se passera-t-il quand les fondateurs ne seront plus là ? », poursuit Kurt. « Qui détiendra l’entreprise ? Qui seront les personnes les mieux placées pour montrer la voie à l’avenir ? Qui veillera à l’intégrité de nos valeurs, et soutiendra la culture que nous aimons ? Bien que Bob et moi ayons encore de nombreuses années à consacrer à l’entreprise, nous voulions nous assurer de la positionner au mieux pour ses réussites futures et ce, afin de lui offrir la meilleure chance possible d’être encore sur le devant de la scène ces 100 ou 200 prochaines années. »

« Pour nous, le “bon vieux temps”, c’est le présent et l’avenir. »

Bob Taylor

Kurt explique les options standard proposées aux entreprises planifiant un transfert de propriété ; il indique pour quelle raison aucune des solutions avancées ne trouvait grâce auprès de lui, de Bob ou de notre designer et maître-luthier Andy, devenu troisième partenaire propriétaire en 2019. Ils auraient pu conserver l’entreprise dans la famille (sauf que Kurt n’a pas d’enfant, et que les filles de Bob n’ont jamais été intéressées par une reprise) ; vendre l’entreprise à un autre fabricant d’instruments de musique (ils ont reçu des offres, mais selon eux, aucune autre société ne pourrait véritablement comprendre ou préserver la culture de Taylor) ; vendre à un fonds d’investissements privé (ce qui pourrait compromettre la santé financière de l’entreprise, ou sa mission fondamentale) ; ou entrer en bourse (mais Taylor est une trop petite entreprise pour ça).

« Aucune de ces solutions n’aurait préservé les valeurs de l’entreprise, ni continué à se focaliser sur le design et la fabrication des meilleurs instruments de musique possibles, alors que c’est le secret de notre réussite », renchérit Kurt. « De plus, nous aurions perdu le contrôle sur la prise de décision et la définition des objectifs pour l’entreprise. »

Une seule et unique option avait un sens, poursuit Bob.

« En réalité, à cet instant présent, Kurt et moi ne sommes plus propriétaires de Taylor Guitars », affirme-t-il. « Le 31 décembre, alors que vous prépariez les réjouissances du Nouvel An, Kurt, Andy et moi étions en train de signer les documents pour vous transmettre à vous, nos chers employés, la propriété de Taylor Guitars. Vous avez bien entendu : Taylor Guitars est à présent intégralement détenue par ses employés. Félicitations ! »

Terry Myers, l’un des plus anciens employés de Taylor (32 ans au service de l’entreprise), se trouvait sur le parking lors de l’annonce.

« Je n’en revenais pas », déclare-t-il. « Franchement, quand j’ai entendu parler d’une annonce importante, concernant toute l’entreprise, je me suis d’abord dit qu’on avait été vendus, et je me demandais qui était le nouveau propriétaire. Pourtant, l’atmosphère sur place était assez positive, ça me paraissait un peu bizarre ! On sait tous que quand une entreprise est vendue, ça ne sent pas bon pour la plupart des employés. Alors quand j’ai entendu que nous, les employés, on était les nouveaux propriétaires… Je me suis dit que ça, je ne l’avais pas vu venir ! C’était un moment extraordinaire. »

Al Moreno, vidéaste qui filmait l’événement, nous transmet ses impressions :

« Je me suis senti comme un musicien qui intégrait un groupe super célèbre. J’étais tellement fier de faire partie de cette communauté d’employés ! », sourit-il.

Transition vers un régime d’actionnariat des salariés

Le mécanisme par lequel les employés de Taylor en sont devenus les propriétaires s’appelle un régime d’actionnariat des salariés (ESOP ; Employee Stock Ownership Plan). Établi selon la loi fédérale des États-Unis, il fonctionne comme un régime de retraite qui offre aux employés qualifiés d’une entreprise une participation au capital via des comptes individuels. Cet ESOP détient des parts des actions de l’entreprise au nom des employés. Ces parts sont ensuite divisées et allouées à des épargnes-retraites personnelles au fil du temps (les employés n’achètent pas concrètement les parts). La valeur de chaque épargne-retraite reflète les performances de l’entreprise ; ainsi, plus elle connaît de croissance et de réussite au fil du temps, plus les employés en retireront des bénéfices pécuniaires. Chaque année, l’entreprise met de l’argent sur les comptes des employés. Quand un employé quitte l’entreprise ou prend sa retraite, l’ESOP le rémunérera en fonction de la valeur de l’entreprise et du nombre de parts sur son compte.

Bob et Kurt reviennent sur leur transfert de propriété, leurs espoirs pour l’avenir de Taylor et ce dont ils sont les plus fiers.

« Ces derniers temps, de plus en plus de travailleurs n’ont plus la possibilité de se lancer et d’épargner. »

Kurt Listug

« Avec l’actionnariat des employés, nous rétribuons notre personnel d’une manière encore plus importante et significative », déclare Kurt. « Cela permet à tous d’avoir un intéressement financier direct dans la réussite de l’entreprise, et donc de continuer à vouloir fabriquer les meilleurs instruments de musique possibles pour les années à venir. »

De l’importance de prévoir

Un ESOP est une entité sur laquelle Kurt, Bob et Barbara Wight, directrice financière de Taylor, ont commencé à se pencher il y a des années. En réalité, cela fait près de sept ans que l’entreprise planifie activement ce transfert. Prévoir pour l’avenir, se remémore Bob, était un principe fondamental que Kurt et lui ont appris à chérir tôt au cours de leur partenariat.

« Kurt et moi avions la vingtaine, on essayait de monter une boîte sous la forme qui nous conviendrait le mieux », explique-t-il. « On parlait à un avocat, et à un moment il nous a dit “Quand vous vendrez votre entreprise…”, ce à quoi j’ai répondu “Que voulez-vous dire ? Je n’ai aucune intention de vendre cette entreprise.” Il m’a répondu : “Bob, vous allez vendre cette boîte, que ça soit par accident, à votre mort, ou un peu avant, quand vous aurez encore le contrôle.” Je me suis pris ça en pleine face : il était essentiel de prévoir notre avenir. »

Barbara Wight, engagée en tant que directrice financière chez Taylor en 2009, a appris « à la dure » pour quelle raison il était important pour une entreprise de créer un plan de succession de la propriété.

« J’ai fait la douloureuse expérience de devoir aider une grande société, leader mondial de son domaine, à faire un transfert quand son fondateur est décédé inopinément ; l’entreprise n’avait pas mis en place de plan de succession », se rappelle-t-elle. « Et on s’est retrouvé face à deux pans différents : la gestion de l’entreprise en elle-même, et l’entité de l’entreprise, sous forme d’organisme. Si vous n’avez pas de plan de succession pour cet organisme quand vous n’en faites plus partie, cet organisme aura du mal à survivre. »

« Zildjian a été fondée au XVIIe siècle, Martin en 1833… Il n’est pas rare que des entreprises œuvrant dans l’univers de la musique soient centenaires. »

Barbara Wight

Quand Barbara a passé son entretien avant d’être embauchée chez Taylor, les discussions ont principalement porté sur ce point précis.

« Je leur ai dit que je ne voulais plus jamais connaître ça. Je voulais m’assurer que Bob et Kurt comprennent qu’ils devaient penser de même et, bien évidemment, c’était le cas, car ils réfléchissent sur le long terme. En gros, cela fait depuis que j’ai commencé ici que l’on en parle. »

Andy Powers engage sa carrière

Lorsqu’il s’agit de prévoir pour l’avenir, l’un des exemples les plus parlants de l’implication sans faille de Taylor envers le design de guitares a été l’embauche d’Andy Powers. Son arrivée s’est faite quasiment pile 10 ans avant le transfert de propriété. Quiconque a suivi le déferlement prolifique d’innovations guitaristiques de Taylor au cours de la décennie écoulée comprend l’impact phénoménal qu’Andy a eu en tant qu’architecte/concepteur d’avant-garde. Tout le monde sait qu’Andy a été recruté pour succéder à Bob en tant que créateur de guitares. Ce que certains d’entre vous ignorent peut-être, c’est que Bob voulait explicitement engager quelqu’un de relativement jeune, qui pourrait faire toute sa carrière chez Taylor. En réalité, quand Bob écrivit une « liste de souhaits » des compétences qu’il désirait voir chez son successeur, l’une d’entre elles était le fait que la personne devait avoir moins de 30 ans, mais plus de 20 ans d’expérience en lutherie… Un prérequis semblant impossible à satisfaire. Et pourtant… Andy répondait à ce critère : il avait construit sa première guitare à l’âge de neuf ans !

Andy confirme son implication auprès des nouveaux propriétaires/employés de Taylor après l’annonce du transfert de propriété par Bob et Kurt.

« Je m’engage à passer ma carrière professionnelle ici, à fabriquer ces guitares que nous aimons tous tant », déclare-t-il. « Bob a toujours dit que Kurt et lui avaient consacré beaucoup de temps à construire des fondations solides, et un toit qui ne fuyait pas ; nous allons passer la génération suivante à en aménager les intérieurs. »

Bob considère l’embauche et la collaboration avec Andy comme l’une des réussites dont il est le plus fier, et comme un exemple de la philosophie visionnaire de l’entreprise.

« Andy est meilleur luthier que moi. Je suis même convaincu qu’il est l’un des meilleurs au monde ! C’est fantastique, car ça veut dire que nous pouvons envisager un avenir radieux, plutôt que d’essayer de recréer le passé », souligne-t-il. « Pour nous, le “bon vieux temps”, c’est le présent et l’avenir. »

De l’importance des employés et de la culture

En tant qu’entreprise, Taylor aurait très bien pu s’établir en tant qu’actrice respectée sur le marché des guitares acoustiques haut de gamme et rester à taille humaine. Toutefois, Bob et Kurt ont toujours été plus ambitieux.

« Je me souviens quand nous avons acheté la boutique American Dream », se remémore Kurt. « Nous nous sommes dit “Un jour, on sera aussi gros que Martin”. Nous n’étions que des gosses, et c’était assez drôle, sur le moment ; mais nous avions cet objectif qui nous réunissait. »

Au fil du temps, alors que leur équipe s’étoffait, Bob et Kurt ont également compris que pour que l’entreprise poursuive sa croissance et demeure fidèle à ses valeurs, ils auraient besoin de bâtir une culture solide aux côtés de personnes qui partageaient leur vision et leur volonté.

« Nous adorons fabriquer des guitares ; mais ce que Kurt, Andy et moi-même aimons encore plus, c’est créer des emplois et offrir une carrière à nos employés. »

Bob Taylor

« Tout ne tourne pas autour des affaires », dit Kurt. « C’est une entreprise, c’est vrai, mais nous voulions attirer des personnes qui aimaient autant leur boulot que Bob et moi. Nous voulions créer un milieu professionnel qui mettrait en valeur la résolution innovante de problèmes, la collaboration et le respect. Un endroit où les gens se sentiraient suffisamment autonomes pour user de leurs talents uniques, et être fiers de leur travail. »

Bob se souvient très bien de l’épiphanie qu’il eut en tant que jeune luthier aspirant à faire bien plus que de simplement maîtriser l’art qu’il pratiquait ; il voulait en faire une vocation attrayante pour d’autres.

« Quand je repense à nos débuts, où nous galérions, où j’aimais ce que je faisais mais où je n’avais pas le sou, je me suis fixé un autre objectif : faire de mon labeur un travail que d’autres pourraient être fiers d’effectuer. Un boulot où vous pourriez dire à n’importe lequel de vos amis faisant carrière : “Moi aussi, j’ai une grande carrière : c’est la lutherie.” »

Des décennies plus tard, malgré les hommages reçus en tant que pionnier du design moderne et de la fabrication de guitares, Bob s’enorgueillit de voir ce qu’est devenue Taylor, qui compte à présent plus de 1 200 employés.

« Nous adorons fabriquer des guitares ; mais ce que Kurt, Andy et moi-même aimons encore plus, c’est créer des emplois et offrir une carrière à nos employés » explique-t-il.

Les employés/propriétaires Taylor nous font part des éléments de la culture d’entreprise qui trouvent écho chez eux.

Vision à long terme

Kurt comprend pour quelle raison le régime d’actionnariat des employés s’avère être la meilleure façon d’envisager l’avenir, du point de vue de l’entreprise. Toutefois, il souhaite vivement offrir aux nouveaux employés/propriétaires une manière de se créer un avenir financier plus radieux, pour eux et pour leur famille, en particulier à une époque où les inégalités se creusent de plus en plus dans le monde entier.

« Ces derniers temps, de plus en plus de travailleurs n’ont plus la possibilité de se lancer et d’épargner », explique-t-il. « La plupart des gens ne sont pas en mesure de bénéficier d’une certaine stabilité financière au cours de leur vie, à moins de dépenser le strict minimum et d’avoir des revenus suffisamment élevés par rapport à ces frais pour pouvoir économiser. Ils n’auront pas la capacité de gérer un capital ou d’être payés en actions. Ce régime de propriété est une opportunité pour les employés : ainsi, ils peuvent bâtir un capital au fur et à mesure que l’activité augmente. Ils épargnent de l’argent pour leur retraite, quelque chose qu’ils n’auraient pas été en mesure de faire autrement. »

Tous les employés sont concernés

L’une des exigences de Bob, Kurt et Andy, alors qu’ils se penchaient sur le transfert de propriété vers les employés, c’était de trouver une structure adaptée à tous les employés Taylor et ce, pour que l’ensemble du personnel puisse participer, y compris ceux installés au Mexique, en Amérique du Sud, au Royaume-Uni et en Union européenne. Après tout, notre siège européen à Amsterdam offre une plateforme opérationnelle pour nous permettre de gérer notre propre réseau de distribution et de ventes, et comprend un centre de réparation et de service après-vente entièrement équipé ; il a été essentiel à notre croissance internationale au cours de la décennie écoulée.

De même, notre deuxième complexe manufacturier de Tecate, Basse-Californie, Mexique (à près d’une heure de notre siège américain d’El Cajon), où nous fabriquons la Baby Taylor, la GS Mini, la série Academy, les séries 100 et 200 et nos étuis et housses, a également joué un grand rôle dans notre croissance.

« L’une de nos plus grandes réussites a été le développement de nos activités à Tecate », déclarent Bob et Kurt dans un message adressé aux employés Taylor du Mexique, à la suite de l’annonce de l’ESOP. « Nous sommes convaincus qu’il s’agit de l’une des meilleures usines de fabrication de guitares au monde, et vous devriez tous et toutes être fiers du travail que vous avez accompli pour faire de Taylor un leader du secteur et rendre nos guitares aussi populaires sur la planète. »

Les réglementations relatives à l’ESOP ont été établies conformément à la loi fédérale des États-Unis. Trouver le mécanisme parfait, qui permettrait d’inclure les employés de plusieurs pays, a rendu le processus plus complexe que prévu ; en effet, les lois diffèrent selon les pays. Barbara Wight, directrice financière, a pris les devants : elle a collaboré avec des conseillers externes, dont la spécialité était d’aider les entreprises à appréhender le transfert de propriétés par l’intermédiaire des ESOP. C’est l’une des raisons pour lesquelles le processus de planification a pris plusieurs années.

« Il nous a fallu prendre en compte chaque actionnaire et, tant que nous n’étions pas sûrs que tout le monde serait correctement reconnu et intégré à la transaction, la structure ne pouvait pas fonctionner », admet Barbara. « Cela comprenait Bob, Kurt et Andy, mais aussi tous nos employés dans le monde entier. Il fallait également que ça soit bénéfique pour nos prestataires, nos clients, la communauté locale, la communauté entrepreneuriale et les créanciers qui nous aident à acheter l’entreprise. »

Au cours des années précédant le transfert, la date butoir a toujours été le 31 décembre 2020. Mais personne n’avait anticipé la pandémie…

« Quand la pandémie a frappé et que nous avons dû fermer les usines, nous avons mis le plan en standby », se remémore Barbara. « Nous sommes passés en mode survie, et nous avons veillé à la sécurité de chacun. Au fur et à mesure que l’année avançait, nous nous sommes rendu compte que le monde se tournait vers la musique ; ça nous a incités à reprendre nos efforts. En gros, c’est en septembre passé que nous avons pris la décision : “Allez, on se lance”. Et nous avons compressé un projet d’un an sur une période de quatre mois [de septembre au 31 décembre], car nous nous sommes dit : “Et si on commençait l’année 2021 sur une note incroyablement positive pour tous nos employés, nos revendeurs et nos clients ?” ».

Les employés du site de production Taylor de Tecate, Basse-Californie, Mexique, participeront au plan d’ESOP basé aux États-Unis de Taylor. Cet arrangement est le premier de ce genre dans le monde des ESOP : il crée un nouveau paradigme, auquel d’autres entreprises se conformeront peut-être.

 « L’actionnariat des salariés, c’est une option géniale pour nous : cela signifie que notre principal objectif – construire des instruments exceptionnels à l’intention des musiciens – pourra perdurer dans le temps. »

Andy Powers

Les employés du Royaume-Uni et de l’Union européenne participeront à un plan similaire (plan mondial d’actionnariat des salariés ; GESOP, Global Employee Stock Ownership Plan), soumis aux réglementations de l’UE.

Nate Shivers, directeur des ventes Europe, Moyen-Orient et Afrique de Taylor, habite et travaille à Amsterdam. Il signale que les programmes de type ESOP ne sont pas chose courante en Europe.

« Le fait que Taylor ait tout fait pour appliquer les mêmes principes de base à nos employés européens a été une immense surprise pour eux », indique-t-il. « Notre équipe a vraiment été impressionnée par l’implication de Taylor à son égard. »

Un vent de soulagement a également soufflé sur le personnel, poursuit Nate. En effet, certains employés se posaient des questions sur l’avenir de Taylor une fois que Bob et Kurt ne seraient plus propriétaires.

« Nous pensions qu’il était possible que l’on se réveille un jour et que Taylor soit alors la propriété d’un concurrent ou d’une banque », admet-il. « La voie choisie par Bob, Kurt et Andy a vraiment fait grande impression sur ce groupe. »

Une autre facette du développement durable

Ces dernières années, nous vous avons beaucoup parlé des efforts constants de Taylor pour devenir une entreprise plus pérenne. Dans la plupart des cas, nos initiatives se sont concentrées sur une gouvernance responsable des ressources naturelles dont nous nous servons, en investissant en l’avenir par l’intermédiaire de projets tels que la plantation d’ébènes ou de koa, le surcyclage et la replantation d’arbres en milieu urbain, ou d’autres pratiques visant à réduire le gaspillage. Du point de vue de Bob, Kurt et Andy, ce même schéma de pensée s’applique ici : l’entreprise investit en son personnel et en sa culture d’entreprise via l’actionnariat des employés. Et ces deux concepts s’harmonisent plutôt bien. Bob recourt souvent à l’exemple des acajous plantés par les missionnaires britanniques aux îles Fidji il y a un siècle de cela, qui ont donné du bois avec lequel Taylor a fabriqué des guitares.

« Ce n’est pas génial de se dire que dans une centaine d’années, les artisans Taylor pourraient fabriquer des guitares avec l’ébène, le koa et d’autres espèces de bois que nous sommes en train de planter ? », interroge Bob.

De plus, comme le signale Barbara Wight, faire de la musique est une forme essentielle et durable d’expression humaine ; les entreprises fabriquant des instruments de musique peuvent perdurer pendant des générations.

« Zildjian a été fondée au XVIIe siècle, Martin en 1833… Il n’est pas rare que des entreprises œuvrant dans l’univers de la musique soient centenaires », avance-t-elle. « Ces entreprises-là ont tenu le coup en étant transmises entre membres d’une même famille. Dans notre cas, c’est grâce à nos employés que la marque perdurera. C’est vraiment formidable. »

Barbara Wright, directrice financière de Taylor, nous raconte pourquoi l’actionnariat des salariés a tant de sens pour les employés et pour la croissance continue de l’entreprise.

Pourquoi l’actionnariat des employés est-il une bonne nouvelle pour les musiciens ?

Si vous appréciez déjà nos guitares et les valeurs de notre entreprise (ou simplement si vous aimez les guitares en général), le plan de Taylor pour l’avenir devrait vous réjouir. Toutefois, cette annonce est également une excellente nouvelle pour nos clients présents et futurs.

Cela fait des décennies que Dave Pelletier, directeur des ventes Taylor, travaille dans l’univers de la musique, qu’il s’agisse de la partie revente ou de celle de la fabrication. Il comprend la nature « gagnant-gagnant » de l’actionnariat des employés Taylor par rapport aux clients.

« La manière dont une entreprise traite ses employés, tout comme ses clients, en dit long sur elle », déclare-t-il. « Pour une entreprise, l’actionnariat des employés permet de passer de la parole aux actes. Cela fait écho chez nos clients, et les attire vers notre marque. On le voit déjà. Cela leur garantit également la continuité de notre culture et de la manière dont nous poursuivrons nos activités à l’avenir. C’est un gage de la qualité que leur argent durement gagné leur permettra de s’offrir. D’un point de vue personnel, en tant qu’individus chez Taylor, nous réfléchissons plus globalement à l’impact de nos actions, en nous demandant “Est-ce que cette action sera bénéfique à tous ? Et à nos clients, au final ?” ».

Dave Pelletier et Steve Thierault de Taylor expliquent comment l’actionnariat des employés aura des avantages pour les clients, les revendeurs et les fournisseurs de l’entreprise.

Des employés actionnaires pour des clients heureux

Les données provenant d’entreprises répondant à une structure d’ESOP pointent vers une meilleure productivité, des réussites commerciales et une plus grande satisfaction, tant chez les employés que chez les clients. Selon le National Center for Employee Ownership (NCEO ; Centre national pour l’actionnariat des employés), une organisation à but non lucratif, les entreprises en ESOP ou autres plans d’actionnariat à l’échelle des salariés représentent plus de la moitié des entrées de la liste « 100 meilleures entreprises pour lesquelles travailler en Amérique » du magazine Fortune.

Alex Moss, fondateur et président de l’agence Praxis Consulting Group, ancien membre du comité de direction du NCEO, était l’un des principaux membres de l’équipe consultative de l’ESOP Taylor. Nous lui avons demandé son avis sur le transfert de propriété de Taylor, en particulier par rapport à ses clients.

Vous avez aidé un grand nombre d’entreprises à passer à l’actionnariat des employés ; selon vous, qu’est-ce qui se distingue dans les efforts de Taylor ?

Ce qui m’interpelle, c’est l’harmonie concernant les valeurs de l’entreprise, qu’il s’agisse de toutes les petites décisions concernant la mise en place de l’ESOP ou de la propriété partagée d’une manière qui fait écho à la vision première de Bob et Kurt. Cela place l’entreprise dans une position qui lui permet – selon leurs propres mots – « d’apporter le bonheur de la musique » aux communautés qu’elle sert. Le transfert de propriété vers un ESOP est une grosse opération : c’est un procédé complexe et délicat. La façon dont ils l’ont fait, en renforçant constamment la vision de Taylor, a été vraiment impressionnante.

Pour quelle raison l’actionnariat des employés est-il une bonne chose pour les clients d’une entreprise ?

Ce qui intéresse principalement les clients, c’est que l’entreprise réponde à leurs besoins. Ces clients s’impliquent également à leur manière envers leur communauté ou, dans le cas des artistes, s’engagent à faire de la musique pour pouvoir la transmettre. L’actionnariat des employés chez Taylor est une excellente chose pour les clients, car il répond à tous ces critères. Les employés Taylor qui ont toujours conçu et construit de superbes guitares sont à présent encore plus ancrés dans l’entreprise, et récompensés pour leur travail : créer des instruments incroyables et offrir un service hors du commun. Cela renforce directement les désirs du client, et constitue pour les employés/propriétaires une raison inédite et puissante de continuer sur cette voie. Dans le même temps, les clients voient que Taylor se plie en quatre pour prendre soin de ses employés, et nombre d’entre eux admirent tout simplement les sociétés qui font ce genre de choses. Cela s’harmonise avec la manière dont ils veulent faire des affaires. Ils sont fiers d’avoir des partenaires commerciaux comme Taylor. On peut être distraits par les rouages de l’actionnariat, mais ce qui compte vraiment, c’est de faire encore mieux pour nouer des liens entre les humains.

Existe-t-il une corrélation entre l’épanouissement des employés et la satisfaction des clients ?

L’actionnariat des employés est particulièrement adapté dans une entreprise au sein de laquelle la manière de travailler des employés impacte le produit final ; cela en affecte directement la qualité. Les employés Taylor ont chaque jour des tâches ardues à mener à bien ; tout le monde n’en est pas capable. Tout ce que Taylor peut faire pour aider ses employés/propriétaires à se sentir encore plus concernés par leur travail les aidera directement à fournir un travail de qualité et à grande valeur ajoutée ; ainsi, les clients demeureront satisfaits. Bien sûr, ce n’est pas l’ESOP qui crée cet état d’esprit : Bob et Kurt, et à présent Andy, et quiconque s’est joint à eux pour bâtir l’entreprise, méritent notre gratitude. L’actionnariat des employés protège cette culture, la met en lumière, la renforce et nous donne à tous une manière de voir comment les réussites de chacun y sont toutes liées. C’est assez simple : quand les employés/propriétaires sont satisfaits sur le plan professionnel, ils travaillent mieux, et cela se traduit par de meilleurs résultats à l’échelle du client.

Préserver notre passion pour la conception des guitares

De son point de vue de luthier en chef chez Taylor, Andy Powers est extrêmement satisfait de savoir que l’actionnariat des employés permettra à l’entreprise de continuer à tendre vers son objectif commun : servir les musiciens pour les années à venir. Andy s’est immergé dans l’histoire du design des instruments de musique. Il a étudié l’évolution des autres entreprises opérant depuis des générations et ayant fait l’expérience d’un transfert de propriété. Il reconnaît l’opportunité unique et les valeurs que Taylor peut offrir aux musiciens à l’avenir :

« Quand une entreprise change de mains après le départ du fondateur, on court le risque de voir l’objectif principal dévier de son but original : au lieu de proposer un excellent produit à ses clients, on cherche à faire du profit, parfois pour payer ses dettes », se désole-t-il. « De perçus comme des personnes servies par l’entreprise, les clients peuvent devenir des personnes dont l’entreprise se sert. Lorsque cela se produit, ce changement d’attitude érode la philosophie sur laquelle l’entreprise a été bâtie au départ. »

« L’actionnariat des salariés, c’est une option géniale pour nous : cela signifie que notre principal objectif – construire des instruments exceptionnels à l’intention des musiciens – pourra perdurer dans le temps » ajoute-t-il. « Taylor pourra continuer à s’impliquer aux côtés des musiciens, tout en offrant son soutien à ses employés, ses fournisseurs et ses ressources en bois. Un groupe n’est pas exclu pour en favoriser un autre. Selon moi, c’est la meilleure option qui soit pour qu’une marque de guitares puisse poursuivre son but : fabriquer des instruments d’exception. »

Andy Powers explique de quelle manière l’actionnariat des employés va permettre de préserver la culture de la créativité propre à Taylor.

La réaction des prestataires, revendeurs et autres partenaires principaux de Taylor a été unanime et positive. Pour notre équipe de direction, il était important de veiller à ce qu’aucun changement n’ait lieu en termes de fonctionnement, de direction supérieure ou de production à la suite de ce transfert de propriété. Bob et Kurt continueraient à assurer la gouvernance de l’entreprise. Non seulement cela était un message de continuité sans heurts, mais il a permis de démystifier toute spéculation à propos de l’avenir de Taylor, et ainsi de rassurer beaucoup de nos employés.

Il s’agit également d’un exemple : d’autres entreprises à la culture créative pourraient s’orienter vers la voie de la réussite continue après un transfert de propriété.

Meng Ru Kuok, co-fondateur et P.-D. G. de BandLab Technologies, et P.-D. G. de Swee Lee Music, notre canal de distribution partenaire à Singapour, en Malaisie et en Indonésie, a envoyé un message de félicitations à Kurt : « Vous êtes une source d’inspiration, vous nous montrez comment bien faire les choses dans notre univers. Nous sommes fiers d’être vos partenaires, et je ne peux qu’espérer être en mesure de faire de même pour mon équipe dans quelques années. »

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two Taylor GT acoustic guitars - one natural finish and one sunburst finish

Une affaire de famille

Défiler vers le bas

Après vous avoir dévoilé le look sympa et racé de notre guitare GT en octobre dernier, nous avons le plaisir de vous présenter ses acolytes premium en palissandre et koa.

Pour ceux d’entre nous chez Taylor qui ont la chance de présenter au monde de nouveaux designs de guitares, l’un des plaisirs de notre travail consiste à répondre aux besoins des musiciens en leur proposant des instruments encore inédits et sources d’inspiration. En général, il s’agit d’une guitare arborant une nouvelle association unique de caractéristiques raffinées qui la rendent plus facile à jouer ; elle peut également offrir une palette sonore innovante avec laquelle découvrir de nouveaux horizons. Souvent… C’est les deux à la fois.

Tel a été le cas en octobre, lorsque nous avons dévoilé notre Grand Theater aux lignes racées – plus communément connue sous l’appellation GT. Comme nous vous l’avions expliqué dans notre article principal dans le dernier numéro, Andy Powers, notre maître-luthier, avait observé une recrudescence de l’intérêt des musiciens pour les dimensions compactes et les sensations agiles offertes par une guitare de plus petite taille ; pourtant, les guitaristes ne voulaient pas faire de concession sur le son. Ils voulaient un instrument digne de la scène ou des studios, capable de délivrer des sonorités riches et charnues.

En réalité, cela faisait plusieurs années qu’Andy jouait avec une telle idée et ce, avant même que Taylor s’engage à développer ce qui allait devenir la GT l’hiver dernier. Dès le départ, il savait que l’un des choix fondamentaux en matière de design pour cette guitare, l’un des facteurs qui contribuerait à définir tant les sensations que le son, serait le diapason des cordes (mesuré entre le sillet et le chevalet). Il arrêta son choix sur quelque chose de plus court que la gamme de diapasons de nos guitares acoustiques les plus modernes (« La plupart des diapasons mesurent autour des 25 pouces [650-660 mm] », indique-t-il), mais plus long que le diapason typique de ce qui serait considéré comme une guitare de voyage (environ 23,5 pouces maximum, soit le diapason de notre GS Mini). Pour la majorité des gens, cette zone entre-deux semble négligeable, mais pour Andy, c’était un champ d’action inespéré pour créer une nouvelle catégorie de guitares dotées de nouvelles sensations et sonorités attrayantes. Au final, Andy parvint à un diapason de 24” 1/8. Cela équivaut à mettre un capodastre sur la première frette du manche d’une guitare de diapason 25,5”.

Pour les dimensions du corps, il envisageait quelque chose de plus grand que notre célèbre GS Mini, mais légèrement plus petit que notre Grand Concert. Il emprunta les superbes courbes de notre style de corps le plus imposant, la Grand Orchestra, mais les réduisit et rendit le corps moins profond.

« C’est un mécanisme différent, visant à exagérer la réponse dans les graves provenant d’une guitare relativement petite tout en délivrant les améliorations inhérentes au design V-Class, notamment en termes de volume et d’intonation. »

Autre ingrédient essentiel : l’architecture du barrage interne. Le défi était de taille : faire en sorte que les dimensions compactes du corps délivrent malgré tout une voix digne d’une guitare de taille normale. L’un des avantages de l’innovant barrage V-Class d’Andy, introduit en 2018, c’est sa capacité à améliorer la puissance sonore et à produire une réponse uniforme sur l’ensemble du spectre sonore. Cependant, en raison des dimensions réduites de la GT, il dut recourir à une pincée d’« alchimie acoustique », comme il l’appelle, afin de booster les fréquences graves. Cela donna naissance à une variante asymétrique de son design V-Class, baptisé barrage C-Class en l’honneur de son concept structurel en porte-à-faux.

« C’est un mécanisme différent, visant à exagérer la réponse dans les graves provenant d’une guitare relativement petite », déclare Andy, « tout en délivrant les améliorations inhérentes au design V-Class, notamment en termes de volume et d’intonation. »

Ensemble, les caractéristiques conceptuelles incomparables de la GT la placent dans une catégorie qui lui est propre, offrant aux musiciens un mélange attrayant et unique entre confort de jeu et son. Le diapason, ainsi que le tirant léger (.012-.053) des cordes, offrent des sensations de légèreté et d’agilité en termes de tension. (La tension est identique à celle d’une guitare avec un diapason de 25,5” accordée un demi-ton en dessous.) Le diapason plus court se traduit également par un espacement légèrement moindre entre les frettes, ce qui facilite le jeu des accords complexes.

« C’est l’une des guitares les plus faciles à jouer sur laquelle j’aie jamais posé les mains », écrit Art Thompson, gourou guitariste du magazine Guitar Player, dans sa critique de la GTe Urban Ash parue dans le numéro de décembre. Il lui a même décerné le prix Editors’ Pick Award de la publication. « Elle est légère comme une plume, tout en étant dynamique et expressive. »

Parmi les autres nuances qui contribuent aux bonnes sensations en main, on peut citer la largeur du sillet (1” 23/32 [4,37 cm]), à la croisée des chemins entre les sillets de 1” 3/4 [4,45 cm] et 1” 11/16 [4,3 cm] employés sur les autres 6 cordes Taylor, ainsi qu’un profil de manche sculpté qui correspond au diapason unique de la GT. 

« Ce profil reprend des éléments de la forme de manche Taylor classique et fait un clin d’œil au design profilé compensé que nous avons développé pour la Grand Pacific », poursuit Andy. « Sur le plan des proportions, il semble un tout petit peu plus profond et plein dans la main du musicien par rapport à ce que vous attendez de la part d’une guitare aussi vive, mais la transition subtile liée au profilage, au fur et à mesure que vous descendez du sillet au talon, vous offre des sensations équilibrées et séduisantes… Vous aurez l’impression de jouer sans effort. »

Nous recevons constamment des demandes de la part de musiciens, débutants ou chevronnés, désireux d’atténuer les contraintes au niveau des mains et de continuer à pouvoir jouer encore longtemps ; ces guitaristes désirent obtenir des recommandations sur les modèles offrant la plus grande jouabilité qui soit. En raison de ses nombreuses caractéristiques de confort de jeu, la GT est sans aucun doute une excellente option à découvrir.

Le plaisir est une chose sérieuse : les débuts

Lorsque nous avons lancé la GT en octobre (le lancement de notre modèle américain qui s’est vendu le plus rapidement), l’un des messages que nous avions voulu faire passer en plus de notre slogan « Le plaisir est une chose sérieuse » était le mariage entre prise en main facile et excellentes performances qu’incarne selon nous la GT. Sur le plan historique, notre GS Mini est devenue sans conteste la guitare la plus populaire que nous ayons jamais proposée, en partie car nous étions parvenus à associer une taille compacte à une voix étonnamment puissante. Pourtant, nous savions qu’il existait une place – et un désir chez les musiciens – pour un autre niveau de sophistication provenant d’une guitare compacte.

Notre premier modèle, la GT Urban Ash, comporte un dos et des éclisses en Urban Ash massif associés à une table en épicéa massif. Elle est équipée de notre électronique ES2 en option. Nous avons choisi cette espèce de frêne (Fraxinus uhdei, ou frêne mexicain) pour deux raisons : nous adorions ses caractéristiques sonores, rappelant l’acajou, et nous voyions cette guitare comme une autre démonstration enthousiasmante de notre engagement envers notre initiative de bois urbain. Nous étions ainsi en mesure d’employer du bois à l’approvisionnement responsable provenant d’arbres en fin de vie dont les municipalités se débarrassaient.

Nous voulions également rendre notre premier modèle de GT facilement accessible aux musiciens. Nous l’avons donc équipé de détails sobres et l’avons présenté dans la même gamme de prix que nos guitares de Série American Dream, faisant ainsi de ces modèles les guitares d’origine américaine en bois massif au prix le plus abordable de la gamme Taylor.

À ce jour, ces instruments ont reçu un accueil chaleureux de la part des critiques et des artistes qui ont eu la chance de les tenir entre leurs mains.

Un artiste sous le feu des projecteurs : FINNEAS

Lisez notre entretien avec FINNEAS, producteur et compositeur primé, faisant partie des premiers artistes à avoir joué sur la nouvelle GT K21e.

Dans le cadre de sa série de vidéos « First Look », John Bohlinger, rédacteur de Premier Guitar, a partagé ses premières impressions de la GT et a déclaré aimer son « mojo bluesy ». Il a également reconnu l’ambivalence sérieusement amusante de la guitare.

« Ça ressemble à quelque chose avec lequel vous pourriez disparaître dans les bois pendant quelques jours, puis revenir et jouer un concert dans un stade le jour suivant », conclut-il après avoir testé la guitare.

Pour d’autres réactions à chaud sur la guitare GT Urban Ash, vous pouvez consulter « Extraits de critiques ».

Nouveaux modèles GT

Depuis les stades les plus précoces de son développement, la GT a offert à Andy un immense potentiel en tant que structure polyvalente. Il a ainsi pu présenter d’autres associations de bois (et voix) attrayantes et de superbes looks au sein de la gamme Taylor. En réalité, nous l’avons officiellement adoptée en tant que membre de la famille de nos formes de corps, lui attribuant le numéro 1 pour la désigner dans le cadre de notre nomenclature de modèles.

Pour lancer l’année 2021, nous avons le plaisir d’enrichir la gamme GT avec deux nouveaux modèles : la GT 811e palissandre/épicéa, qui agrémente notre Série 800 d’une autre voix ample, et la K21e tout koa, ajoutant une personnalité musicale séduisante inédite à la Série Koa.

Regardez Nicholas Veinoglou faire la démonstration du confortable corps et des riches sonorités des nouvelles GT 811e et GT K21e de Taylor.

Découvrez la GT 811e… 

Andy avait à cœur de créer une guitare dotée de l’association classique entre palissandre et épicéa de Sitka.

Il compare le travail des bois dans ce contexte à la façon dont les grands chefs ou les régions se servent d’ingrédients de base d’une manière totalement innovante afin d’apposer leur empreinte sur un plat familier.

« Avec la GT 811, vous entendrez le son d’une guitare épicéa avec table palissandre que vous connaissez bien, mais en raison de la structure et de la forme hors norme de la GT, les expériences d’écoute et de jeu délivrent une nouvelle dimension qui lui est propre », décrit Andy. « Cette itération conserve la prise en main ultra confortable et agile, les sensations des cordes, les contours arrondis du corps ainsi que la voix étonnamment étoffée de la GT que nous adorons, mais tout cela a été sculpté en un son plus dense, saturé dans les harmoniques. La table réagit prestement même à l’articulation la plus délicate, et elle est soutenue par les sonorités profondes et robustes pour lesquelles le palissandre est réputé. »  

Sur le plan esthétique, la guitare reprend de nombreux détails standard de la Série 800, notamment un filet en érable, une rosace en abalone, notre motif d’incrustation « Element » en nacre, une plaque de protection en palissandre et une finition brillante de 0,11 mm sur le corps. Les éléments distinctifs regroupent un barrage C-Class, un corps sans repose-bras (en raison de la petite forme confortable de la GT) et des mécaniques Taylor Mini en nickel fumé (les Mini sont plus adaptées aux proportions réduites de la guitare, et leur poids plume permet de ne pas la déséquilibrer). La GT 811e dispose également d’une électronique ES2 embarquée et est livrée avec notre superbe AeroCase, que les musiciens adorent en raison de ses qualités super légères mais super robustes.

… et la GT K21e

L’édition tout koa de la GT regroupe une harmonie unique entre beauté esthétique, confort de jeu et expression sonore.

« Sur le plan sonore, cette guitare est la démonstration parfaite de l’équilibre des mediums et de la douceur pour lesquels le koa est connu », dit Andy. « Elle possède un son vibrant et précis, avec une attaque légèrement arrondie La réponse équilibrée est très utile pour un musicien qui se servira de cet instrument pour faire de la rythmique, jouer en fingerstyle ou délivrer un style de jeu rappelant la guitare électrique. »

Le modèle dispose d’une table, d’un dos et d’éclisses en koa figuré massif, avec une teinte Shaded Edgeburst appliquée sur le corps et le manche. Les détails complémentaires de la Série Koa comprennent un filet de corps et de table en érable, un élégant motif d’incrustation « Spring Vine », une finition brillante de 0,11 mm sur le corps et des mécaniques Gotoh Mini 510 Or ancien. Elle est équipée de notre micro ES2 et livrée dans notre AeroCase Taylor.

Distinction sonore intéressante entre les nouveaux modèles de GT et la GT Urban Ash originale : au-delà des couleurs sonores différentes entres les bois eux-mêmes, on peut citer l’effet des traitements spécifiques pour la finition, comme l’explique Andy.

« Les guitares GT Urban Ash reçoivent une finition matte ultra-mince à l’eau, qui possède un facteur d’atténuation super faible ; ces bois bénéficient donc d’un profil harmonique direct et organique », décrit-il. « Les guitares de la Série 800 et de la Série Koa disposent toutes deux de la finition vernie traditionnelle Taylor, qui filtre subtilement les caractéristiques de chaque élément de bois, peaufinant la réponse. »

Quel que soit le modèle de GT qui attire votre convoitise, une chose est sûre : la famille vous offrira une expérience de jeu exceptionnelle.

Pour de plus amples informations sur tous les modèles de GT Taylor, notamment les caractéristiques complètes, des photos, des démonstrations vidéo et bien plus encore, rendez-vous sur le site Internet taylorguitars.com ou consultez l’édition numérique de ce numéro. Pour connaître la disponibilité des modèles, veuillez contacter votre revendeur Taylor préféré.

Extraits de critiques

Voici quelques extraits de critiques récentes de la GTe Urban Ash.

Guitar.com

« … La jouabilité extrême de l’instrument incite ceux d’entre nous qui ne sont pas des virtuoses de l’acoustique à être un peu plus ambitieux. Le Sol filé, par exemple, est bien plus facile à bender que sur une acoustique avec un diapason de taille plus conventionnelle. Ainsi, vous pouvez vous intéresser aux solos comme vous le feriez sur une guitare électrique avec un Sol non filé. »

« Les notes seules dans les registres aigus flottent dans les airs pendant plus longtemps que prévu, le profil harmonique est superbe, et même avec des accordages ouverts graves, l’intonation est exceptionnelle… »

« Plus vous passez de temps avec cet instrument, plus ses charmes se révèlent. Pour les compositeurs-interprètes, les dimensions compactes et les sensations intimistes de la GT signifie qu’elle est idéalement adaptée tant pour une pratique chez soi que pour des prestations sur scène ou en studio. »

Chris Vinnicombe

Vintage Guitar

« Grattez un accord, et écoutez la précision de ces sonorités carillonnantes. Vous n’aurez pas la puissance grave d’une dreadnought, mais cette Taylor délivre un son étonnamment nuancé pour un instrument aussi portable. Les aigus sont également très bien : vous n’entendrez pas les sonorités faiblardes et geignardes de certaines acoustiques, mais plutôt des notes vraiment charnues… »

« Envisagez-la comme la petite acoustique d’un musicien professionnel… La GTe est prête pour les concerts comme pour composer sur la route… Cette Taylor n’est pas une autre Parlor de plus : cette GTe Urban Ash constitue véritablement une nouvelle catégorie d’acoustique aux dimensions réduites. »

Pete Prown

Guitar Player

« La GT réagit très bien au toucher du musicien, on passe facilement d’une mélodie légère à un riff massif tout en conservant un son uniforme, doux et précis. »

« Elle possède une présence impressionnante : ne vous fiez pas à sa petite taille… C’est le choix de prédilection pour une guitare à emporter partout, mais elle relève le défi du studio ou des concerts grâce à sa voix riche et à ses sonorités pleines. »

Art Thompson

American Songwriter

« Les riffs lead et les mélodies en fingerstyle jouent en faveur de la GT ; cependant, elle n’est pas en reste lorsqu’il s’agit de délivrer un rythme entraînant en flatpicking… La GT offre une voix pleine, riche en fondamentales, avec des mediums énergiques. Un toucher très léger donne naissance à une réponse plus conséquente que prévu. »

« D’une certaine manière, le diapason plus court et les cordes plus resserrées de la GT présentent la touche sous un jour nouveau. Je me suis beaucoup amusé à essayer différents accords d’habitude complexes sur une guitare de taille standard ! »

Christian Seaman

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Sérieusement amusante

Défiler vers le bas

Nous vous présentons une nouvelle classe dynamique de guitares en termes de taille, de sensations et de sons. La nouvelle GT de Taylor associe des sonorités de qualité professionnelle à une forme gracieuse et sympa à jouer.

« Taylor a-t-elle l’intention de fabriquer une guitare de type Parlor ? »

C’est une question que l’équipe du service clients Taylor entend régulièrement. Toutefois, Glenn Wolff, responsable du service clients, explique que les gens ne savent pas toujours quoi demander ; ils se basent alors sur le point de référence le plus proche, comme une guitare Parlor ou, parfois, une GS Mini en bois massif.

« Ce n’est pas que les clients désirent nécessairement une guitare de style Parlor traditionnel », déclare-t-il. « Les gens aiment le confort d’une guitare compacte, mais ils ne veulent pas faire de compromis sur le son. Et ils assument qu’une guitare à corps de plus petite taille, comme une Parlor ou une GS Mini en bois massif, va leur offrir le meilleur des deux univers. »

Mais il y a un hic : une GS Mini tout en bois massif n’offre pas d’amélioration spectaculaire en termes de son. Faites-nous confiance : Andy Powers, notre maître-luthier, en a fabriqué quelques-unes à des fins d’expérience. Il savait que cela ne fonctionnerait pas, mais il a essayé de faire sauter tous les verrous, d’utiliser de la colle protéique et d’autres matériaux ou techniques repoussant les frontières afin d’optimiser la réponse sonore. Au final, cela ne fut pas suffisant pour justifier une mise en production.

« Des dimensions de la Mini découlent par essence des contraintes portant sur ce que vous pouvez tirer de ce design », explique-t-il. « C’est une excellente guitare pour sa taille, mais vous ne pouvez pas lui soutirer un son significativement plus conséquent, à moins d’en rallonger les cordes. »

C’est la même vérité que Bob Taylor avait découverte il y a des années, lorsqu’il cherchait à booster la Baby Taylor, notre guitare de voyage originale et ce, afin de la doter d’une voix plus ample, plus volumineuse.

« En général, nous découvrons qu’au sein des limites d’un design existant, quelle que soit la manière dont nous les repoussons, cela ne change pas grand-chose », admettait Bob dans un article de Wood&Steel remontant à 2010. L’entretien portait sur la manière dont les efforts initiaux de refonte de la Baby aboutirent à la naissance de la GS Mini. Bob se rendit au final compte qu’il aurait besoin d’un diapason plus long et d’un corps de plus grande taille… Vous connaissez la suite. La GS Mini est devenue l’une des guitares les plus populaires que Taylor ait jamais fabriquées.

Cependant, Bob est également bien conscient des limites sonores de la Mini, en raison de sa taille.

« Si je devais décrire le son de la Mini, je dirais qu’il est sympa, qu’il est honnête », poursuit-il. « Mais si vous jouez sur une GS Mini pendant un bon moment, et que vous passez ensuite sur une Academy 10, qui est une guitare plus imposante, vous allez dire “Oh, waouh”. »

Guitare de voyage vs. guitare de taille normale 

Si vous songez à la classification des guitares acoustiques à cordes acier en fonction de leur taille globale, elles sont généralement séparées en deux catégories de base : les guitares de taille normale, et les guitares de voyage, les dernières devant bien évidemment leur nom à leur grande facilité de transport. L’un des facteurs permettant de définir la catégorie d’une guitare est la longueur des cordes, c’est-à-dire le diapason : il s’agit fondamentalement de la mesure de la longueur de la corde entre le sillet et le chevalet, qui représente la longueur vibrante maximale de la corde là vide, non frettée.

En général, les guitares de voyage présentent un diapason plus court, autour de 23” 1/2, qui s’avère être celui de la GS Mini. Les guitares de taille normale ont généralement un diapason compris entre 24” 3/4 et 25” 1/2. Chez Taylor, les guitares standard de taille normale sont proposées selon deux diapasons : 24” 7/8 pour nos modèles Grand Concert et la Grand Symphony redessinée, et 25” 1/2 pour nos autres modèles, soit la mesure la plus élevée de l’échelle typique des diapasons.

Si vous avez prêté attention aux designs de guitare qu’Andy a présentés depuis son arrivée chez Taylor il y a près d’une décennie de cela, vous avez peut-être remarqué qu’il avait brillamment exploré un domaine : celui de nos modèles Grand Concert 12 frettes, à la prise en main si agréable. (Notre Grand Concert est notre style de corps « de taille normale » le plus petit.) Instrument remis au goût du jour pour l’époque moderne, l’association entre un petit corps, un manche 12 frettes plus court et un diapason de 24” 7/8 vient agrémenter une guitare facile à tenir sur les genoux, avec une tension des cordes plus faible et une taille de frettes légèrement plus petite, simplifiant le positionnement des doigts sur la touche.

Depuis leur sortie, nos modèles 12 frettes sont devenus une option de plus en plus prisée des musiciens, en particulier chez ceux cherchant à réduire les contraintes placées sur la main du manche. De plus, ces guitares délivrent également une réponse sonore dynamique, notamment dans les médiums, en partie grâce à l’emplacement du chevalet, plus près du centre de l’extrémité inférieure.

Andy a aussi su tirer profit des avantages de notre design Grand Concert/12 frettes pour présenter des modèles 12 cordes plus faciles à jouer, comme la 562ce, la 362ce et la toute nouvelle 652ce Builder’s Edition, qui a élevé notre réputation déjà bien établie (fabriquer les 12 cordes les plus faciles à jouer du secteur de la musique) vers un autre standard de confort et d’utilité musicale.

Le long du chemin, Andy a également songé à cette zone grise entre taille normale et guitare de voyage, ainsi qu’aux possibilités offertes par une guitare dotée de dimensions qui se trouveraient entre la taille et le diapason d’une GS Mini et d’une Grand Concert.

« J’ai observé les zones inexplorées entre les diapasons conventionnels des guitares de voyage et de celles de taille normale, et il semblait évident que quelque chose manquait », se remémore-t-il. « C’était comme si une catégorie de taille toute entière était dissimulée, inexistante. Je voulais créer quelque chose qui soit suffisamment gros pour bien sonner, tout en étant assez petit pour placer le confort et la jouabilité à un niveau inédit et sympa », poursuit-il.

Un nouveau diapason de taille moyenne

Comme les proportions du corps d’une guitare, le diapason est un choix fondamental pour un luthier.

« Parmi toutes les décisions de base que doit prendre un luthier lorsqu’il se décide à créer un instrument, l’un des premiers choix qu’il doit faire est de déterminer la longueur des cordes », explique Andy. « Ce paramètre va orienter quasiment toutes les actions ultérieures de l’artisan. »

Alors qu’il commençait à travailler sur la structure dimensionnelle de cette nouvelle guitare, Andy est parvenu à ce qu’il appelle un diapason de taille moyenne, soit 24” 1/8, ce qui correspond à la même longueur de cordes que lorsque vous jouez avec un capodastre sur la première frette d’une guitare de diapason 25” 1/2.

« Quelques musiciens, moi y compris dans certaines occasions, vont accorder leur guitare un demi-ton au-dessous », déclare-t-il. « Certains d’entre nous préfèrent car il leur est plus facile de chanter selon cette tonalité, mais beaucoup aiment simplement la tension plus faible – lorsque vous détendez les cordes d’un demi-ton, elles sont plus molles, comme si vous aviez un tirant plus faible. Bien que la sensation des cordes plus lâches soit très attrayante, je ne veux pas toujours jouer en Mi bémol ; j’aime jouer en accordage standard, en particulier lorsque je joue avec d’autres musiciens. Pour démontrer l’utilité de ce diapason, j’ai pris un diapason plus classique de 25” 1/2, j’ai fait un drop et j’ai mis un capo sur la première frette. »

Nicholas Veinoglou, guitariste et directeur musical, nous offre une démonstration des sonorités acoustiques audacieuses et scintillantes de la GT.

Sculpter un nouveau style de corps

Une fois le diapason de la guitare défini, Andy s’est lancé dans la conception d’un nouveau style de corps, avec un ensemble de proportions à la croisée des chemins entre la GS Mini et la Grand Concert. Il avait pour idée de créer une forme sans pan coupé, et a emprunté les courbes du grand corps de la Grand Orchestra de Taylor, en les rapetissant de manière appropriée. Bien que la largeur de la partie inférieure (15”, soit 38,1 cm) et la profondeur du corps (3” 3/4, soit 9,5 cm, mesurée au niveau de la rosace) soient identiques à celles de la Grand Concert, la longueur du corps (18” 1/2, soit 47 cm) est inférieure d’un pouce (2,54 cm). 

Le corps a été baptisé « Grand Theater » pour se conformer à la nomenclature partagée par tous nos autres styles de corps standard. Cependant, sur le campus Taylor, la surnommer la « GT » semblait être adapté à la jeune personnalité musicale sympa et attirante associée à cette guitare.

Nouveau barrage C-Class™

Pour donner une voix à la GT, Andy a tiré profit des mêmes concepts fondamentaux qui ont étayé son architecture innovante de barrage V-Class, à savoir le mariage entre une rigidité parallèle au sens des cordes, pour produire des notes au long sustain, et une souplesse permettant de délivrer un volume agréable. Cependant, avec une taille de corps légèrement inférieure, il souhaitait manipuler davantage la réponse en fréquence ; il suivit dont une approche différente, en dessinant une structure de barrage asymétrique.

« Le V-Class est destiné à être très linéaire dans sa manière de répondre sur l’ensemble du registre », explique-t-il. « Chaque note que vous jouez possède une caractéristique remarquablement uniforme. En travaillant avec ce corps de plus petite taille, parfaitement proportionné, et ce diapason, je me suis toutefois dit que je désirais une réponse sonore plus asymétrique. Avec cette architecture asymétrique, je peux exagérer la réponse de la guitare dans les graves. C’est généralement un défi de faire en sorte qu’un corps de petite taille réponde bien dans les graves du spectre de fréquences : il ne possède pas une surface suffisamment vaste pour contracter et déplacer l’air de manière requise. Avec cette structure de barrage modifiée, il ne faut pas se fier à la taille globale : le son est conséquent par rapport à l’instrument et donne un coup de boost au facteur fun. »

L’architecture recourant à un concept de porte-à-faux (cantilever en anglais) pour donner de la voix à la guitare, nous l’avons donc baptisé « barrage C-Class ».

Des débuts avec de l’Urban Ash

Bob et Andy ont tous deux vu le lancement de cette nouvelle guitare comme une autre grande opportunité d’affirmer notre engagement sur le long terme quant à l’emploi d’Urban Ash, un bois de lutherie que nous avons présenté plus tôt cette année sur notre 324ce Builder’s Edition ainsi que sur notre nouvelle 326ce Grand Symphony, qui fait également ses débuts dans ce numéro. La source d’approvisionnement responsable provient de frênes mexicains situés dans des zones municipales californiennes et dont l’abattage avait été programmé. Les propriétés sonores de ce bois rivalisent avec celles de l’acajou du Honduras, une essence de grande qualité : vous entendrez ainsi des sonorités sèches, boisées et claires, avec d’agréables médiums chaleureux.

C’est une essence que Bob appelle affectueusement « le golden retriever des bois de lutherie ».

« Ce frêne veut tout simplement vous faire plaisir », sourit-il. « Il sèche facilement, se coupe facilement, se courbe facilement, se ponce facilement, s’usine facilement et rend vraiment bien sur le plan musical », poursuit-il. « En ce qui le concerne, tout est parfait. »

Le dos et les éclisses en frêne massif sont associés à une table en épicéa massif. Tout comme nos nouvelles guitares American Dream, la touche, le revêtement de tête et le chevalet sont équipés d’un superbe eucalyptus fumé durable. Les observateurs malins auront remarqué que la taille du chevalet a été revue à la baisse pour correspondre au corps de la GT.

Nous lançons ce nouveau modèle sous le nom de GT Urban Ash, avec notre électronique intégrée ES2 en option. Tout comme ses cousines de la série American Dream, la GT fera ses premiers pas au sein de la catégorie la plus abordable des guitares fabriquées aux États-Unis : elle se trouvera au niveau de nos guitares de la Série 200, ce qui fera de la GT et des American Dream nos instruments en bois massif fabriqués aux États-Unis au prix le plus intéressant.

Les caractéristiques de la GT Urban Ash incluent des incrustations de touche en acrylique italien au motif « Pinnacle », une rosace en koa trois anneaux, un filet de table noir, une teinte Urban Sienna sur le dos et les éclisses en frêne, une finition matte ultra-mince de 0,05 mm, des mini-mécaniques Taylor en nickel et notre étui AeroCase™, léger mais super résistant.

Andy et notre équipe de développement produit envisagent un grand potentiel pour la GT, avec la possibilité de sortir de nouveaux modèles dans d’autres séries de la gamme Taylor dans un futur proche.

La sensation : « juste comme il faut »

En tant que guitare essentiellement élaborée à partir de zéro (avec un nouveau diapason, un nouveau corps, de nouvelles dimensions de manche et un nouveau barrage), la magie de la GT repose dans l’intégration de tous ces éléments en une harmonie unique de sensations et de sons. Dès le début de sa conception, la quête d’Andy vers une autre catégorie de guitare qui se trouverait à la croisée des chemins entre une guitare de taille normale et un instrument de voyage lui donnait une certaine identité « juste comme il faut » sur le campus Taylor. En réalité, le nom de code officiel parmi l’équipe de développement produit était « Projet Boucles d’or ».

Équipée de cordes à tirant léger (0.12 – 0.53), la GT possède la même tension des cordes qu’une guitare 25” 1/2 que vous auriez abaissée d’un demi-ton. Avec cette tension réduite, vous avez l’impression de jouer sur une guitare avec des cordes de 11 (Custom Light, .011 – .052) ; chaque note semble plus lâche, et pourtant, vous obtenez toujours la puissance et l’énergie d’une corde plus épaisse.

L’espacement réduit entre les frettes du diapason facilite également le placage de ces accords compliqués.

« Quand vous essayez de poser un accord compliqué, sur plusieurs frettes, vous pouvez réellement le faire sur cette guitare, alors que sur d’autres, cela s’avérerait compliqué », déclare Andy. « Même pour quelqu’un avec de grands doigts, l’espacement des frettes est confortable, quand bien même vous jouez dans les registres aigus de la touche. Il est physiquement facile d’appuyer sur les cordes avec la tension plus faible des cordes, et l’espacement plus restreint entre les frettes permet une meilleure dextérité. »

Autre caractéristique unique du manche par rapport aux modèles Taylor différents : la largeur du sillet, de 1” 23/32 (plus large que les sillets de 1” 11/16, et moins large que ceux de 1” 3/4), offrant un espacement confortable entre les cordes. Tout cela, ainsi que la relation compacte corps/manche, rapproche naturellement vos mains, ce qui rend la formation d’accords en barré moins contraignante pour le poignet de la main jouant sur le manche.

Le lien voiture/guitare GT

Les parallèles entre les attributs musicaux de la Taylor GT et l’identité de la GT en tant que catégorie de voitures de sport dans le monde de l’automobile ont fait tilt chez Andy. Dans le secteur de l’automobile, l’appellation GT (acronyme de « Grand Tourer », initialement Gran Tourismo en italien) mariait les performances à grande vitesse et la conduite aisée d’une voiture de sport à des caractéristiques de luxe, qui rendaient le véhicule confortable et sympa à conduire pendant de longs moments.

« Cette guitare possède des propriétés similaires », explique Andy. « Elle offre un mélange entre jeu super facile et réponse hautes performances, et elle a été peaufinée au point de devenir un instrument super sympa à jouer. » Les proportions confortablement compactes de la guitare et la faible tension de ses cordes, ajoute-t-il, font de la GT la guitare en bois massif la plus facile à jouer de la gamme Taylor, permettant ainsi des sessions de jeux plus longues, sans fatiguer les mains.

Bien qu’Andy adore s’épancher sur les éléments conceptuels qui imprègnent la GT d’une identité musicale unique (et se rend compte que de nombreux amateurs de Taylor aiment également connaître ce qui se cache sous les différents designs), il préfère tout autant tendre la guitare à quelqu’un et l’inciter à en jouer, tout simplement. Tout comme la GS Mini, les sensations confortables de la GT la dotent d’une accessibilité attrayante, tandis que ses sonorités offriront à tout musicien professionnel un outil qui l’inspirera d’une manière entièrement innovante.

« Un musicien n’a pas forcément besoin de savoir comment ou pourquoi sa guitare fonctionne pour en profiter, pas plus qu’il n’a besoin de connaître toutes les spécificités techniques d’une voiture pour aimer la conduire », explique-t-il. « Ce qui importe, c’est simplement de saisir la guitare et d’en jouer. »

La réponse musicale riche de la GT Urban Ash couvre toute la plage entre aigus cristallins et graves gutturaux, comme Nicholas Veinoglou nous l’illustre.

Accueil enthousiaste des artistes

Jay Parkin, de l’équipe Marketing de Taylor, gère notre création de contenu. Il co-anime également le podcast From the Factory et notre émission vidéo hebdomadaire en streaming Taylor Primetime sur la chaîne YouTube de Taylor. Au cours des mois écoulés, il a œuvré avec notre Directeur des relations artistes, Tim Godwin, pour placer la GT entre les mains de plusieurs musiciens. En règle générale, les guitaristes ont aimé les sensations globales, la réactivité et le volume sonore.  

« Cette guitare est vraiment top, j’adore le son d’une grosse acoustique, mais je suis toute petite », déclare Sara Niemietz, compositrice-interprète de Los Angeles. « Cette guitare me va parfaitement, elle est réactive et ses sonorités sont authentiques. »

Thunderstorm Artis, KT Tunstall, Chris Conley et d’autres artistes Taylor donnent leur avis sur la GT de Taylor.

Le guitariste/chanteur lead Chris Conley, du groupe Saves the Day, a envoyé ce SMS à Jay : « Pourquoi ce truc est-il aussi parfait ? Je ne peux pas arrêter d’en jouer. Je n’y arrive tout simplement pas. »

Keith Goodwin, du groupe Good Old War, nous a envoyé ce SMS : « BON SANG DE BONSOIR. Je n’ai jamais joué sur une telle guitare de toute ma vie. » 

Nick Veinoglou, guitariste basé à Los Angeles, exerce également en tant que directeur musical, compositeur et professeur. Il fait des tournées nationales et internationales avec Jordan Fisher et Bazzi, artiste d’enregistrement chez Atlantic Records. Il était en pâmoison devant l’instrument après avoir eu la chance d’en jouer.

« Je ne sais pas si j’ai déjà eu entre les mains une guitare qui me convenait aussi bien à peine sortie de son carton », dit-il. « Cela m’a rappelé pourquoi j’avais commencé à jouer de la guitare. »

Jay s’est fait son propre avis après avoir eu la possibilité d’enregistrer la guitare quelques fois à l’occasion de la création de contenus vidéo.

« C’est la guitare parfaite pour enregistrer », s’enthousiasme-t-il. « Les sonorités qu’elle délivre semblent terriblement imposantes, mais pourtant précises dans le même temps. »

Gabriel O’Brien, ingé son et cameraman, est également le rédacteur de l’article sur l’enregistrement d’une guitare acoustique dans ce numéro. Il a joué sur cet instrument, et l’a enregistré.

« Cette guitare se joue tellement facilement », déclare-t-il. « Elle délivre tout ce dont les gens peuvent rêver avec une GS Mini premium : des cordes à tirant plus faible, un sillet plus large, du bois massif, un diapason légèrement plus long… Mais c’est ce qui fait de la GT un instrument à part entière. Je l’ai mixée pour d’autres vidéos, et elle s’enregistre très bien. Je l’ai conservée près de ma table de mixage, et je fais régulièrement des pauses pour en jouer. En réalité, j’aime tellement ses sonorités que j’ai décidé de réenregistrer avec elle mes parties de guitare sur un autre projet… »

Découvrez la nouvelle Taylor GT Urban Ash chez vos revendeurs Taylor agréés dès le mois d’octobre. Vous pouvez également en apprendre davantage sur la conception de la GT dans notre podcast vidéo From the Factory, dans lequel vous trouverez une conversation approfondie avec Andy Powers et Bob Taylor.

La force de caractère

Défiler vers le bas

La culture d'innovation de Taylor est fondée sur la passion, la résolution des problèmes et des décisions courageuses. Dans les moments difficiles, nous savons comment réagir, cela signifie prendre soin des autres autant que de nous-mêmes.

C’est une question que l’équipe du service clients Taylor entend régulièrement. Toutefois, Glenn Wolff, responsable du service clients, explique que les gens ne savent pas toujours quoi demander ; ils se basent alors sur le point de référence le plus proche, comme une guitare Parlor ou, parfois, une GS Mini en bois massif.

« Ce n’est pas que les clients désirent nécessairement une guitare de style Parlor traditionnel », déclare-t-il. « Les gens aiment le confort d’une guitare compacte, mais ils ne veulent pas faire de compromis sur le son. Et ils assument qu’une guitare à corps de plus petite taille, comme une Parlor ou une GS Mini en bois massif, va leur offrir le meilleur des deux univers. »

Mais il y a un hic : une GS Mini tout en bois massif n’offre pas d’amélioration spectaculaire en termes de son. Faites-nous confiance : Andy Powers, notre maître-luthier, en a fabriqué quelques-unes à des fins d’expérience. Il savait que cela ne fonctionnerait pas, mais il a essayé de faire sauter tous les verrous, d’utiliser de la colle protéique et d’autres matériaux ou techniques repoussant les frontières afin d’optimiser la réponse sonore. Au final, cela ne fut pas suffisant pour justifier une mise en production.

Après près d’un demi-siècle, Kurt et Bob savent que le principal enseignement est que ni les bons ni les mauvais moments ne durent éternellement, et qu’une bonne dose de passion et de détermination vous propulsera à travers les épreuves les plus difficiles.


« Lorsque nous étions une petite entreprise très fragile, nous avons travaillé dur et n’avons jamais abandonné, même si cela semblait désespéré », dit-il. « Nous avons simplement baissé la tête et continué à travailler, à réfléchir, à essayer. Nous n’avions pas de fondation sur laquelle nous appuyer. Nous devions tout inventer et chercher des idées brillantes pour répondre au marché. Et nous avons eu de véritables urgences en cours de route, où nous avions qu’une seule cartouche pour réussir, ou échouer et ne pas survivre. Cette capacité à répondre à l’adversité fait partie de l’ADN de notre entreprise. »

La nature de leur parcours a donné à Bob et Kurt un profond respect pour les musiciens qui travaillent dans le monde, qui parcourent un chemin parallèle qui exige également de l’adaptabilité et une résistance à toute épreuve dans la poursuite de leur passion afin de survivre. Ce même sens de la parenté s’étend également aux autres fabricants d’instruments et propriétaires de magasins de musique indépendants, et vraiment à tous ceux qui ont poursuivi leur rêve avec ténacité.

Bien que Taylor soit une plus grande entreprise maintenant, avec un bassin plus profond de talents et de ressources à sa disposition, le maître luthier Andy Powers, désormais également partenaire actionnaire, affirme que l’une des forces de la culture de Taylor est que nous pouvons toujours penser comme une petite boutique.

«L’une des raisons pour lesquelles j’aime travailler avec Bob et Kurt est la façon dont ils ont maintenu cette mentalité débridée et intrépide des débutants», dit-il. “Ils ont bâti un héritage de travail acharné à travers des contextes très favorables, des périodes paisibles et des moments difficiles.”

Bien sûr, le mastodonte de la pandémie du COVID-19, avec sa perturbation mondiale radicale, a introduit une toute autre échelle de difficultés et de complexités pour naviguer. Et pourtant, Bob, Kurt et Andy, ainsi que d’autres chefs de file chez Taylor, se sont à nouveau tournés vers la stratégie Taylor en période d’adversité: abattez les écoutilles, faites preuve de créativité et concevez des solutions qui répondent aux besoins de nos partenaires de la communauté musicale.

Répondre à une nouvelle réalité

En tant qu’entreprise d’envergure mondiale, Taylor a prêté une attention particulière aux développements quotidiens à l’étranger alors que la crise COVID-19 s’est propagée de la Chine à l’Europe puis aux États-Unis au début de cette année, créant une vague continue de fermetures d’entreprises et de confinements. La préoccupation première de Taylor était de protéger la santé et le bien-être des employés et de leurs familles aux États-Unis, au Mexique, en Europe et au Cameroun. Dans le même temps, nous savions que les moyens de subsistance de nos revendeurs, de nos fournisseurs, ainsi que des musiciens qui travaillaient, étaient également menacés.

Début mars, nous avons commencé à mettre en œuvre des procédures de santé et de sécurité supplémentaires en interne, et peu de temps après, nous avons suspendu les visites d’usine et fermé au public notre site d’El Cajon, en Californie. Le 19 mars, le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a émis un ordre de confinement dans tout l’État, et la production de guitares à El Cajon a été suspendue. La région de Baja California à Tecate au Mexique, où se situe notre autre usine de production, avait plusieurs semaines de retard sur notre calendrier ici, dans le sud de la Californie. Vendredi 17 avril, il a été décidé de suspendre toutes les opérations sur place.

Heureusement, les équipes de direction et de gestion de Taylor se sont réunies de manière proactive pour planifier un scénario de fermeture et les efforts de coordination nécessaires à la réouverture, en aidant les employés d’El Cajon à participer au programme de travail partagé de l’État de Californie (qui offre aux entreprises une alternative flexible aux licenciements), à développer de nouveaux protocoles de sécurité sur site en vue du retour éventuel à la production de guitares.

Taylor a également ouvert un dialogue avec des responsables de la ville d’El Cajon et du comté de San Diego, en s’assurant qu’ils étaient au courant et en faveur des étapes prévues. En conséquence, nous avons pu travailler en douceur vers une approche progressive de la réouverture des opérations critiques sur place.

Pendant ce temps, nous avons déplacé les tâches hors production que nous pouvions vers une configuration de travail à domicile, tirant parti des plateformes de téléconférence pour se rencontrer et collaborer. Et nous nous sommes remis au travail.

Rester connecté avec les clients

Bien que nous ayons cessé d’accepter les guitares pour réparation, les membres de notre équipe de service à la clientèle ont continué de répondre aux clients à distance en Amérique du Nord et en Europe et ont pu s’adapter progressivement. Compte tenu de la configuration à distance, le directeur du service client, Glen Wolff, a décidé que le service fonctionnerait mieux en utilisant principalement le courrier électronique et le « chat ».

“Un moment comme celui-ci donne à la musique et aux musiciens un plus grand sens à leur objectif.”

Tim Godwin, Director of Artist Relations

“Nous avions déjà fait beaucoup de communication par e-mail et moins fréquemment par « chat », donc c’était une transition facile en home-office”, explique Wolff. «Le fait de ne pas prendre d’appels nous a laissé le temps de rendre l’option du « chat » en direct disponible presque toute la journée et les clients l’utilisent beaucoup. Nous avons également profité de la flexibilité des gens tout en travaillant à domicile, et la plupart du temps, nous avons étendu la couverture du « chat » de 6 h à 17 h. Ça marche assez bien. Nous avons l’impression de satisfaire et répondre aux attentes des clients. “

Soutien aux points de vente

Nous savions que nos partenaires commerciaux, en particulier les magasins de musique indépendants, seraient vulnérables aux incertitudes à venir. Le temps était compté, donc à la mi-mars, nous avons rapidement réagi pour créer et mettre en place une promotion plus rapidement que jamais auparavant.

La promotion, appelée Taylor Days, ne ressemblait à rien de ce que nous n’avions jamais fait, une offre conçue pour offrir une grande valeur ajoutée aux clients et aider les points de vente à faire des affaires à un moment où beaucoup étaient sur le point de fermer temporairement leurs magasins physiques.

«Nous sommes passés d’un simple concept à la mise en place pour nos revendeurs en quelques jours», explique Monte Montefusco, vice-président des ventes chez Taylor. « C’était un véritable reflet de notre culture, de notre désir d’aider nos partenaires et de notre capacité à réagir en équipe».

La promotion s’est déroulée de fin mars à fin mai et a été largement adoptée par les magasins et les clients. Elle a été proposée en Amérique du Nord (États-Unis et Canada) et adaptée à d’autres marchés à travers le monde, notamment en Europe, au Mexique, au Pérou, au Costa Rica, au Chili, en Corée du Sud et en Australie.

« Les détaillants inventifs ont réagi et ont trouvé de nouvelles façons de servir leurs communautés musicales», explique Monte. « Les médias sociaux sont devenus le nouveau support ouvert aux affaires pour accéder à cette offre. La promotion était un excellent moyen pour les revendeurs de tendre la main et d’inspirer les guitaristes à perfectionner leur art tout en restant à la maison».

Les magasins indépendants, tels que le point de vente de longue date Tobias Music, situé dans la banlieue de Downers Grove à Chicago, étaient reconnaissants d’avoir une offre convaincante à transmettre aux clients pendant une période difficile pour tout le monde.

“Cela a été énorme pour nous”, a déclaré Paul Tobias fin avril. “À ce stade, notre boutique a été “fermée” pendant cinq semaines, et notre gouverneur vient d’annoncer que le confinement sera prolongé. En général, les affaires sont en baisse, mais avec la promotion Taylor en ligne, nous sortons la tête de l’eau après cinq semaines de temps d’arrêt. En ces temps difficiles, Taylor nous a lancé une bouée de sauvetage ».

D’autres magasins se sont adaptés comme ils le pouvaient, certains offrant une livraison sur le trottoir devant leur magasin pour les commandes en ligne. Les détaillants traditionnels ont réagi à cette nouvelle situation de manière à offrir un aperçu de l’avenir de la vente au détail de musique en magasin. Avec des considérations d’espacement social à l’esprit, Lidgett Music à Council Bluffs, Iowa, s’est penché sur les rendez-vous individuels en magasin. Les guitaristes ont pu tester des guitares sans être distraits par les autres musiciens et sans le bruit de fond traditionnel d’un magasin de musique.

Travailler avec nos fournisseurs de bois

La nature perturbatrice de la pandémie a également posé des défis à Taylor pour gérer l’approvisionnement avec nos fournisseurs de bois. D’une part, nous travaillons avec des fournisseurs très différents en capacité, et chaque situation peut nécessiter une solution unique. Les petits fournisseurs sont souvent plus vulnérables, explique notre directeur des opérations et approvisionnement en bois, Charlie Redden.

«Beaucoup de nos fournisseurs de bois n’ont que deux ou trois clients qui achètent chez eux une fois par an», dit-il. «Lorsqu’un petit village d’Amérique Centrale compte sur un ou deux clients, et que nous comptons sur eux, le partenariat a besoin d’une attention particulière pendant une période comme celle-ci.»

Un autre défi est venu de la façon dont la pandémie a perturbé le rythme de notre chaîne d’approvisionnement, car elle a brutalement interrompu nos activités de fabrication, mais dans de nombreux cas, nos engagements d’achat de bois sont planifiés sur un an ou plus. Et souvent, les moyens de subsistance de ces fournisseurs sont en jeu.

«Nous trouvons des moyens créatifs d’acheter juste assez de bois pour maintenir nos fournisseurs essentiels en activité tout en maintenant un niveau de stock sain de bois pour Taylor», explique Redden. «Et si nous pouvons également aider nos fournisseurs en les connectant à d’autres opportunités de marché comme les meubles, le bois de bricolage ou les industries de la construction pour compenser le fait que nous n’achetons pas autant de bois pendant cette période, nous sommes heureux de le faire. “

Aider les artistes à s’adapter

La perturbation massive de l’industrie musicale a obligé les artistes à faire preuve de créativité de nouvelles façons. Certains guitaristes qui travaillent se sont penchés sur des cours en ligne, tandis que d’autres artistes se sont tournés vers les plateformes de médias sociaux comme Instagram, Facebook et Twitch pour publier ou diffuser en direct leurs performances. Ceux qui ont bâti une base de fans fidèles ont trouvé de petits moyens de tirer parti des médias sociaux pour financer leurs performances virtuelles, dans certains cas via des concerts payants en direct et dans d’autres cas avec des pourboires virtuels.

Nous avons prêté notre soutien aux artistes de Taylor comme nous le pouvons, principalement en utilisant nos plateformes de médias sociaux pour promouvoir leurs prestations en direct et autres performances auprès des fans de Taylor. Nous avons mis en place un calendrier hebdomadaire de toutes les diffusions en direct prévues par la famille d’artistes Taylor sur notre Live From Home Digest, situé dans la section blog de notre site Web. Vous pouvez consulter chaque semaine les nouveaux flux d’artistes de Facebook, Twitter, YouTube et autres.

Le directeur des relations avec les artistes chez Taylor, Tim Godwin, explique que malgré les graves difficultés financières auxquelles sont actuellement confrontés de nombreux artistes, certains ont trouvé une ressource différente et ont découvert d’autres avantages pendant ces temps surréalistes.

«Certains ont utilisé le temps pour perfectionner leurs compétences, ou se concentrer sur l’écriture de nouveaux morceaux, ou encore explorer de nouvelles façons de partager de la musique avec leurs proches comme public chez eux», dit Godwin. «D’autres, moi y compris, ont collaboré à distance plus fréquemment avec des amis musiciens. La réalité est que de nombreux musiciens, pour le meilleur ou pour le pire, sont plus disponibles pour le moment, donc dans certains cas, ils sont enfin en mesure d’approfondir des projets créatifs qu’ils retardaient depuis longtemps. Et ils trouvent l’expérience vraiment enrichissante. “

D’autres artistes établis ont offert des spectacles virtuels à domicile pour soutenir des œuvres de bienfaisance. Pour les fans de musique qui passent eux aussi plus de temps à la maison, les performances offrent une connexion rafraîchissante intime et basique avec leurs artistes préférés.

Godwin dit que plus que jamais, cette expérience partagée a souligné le sens de la communauté dans le monde de la musique, à la fois parmi les gens de l’industrie et entre les artistes et le public.

«J’ai vu plus d’actes d’empathie et de gentillesse entre les gens», dit-il. «Dans un moment comme celui-ci, cela donne à la musique et aux musiciens un plus grand sens aux bonnes résolutions. C’est toujours du divertissement, mais c’est plus que ça. C’est une façon d’engager les gens et de les aider à se sentir connectés même lorsqu’ils sont physiquement séparés.

“Même dans mon rôle avec Taylor, j’ai constaté que les gens sont plus disponibles pour parler en ce moment”, ajoute Godwin. “Que ce soit un artiste ou quelqu’un d’autre qui travaille dans l’industrie, nous avons plus de temps pour discuter du partenariat sur des projets intéressants et de la planification à venir.”

Bob et Andy se mettent au travail

Bien que la production de guitare de Taylor ait été suspendue temporairement, en coulisses, beaucoup de choses se passaient. Bob Taylor et Andy Powers ont répondu au défi du moment en travaillant avec une vigueur renouvelée sur plusieurs projets, leurs instincts de conception se sont intensifiés et synchronisés alors qu’ils se nourrissaient de manière créative.

«Andy et moi prospérons tous les deux avec une pensée créative», dit Bob. «Nous sommes à la fois des constructeurs et des résolveurs de problèmes. Lorsque nous nous sentons dos au mur, nous aimons innover pour sortir des problèmes, et parce qu’il y a plus d’enjeu, nous travaillons plus vite. »

Pour sa part, Andy a toujours un éventail de modèles de guitare qui murissent dans son atelier, en attendant que le bon moment soit arrivé pour leurs donner vie. La réalité actuelle, couplée à l’incertitude à venir, dit-il, a donné l’impulsion pour faire avancer plusieurs projets.

«Nous travaillons sur ces projets pour le bien de tous, nos employés, nos points de vente et nos fournisseurs, et bien sûr les guitaristes», dit-il. “Nous prenons tout en compte et utilisons toutes nos ressources pour calibrer tout ce que nous faisons durant cette période dans laquelle nous vivons.”

Bien que nous ne soyons pas encore libres de révéler nos designs à venir, Andy dit qu’ils seront imprégnés d’un sens renouvelé de l’objectif. Lors des réunions de développement de produits tenues par téléconférence en avril, Andy et Bob étaient plus énergiques que jamais alors qu’ils discutaient de la prochaine gamme de produits que nous prévoyons de lancer.

«Alors que certains pourraient dire que nous fabriquons simplement des guitares, je crois que nous faisons bien plus que cela», dit Andy. «Nous pouvons aider à créer une lueur d’espoir, de soulagement et un moyen de partager nos expériences sous la forme d’une autre chanson.»

Nouveaux protocoles de sécurité

Pendant la fermeture de l’usine de Taylor, nos équipes de direction et de gestion ont supervisé la refonte complète de nos protocoles de sécurité sur les sites d’El Cajon et de Tecate, conformément aux directives officielles des autorités sanitaires nationales et locales. Cela comprenait la mise en place d’une distanciation sociale stricte au sein des usines, l’augmentation des programmes de nettoyage et l’obligation d’utiliser l’équipement de protection individuelle pour quiconque à l’usine. Des thermomètres frontaux infrarouges sans contact seront également utilisés pour mesurer la température des employés avant leur entrée dans le bâtiment pour le travail.

D’autres modifications comprennent un espacement sécuritaire entre les postes de travail, y compris des protections en plexiglas le cas échéant (fabriqués en interne), ainsi que des mesures de distanciation sociale dans les cuisines et les aires de repos. Dans notre usine de Tecate, nous avons mis à profit nos capacités de travailler le textile avec la fabrication de nos propres housses, et avons commencé à produire des masques de protection.

«Nous les utilisons sur place dans nos sites de Tecate et d’El Cajon», explique Chris Wellons, vice-président de la fabrication chez Taylor. “Nous avons également fait don de plusieurs milliers de masques.”

En Mai nous avons été autorisés à rétablir certaines opérations à l’usine sur une base limitée avec un petit groupe d’employés (basé sur le volontariat), avec un retour de la production à temps plein à partir du 18 Mai.

L’un des objectifs importants de l’adaptation de notre environnement de travail aux nouvelles réalités est de préserver la culture d’entreprise, a déclaré le vice-président du développement des produits, Ed Granero, membre de l’équipe de direction de Taylor avec Wellons.

«Nous avons encouragé une culture collaborative, active et ouverte ici», explique Granero. «Notre force est de travailler en équipe. Alors que nous entrons dans cette prochaine version de notre vie professionnelle, nous trouverons de nouvelles façons de travailler en équipe et d’atteindre toujours nos objectifs. Alors que nos employés de production retournent au travail, nos mesures de sécurité sont une étape importante vers l’instauration de la confiance alors que nous recommençons à travailler ensemble. »

Granero note que, bien que les guitares ne soient pas considérées comme «essentielles», les gens de Taylor le sont absolument.

«Les gens ici sont aussi travailleurs, innovants et dévoués comme quiconque ailleurs», dit-il.

Granero et Wellons voulaient également remercier tous ceux chez Taylor qui ont aidé à garder notre «veilleuse allumée» à l’usine, pendant l’arrêt de la production.

Wellons a été admiratif dans son éloge pour la façon dont les employés de plusieurs départements, des ressources humaines aux installations, se sont réunis pour mettre en œuvre les nouveaux protocoles.

«Je souhaite simplement remercier chaleureusement tous nos salariés impliqués dans la planification, la coordination et, surtout, l’exécution de ces plans sur les sites», a-t-il expliqué dans une note interne. “Nous apprécions profondément le courage et le dévouement dont chacun a fait preuve au cours de cette période troublante et sans précédent.”

“La musique n’est pas qu’une bonne chose à avoir, c’est une nécessité.”

Kurt Listug

La voie à suivre

Alors que cette nouvelle norme commence à prendre forme, Kurt s’inspire de ses expériences passées et de celles de Bob pour regarder vers l’avenir.

«Nous cherchons à naviguer dans ces récentes eaux agitées», dit-il. «Nous avons ici un leadership et une créativité incroyables, et nous avons des employés impressionnants. Je suis totalement convaincu que notre entreprise sortira de cette épreuve encore plus forte.

«L’une des nombreuses choses que j’aime dans notre culture d’entreprise est la façon dont nous nous soutenons tous dans notre travail commun vers un objectif commun, en particulier dans les moments difficiles», dit-il. «Certains de mes moments les plus fiers ici ont été la façon dont nous avons tous participé pour répondre à l’adversité en tant que groupe. Bien que ces circonstances actuelles puissent sembler uniques, il en va de même. Bob et Andy ont dit à nos employés qu’il n’y avait pas de groupe de personnes plus qualifiées qu’eux pour affronter ensemble ce dernier défi. Je ferais écho à ce sentiment et l’élargirais pour inclure la communauté musicale dans sa globalité, les détaillants et les fournisseurs dont nous avons le privilège de faire partie. »

Q&A avec Kurt Listug, Co-fondateur Taylor et PDG 

Q: Vous et Bob avez tous deux forgé l’identité de Taylor Guitars face à l’adversité quotidienne. Vous étiez dos au mur à plusieurs reprises, surtout au début de la création de l’entreprise. Comment ces expériences vous ont-elles préparé à réagir dans de telles situations, que ce soit vous, Bob, Andy Powers et d’autres dirigeants de l’entreprise?

A: Ces expériences nous ont donné une grande confiance dans notre capacité à tout traverser. Même quand on ne voit aucune lumière au bout du tunnel. Nous nous sommes prouvés que nous sommes ingénieux. Même si c’est stressant, nous savons que nous ferons beaucoup de progrès et de percées que nous n’aurions pas réalisés autrement ou que nous aurions réalisés beaucoup plus lentement.

Q: Qu’apprenez-vous de cette expérience particulière en tant que leader? Comment pensez-vous que la société Taylor Guitars sortira de cette crise, plus forte en tant qu’organisation?

A: J’ai été ravi de voir des personnes se mobiliser dans toute l’entreprise, optimiser au maximum de leurs capacités pour faire avancer l’entreprise. Les gens sont à 100% engagés et déterminés à réussir. Je pense que l’organisation se resserre plus étroitement. Notre travail d’équipe est meilleur qu’il n’a jamais été, et nous préparons directement le terrain pour certaines de nos années les plus enrichissantes et les plus réussies.

Q: Malgré le choc sur le système que le scénario actuel a créé, il est fascinant de voir à quel point les gens ont été adaptatifs. Qu’il s’agisse d’artistes qui adoptent de nouvelles façons d’engager les gens via les plateformes de médias sociaux ou de détaillants qui font preuve de créativité dans la façon dont ils gèrent leurs affaires, de nouvelles idées naissent et certaines prennent racine. Que pensez-vous de ce que vous avez vu et vécu? Et que dit-elle du pouvoir de la musique dans un moment comme celui-ci?

A: Vous ne pouvez pas vous asseoir sur vos acquis. Il n’y a aucune garantie de survie. C’est une situation incroyablement perturbatrice qui nous a été infligée, et nous devons tous faire, tout ce qui est en notre pouvoir pour redresser le navire et passer à des jours meilleurs pour l’avenir. Il est gratifiant et rassurant de constater à nouveau la puissance et l’importance de la musique. La musique n’est pas qu’une bonne chose à avoir, c’est une nécessité.

Q: De votre point de vue, en tant qu’entreprise qui a toujours privilégié les relations développées avec nos employés, clients, détaillants, fournisseurs et autres partenaires, pourquoi les soutenir est-il particulièrement important à un moment comme celui-ci?

A: L’entreprise fait de son mieux, et nous faisons tous de notre mieux, lorsque nous prenons des décisions qui profitent au plus grand nombre et désavantagent le moins possible. Cela témoigne de nos valeurs de prendre soin des autres et de peser nos actions afin qu’elles aient l’impact positif le plus large. C’est toujours important, mais dans les moments difficiles encore plus, vous voulez vous assurer que vous amenez les autres avec vous autant que vous le pouvez.

Q: C’était cool de voir Bob et Andy travailler plus étroitement ces derniers temps pour trouver des moyens de concevoir et de se sortir de la situation actuelle, et de réagir aux nouvelles réalités auxquelles les consommateurs et les détaillants seront confrontés. Malgré les obstacles à surmonter, les deux semblent dynamisés de manière créative. Vous trouvez-vous également stimulé de manière créative lorsque vous pensez aux stratégies de Taylor pour aller de l’avant?

A: Absolument. Cette situation a vraiment comprimé le temps, en ce sens que nous nous battons pour faire le plus de progrès possible contre une durée indéterminée de cet événement perturbateur, et l’inconnu sur la façon dont le monde va changer. Vraiment creuser et dépasser le rythme normal des opérations est très revigorant.

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